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L'Usine Matières premières

Vers une baisse de la production

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Alertés par la chute des cours, les producteurs ralentissent leur production et limitent leurs investissements.

Vers une baisse de la production

Le petit rebond des cours des métaux de base qui avait salué l'ouverture de la semaine du London Metal Exchange a fait long-feu et les prix sont retombés au niveau du 10 octobre. Toutefois, note Kevin Norrish de Barclays Capital, cette chute vertigineuse des prix des métaux devrait amener une rapide réponse des producteurs qui ne peuvent ignorer ce nouvel environnement. Devenus plus flexibles, les marchés réagissent désormais beaucoup plus vite que lors des crises précédentes. Si lors du bas de cycle de la sidérurgie en 2001-2002, les prix des billettes en Asie ne s'étaient dépréciées que de 5% en 12 mois, cette fois-ci les cours des billettes sur le LME ont chuté de 65% indique Norrish.

Coincés entre cette chute des prix et la constante augmentation des coûts de production, les producteurs ont vu leurs marges s'évanouir rapidement. Selon les calculs de l'analyste, les coûts de production d'une tonne de cuivre qui tournaient autour de 1 400 dollars en 2001 ont grimpé vers les 3 000/3 200 dollars. Malgré le recul ponctuel des cours du pétrole, les prix élevés de l'énergie vont continuer d'impacter les coûts de production.

La relocalisation des sites miniers et métallurgiques devrait permettre une plus grande réactivité à la chute de la demande. Lors des périodes de basse demande, les baisses de production étaient freinées par les lois sociales ou par des contrats « prendre ou payer », notamment pour l'énergie qui renchérissaient les fermetures totales ou partielles. Pas de souci de ce genre pour les producteurs chinois, beaucoup plus réactifs aux signes envoyés par les marchés. La filière chinoise de l'aluminium vient d'annoncer l'arrêt de 4 millions de tonnes (Mt) de capacités de production d'alumine. Chalco, qui avait déjà stoppé 300 000 des 1,5 Mt de capacité de sa raffinerie d'alumine de Shandong, a finalement réduit sa production à  200 000 tonnes pour répondre à une baisse de 40% du prix de la poudre blanche.

Rio Tinto, la 3e société minière, appuie également sur le frein en termes d'investissements. Son directeur général Tom Albanese vient d'annoncer que tous ses programmes de développement allaient être réétudiés à la lumière des troubles qui secouent les marchés et d'un probable ralentissement de la croissance de l'économie chinoise. S'il continue de tabler sur le développement interne du pays toujours tiré par son urbanisation et son industrialisation, il constate néanmoins que « ses industries exportatrices ne sont pas isolées d'une récession de l'OCDE ». Si Rio Tinto a enregistré au 3e trimestre des productions record de minerai de fer, de bauxite et de charbon à coke, il constate cependant que la demande chinoise de cuivre d'aluminium et d'intrants de l'acier est en baisse. Le mineur envisage déjà de diminuer une production d'aluminium, encore stable au 3e trimestre.

La joint venture de Rio Tinto Alcan avec le saoudien Ma'aden, qui devait entrer en fonction d'ici 2012 ou 2013 sera également reportée, vient d'annoncer le président du saoudien, Abdullah Dabbagh. La raffinerie, qui recevra 10,5 milliards de dollars d'investissements, devrait avoir une capacité totale de 2,1 Mt d'aluminium. Outre la chute des cours, c'est bien la crise du crédit qui frappe des projets métallurgiques et miniers toujours plus voraces en capitaux. Les capitaux vont être rares et chers dans la période qui s'ouvre et les petites firmes minières, les « juniors », ont particulièrement souffert. La disparition des juniors sur lesquels repose la partie la plus importante des investissements de recherche et d'exploration va limiter le nombre de gisements ouverts à l'exploration lorsque le besoin s'en fera sentir.

Dans le cuivre le numéro un, le chilien Codelco, qui devrait enregistrer une nouvelle baisse de sa production en 2008 estime déjà que cette tendance devrait se poursuivre l'an prochain. Face à la baisse des cours du métal rouge, le numéro deux du secteur, l'américain Freeport-McMoran se prépare également à reporter ses différents projets d'augmentation de ses capacités de production afin de limiter ses investissements. 

Cet arrêt brutal des investissements et ces importants ralentissements de la production vont non seulement limiter la chute des cours, rappelle Norrish, mais également provoquer une nouvelle hausse brutale des prix des métaux lorsque la conjoncture se sera retournée.

Daniel Krajka

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