Vers un déficit sur le marché du sucre en 2015-2016

Attendue depuis plusieurs mois, l'hypothèse d’un déficit d’offre sur le marché du sucre lors de la campagne 2015-16 semble se confirmer. Il serait compris entre 2,5 et 4,8 millions de tonnes.

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Crédits : Pascal Guittet

"2015-16 pourrait être l’année où la longue tendance à la baisse des prix du sucre enregistrée depuis 2011 se renverse", lance la banque néerlandaise Rabobank. En termes d’approvisionnement, "le déficit mondial, prévu depuis plusieurs mois pour la campagne 2015-16, devient plus tangible", complète la banque allemande Commerzbank. Signe des tensions sur le marché, le prix de la livre a bondi de 37,5% entre le 14 août et le 14 octobre sur l’InterContinental Exchange, à 14,09 centimes de dollars US.

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Plusieurs établissements s’accordent sur l’éventualité d’approvisionnements inférieurs à la demande lors de la campagne qui s’ouvre cet automne. Le scénario ne s’était jamais produit au cours des six dernières années. Rabobank table sur un déficit de 4,8 millions de tonnes (Mt), qui succèderait à un excédent de 3,7 Mt lors de la campagne 2014-15. L’Organisation internationale du sucre (ISO) est pour sa part plus optimiste, en prévoyant un déficit de 2,5 millions de tonne. Commerzbank indique pour sa part que certains analystes envisagent l’hypothèse d’un déficit de 4 Mt. Pour la campagne 2016-17, l’ISO anticipe une aggravation de celui-ci, à 6,2 Mt.

La pluie, clef des inquiétudes en Inde et au Brésil

Ces différentes hypothèses, qui devront être affinées selon l’impact du phénomène climatique El Niño, ont été élaborées sur la base d’une réduction de la superficie des surfaces cultivées et de conditions climatiques défavorables au Brésil et en Inde, respectivement premiers et deuxièmes producteurs mondiaux de sucre.

Au Brésil, l’augmentation de la taxe fédérale sur l’essence favorise la consommation d’éthanol, au détriment de l’usage du sucre à titre alimentaire. "Comme les usines brésiliennes peuvent produire soit du sucre ou soit de l'éthanol à partir de la canne à sucre, elles font varier leur production en fonction du niveau de leurs prix respectifs. Si les prix du sucre sont élevés et ceux de l'éthanol sont faibles, le bénéfice par tonne de canne est plus élevé pour le sucre que pour l'éthanol", expliquait en avril 2013 à L’Usine Nouvelle Andy Duff, analyste chez Rabobank. De plus, le volume de canne à sucre transformé par les usines du Centre-sud du Brésil, la principale région productrice du pays, a perdu 10,7% lors des deux premières semaines du mois d’octobre, par rapport à la même période de l’année précédente, en raison, de pluies trop abondantes.

L’Association indienne des raffineries de sucre prévoit une baisse de 5% de la production du pays entre les campagnes 2014-15 et 2015-16, en raison d’un manque de précipitations lors des dernières moussons. Fin août, le niveau de pluie était inférieur de 6% à 20% par rapport à la normale saisonnière selon les Etats. L’Inde tente par ailleurs de réduire le niveau de ses stocks en imposant des quotas minimum d’exportation au cours de la campagne 2015-16.

L'Europe se prépare à la fin des quotas

L’Union européenne, qui représente la moitié de la production mondiale de sucre de betterave, se prépare quant à elle à la fin des quotas sucriers en 2017. 19,4 Mt de sucre ont été produites lors de la campagne 2014-15, un niveau record, au-delà des quantitées autorisées. Selon la Commission européenne, la production chuterait de 20% lors de la campagne 2015-16, à 15,6 Mt. La superficie ensemencée de betteraves perdrait environ 14%, notamment "en raison d’arrangements sur les volumes de betteraves entre les producteurs et les transformateurs", explique Rabobank.

Dans ce contexte tendu, Commerzbank envisage un prix du sucre brut de 13,5 centimes de dollars US la livre pour le quatrième trimestre 2015, et une nouvelle remontée des prix en 2016.

Franck Stassi

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