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L'Usine Aéro

Vers une baisse de la production pour Airbus et Boeing ?

Olivier James , , ,

Publié le

Des experts prévoient une stagnation voire une légère baisse de la production d'avions pour l’après 2020. Ce que démentent formellement les dirigeants d’Airbus.

Vers une baisse de la production pour Airbus et Boeing ?
Fabrication des ailes de l'A350 XWB à Broughton au Royaume-Uni
© DR

Jamais l’horizon n’a semblé aussi dégagé. A l’occasion d’une rencontre organisée avec la presse à Toulouse vendredi 9 juin en vue du salon du Bourget, Airbus a revu une fois de plus à la hausse le besoin de nouveaux avions pour les 20 prochaines années. Selon l’avionneur, 34 170 appareils passagers et 730 avions cargo – soit un marché de 5 300 milliards de dollars – seront nécessaires pour répondre aux besoins de classes moyennes toujours plus nombreuses dans le monde, en particulier dans la région Asie-Pacifique.

Paradoxe : plusieurs experts prévoient pourtant une stagnation voire une baisse de la production d’avion pour l’après 2020. "Nous prévoyons une stabilisation de la production d’avions commerciaux à partir de 2020-2021, puis une baisse de 3% en 2022, détaille Yan Derocles, analyste spécialisé dans l’aéronautique chez Oddo Securities. La hausse des monocouloirs n’absorbe pas la baisse des autres programmes". Idem pour le cabinet Boston Consulting Group. "Nous anticipons un plafonnement, voire une légère diminution, de la production d’avion après 2020", confirme Philippe Plouvier, directeur associé au sein du cabinet.

Une décrue jusqu'en 2025

Si Airbus et Boeing augmentent les cadences de leurs monocouloirs, les familles A320 (60 par mois en 2019) et 737 (57 par mois en 2019) poussées par leurs versions remotorisées, ils tirent à la baisse la production de plusieurs de leurs programmes. La cadence de l’A380 est par exemple en train de descendre à 1 appareil par mois pour 2018, contre 2,5 encore en 2016. Quant à l’A330, la cadence passe de 9 à 6 avions produits par mois. Si Airbus a révisé à la hausse les volumes de livraisons des monocouloirs – 24 810 appareils – il a en revanche abaissé ses prévisions de long-courriers à 10 100 appareils.

Le cabinet de conseil Oliver Wyman précise même le niveau de production pour les prochaines années. Il prévoit une production de 1918 appareils en 2017, un pic de 2228 avions en 2022 puis une légère décrue avec une production de 2145 appareils en 2025. "Nous avons établi des projections qui prennent en compte la dynamique de chaque programme mais aussi l’état de saturation de certaines routes, précise Jérôme Bouchard, expert aéronautique chez Oliver Wyman. Et son collègue Philip Moine de surenchérir : "les avionneurs ne voient pas venir cette inflexion".

Baisse des commandes

A la question d’une baisse de la production, les dirigeants d’Airbus semblent en effet surpris. "Je ne vois pas venir cette baisse de la production, affirme Fabrice Brégier, directeur général délégué du groupe Airbus, en marge de l’événement organisé par Airbus. Certains facteurs peuvent en effet réduire temporairement la production. Mais même durant la crise, entre 2008 et 2010, nous avons continué à augmenter la production".

Même niveau de confiance pour directeur des programmes, Didier Evrard. "Je ne vois pas pourquoi la production baisserait, à la fois au vu de notre carnet de commandes et des tendances du marché partout dans le monde". Les carnets de commandes des avionneurs ont effet été multiplié par 2,5 entre 2007 et 2016 pour les avionneurs, passant pour Airbus de 2533 à 6874 appareils, et de 2455 à 5715 appareils pour Boeing.

Le moral des industriels à la baisse

Cécité des avionneurs qui pêchent par trop d’optimisme ? Manque d’informations de la part des cabinets d’experts ? Difficile de trancher. Reste que le niveau de commandes est bien en train de décliner depuis l’année dernière, comme en témoigne la diminution du ratio commandes/livraisons (le "book to bill"). Après avoir été supérieur à un pendant plusieurs années, Fabrice Brégier a de nouveau prévenu qu’il serait inférieur à un cette année. Airbus a engrangé 731 commandes nettes en 2016, contre 1080 en 2015. Boeing a accumulé 668 commandes nettes en 2016, contre 768 l’année précédente.

Dernier élément, qualitatif, qui conforte une baisse la production, le sondage annuel réalisé par le cabinet Roland Berger auprès de 180 entreprises internationales du secteur aéronautique. "En 2015 et 2016, 75% des entreprises estimaient qu’elles se trouvaient dans un cycle haussier voire un super cycle, explique Massi Begous, associé chez Roland Berger. Cette année, c’est dramatique, ils ne sont plus que 40%. Et 60% pensent que le secteur est proche du pic voire que le retournement a commencé". Et de mettre en avant certains indicateurs avancés, tels que l’essoufflement des commandes des longs courriers et la difficulté de plus en des compagnies de remplir leurs classes affaires et première.
 

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