Vers un blocage des ports français ?

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Roland Blum, député-maire des XI et XIIèmes arrondissements de Marseille a clairement annoncé la couleur ce matin. « La réforme du statut des ports autonome français ne pouvant déboucher par la négociation, elle interviendra par voie légale. Il faut vider l'abcès. Autant provoquer un clash tout de suite car le temps travaille contre les ports français. Le ministre des transports m'a donné les éléments qui me permettent de penser que tout va aller très vite, avec probablement une loi cadre qui passera en conseil des ministres en novembre prochain. »

Le gouvernement a aujourd'hui toutes les cartes mains, sous formes de rapports ou de propositions dont celles formulées par Roland Blum. « Il existe un réel consensus. J'ai rencontré Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux transports, les armateurs, les compagnies pétrolières, des élus socialistes, les syndicats patronaux et de salariés. Nous sommes tous d'accord. Seule la CGT n'a pas répondu à mes demandes de rendez-vous ».

Selon Roland Blum, la loi cadre va modifier la gouvernance des ports autonomes français. Ils conserveront leur statut d'établissement public et leurs directeurs seront toujours désignés par le gouvernement. Mais les conseils d'administrations pourront refuser cette nomination. « Le directeur ne prendra plus exclusivement des ordres de l'Etat », explique Roland Blum. La réforme devrait également réduire le nombre d'administrateurs des ports autonome en écartant les représentants des clients.

La partie exploitation devrait basculer au privé

Mais c'est sur son second volet que la loi cadre va très certainement entraîner un conflit majeur dans des ports comme Marseille ou le Havre. Elle organisera en effet la privatisation des quais. Si l'Etat conservera les fonctions régaliennes (sécurité, capitainerie, gestion des infrastructures), toute la partie exploitation basculera au privé. Pour l'instant, les portiques sont entretenus et manipulés par le personnel des ports autonomes. Cela concerne rien qu'à Marseille 50% des effectifs du PAM, soit 800 salariés. Ce personnel changera de statut pour travailler sous l'autorité des entreprises de manutention. Il n'y aura plus demain qu'un patron sur chaque quai, dirigeant à la fois dockers et grutiers.

La CGT s'oppose bien sûr à cette privatisation. Au printemps dernier, la seule perspective de confier à GDF la gestion des quais du futur terminal gazier GDF2 avait débouché sur une grève de deux semaines et mis le gouvernement à genoux. En contrôlant le déchargement du pétrole et demain du gaz, la CGT dispose d'un formidable moyen de pression. Une arme qu'aujourd'hui le gouvernement veut lui enlever, quitte a provoquer un conflit très dur. Chacun s'y prépare d'ailleurs. Les pétroliers ont déjà gonflé leurs stocks en prévision d'un blocus dont nous connaissons aujourd'hui la date : le mois de novembre.

Gérard Tur

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