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L'Usine Agro

Vers une production record de betteraves et de sucre en France

Franck Stassi ,

Publié le

La fin des quotas sucriers ouvre un boulevard pour la France, premier producteur européen de sucre. La durée de la campagne se rallonge pour absorber le bond de la production.

Vers une production record de betteraves et de sucre en France © photo pascal Guittet

Une production record de 44,2 millions de tonnes de betteraves à 16,2° de sucre (contre 34,5 Mt l’an dernier et une moyenne quinquennale de 36,7 Mt), une hausse des surfaces de 17,3 % (à 475 000 ha), un rendement estimé à 93,5 tonnes par hectare (contre 85,8 t/ha l’an dernier, et 89 t/ha en moyenne sur cinq ans) et, in fine, une production record de sucre de 6,1 Mt (en hausse de 35,6% sur un an) : les acteurs de la filière betterave-sucre française ont, comme ils l’avaient promis, lâché la bride pour leur première campagne libéralisée. Depuis le 1er octobre, l’abolition des quotas sucriers européens, décidée pour 2017 afin de trancher entre les désirs de la Commission (2015) et ceux du Parlement et des organisations professionnelles (2020), est devenue une réalité.

Pour s’adapter à cette nouvelle donne, la campagne betteravière a été rallongée : sa durée devrait être de 133 jours, contre 100 jours l’an dernier. "Un jour supplémentaire de fonctionnement des usines génère un euro d’économie par tonne de sucre sur les coûts de production industriels. Il faut partager ces gains de productivité avec les planteurs", estime le nouveau directeur général de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) Pierre Rayé. Il remplace depuis le 24 novembre Pierre-Emmanuel Bois, qui aura passé moins d’un an rue de Naples : "l’an dernier, nous avions lancé une procédure de recrutement pour succéder à Alain Jeanroy, qui partait à la retraite. On peut parfois se tromper, et nous avons préféré cesser notre collaboration", explique le président de la CGB, Eric Laîné.

Cette hausse de production donnera lieu à une évolution de la ventilation des disponibilités. Les 6,1 Mt de sucre seront commercialisées à hauteur de 1,7 Mt en France à des fins alimentaires, 2,4 Mt en Europe, 1,1 Mt ailleurs dans le monde, et serviront à raison de 900 000 tonnes pour des usages non-alimentaires, dont l’éthanol. "Il existe un risque majeur avec la perte directe du marché britannique en cas de Brexit dur, car on envoie chaque année 300 000 tonnes en Grande-Bretagne, soit l’équivalent d’une sucrerie française. Il s’agit de l’Etat qui importe le plus de sucre en provenance des pays européens", commente le responsable des affaires internationales de la CGB, Thimothé Masson. La France est le premier exportateur mondial de sucre.

Bataille contre l’interdiction des néonicotinoïdes

Face à des concurrents tels que le Brésil (premier producteur mondial de sucre) ou, en Europe, l’Allemagne (5 Mt) et la Pologne (2 Mt), la France devra batailler pour maintenir ses positions. "C’est l’an 1 d’un système sans quotas, qui constituait, pour nous planteurs, une certaine sécurité des revenus avec des prix garantis. Cela offre une opportunité nouvelle, celle de pouvoir exporter, avec parallèlement une volatilité des prix importante. La libéralisation de la production et des exportations et le passage d’une logique nationale à une logique par entreprise sont autant de défis à relever, observe Eric Laîné. La performance, cela ne se décrète pas, c’est un chantier au quotidien."

De fait, l’enjeu actuel, pour le lobby betteravier, consiste à obtenir une dérogation concernant l’interdiction des néonicotinoïdes. "Un champ touché par la jaunisse virale peut être détruit de 10% à 50%. C’est la meilleure solution d’un point de vue économique et environnemental : pas de pulvérisation et pas d’impact sur les pollinisateurs car la betterave ne produit ni fleur, ni pollen", se défend Pierre Rayé, qui annonce le lancement d’un programme triennal de recherche de solutions alternatives avec l’Institut technique de la betterave. Il est également question de la recherche avec les avancées du programme Aker qui, de 2012 à 2020, fédère une dizaine de partenaires pour doubler le rythme de croissance annuelle du rendement de la betterave en sucre par hectare et obtenir des variétés plus résistantes aux aléas climatiques et aux bio-agresseurs.

La compétitivité passe également par le développement du carburant à 10% d’éthanol SP95-E10 : il atteindrait 38,4% de parts de marché en 2017, contre 36,5% pour le SP95, malgré son absence dans 40% des stations-service.

"La PAC doit rester commune"

Malgré la fin des quotas, les prochains dossiers sur la table des betteraviers seront traités… à Bruxelles. Le règlement Omnibus, qui vise à simplifier la Politique agricole commune (PAC), devrait permettre de créer des fonds mutuels sectoriels, afin de mieux gérer les risques. Interrogé sur une éventuelle cogestion de la PAC par les Etats membres, Pierre Rayé s’en alarme. "Les propositions formulées sur le nouveau mode de livraison de la PAC conduiraient à une renationalisation, et même à une complexification de la PAC. Il y a réellement une pertinence à ce que la PAC soit commune. Il faut avoir des systèmes simples et lisibles de gestion des risques et des aides", plaide-t-il.

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