Vers plus de sous-traitance de la R&D industrielle

Une récente étude de The Economist montre que près d'un quart des industriels utilise la sous-traitance comme facteur d'innovation. Un remède à la pénurie actuelle de compétences dans les domaines de la conception et de l'ingénierie.


Selon une étude réalisée en mars dernier à la demande de Siemens PLM Software par l'Economist Intelligence Unit, entité en charge des informations portant sur les entreprises de The Economist Group qui publie le magazine The Economist, la sous-traitance de l'innovation va aller grandissant dans le secteur industriel.

Alors que la plupart des industriels n'hésitent pas à sous-traiter des aspects non essentiels de leur activité, la majorité d'entre eux ont toujours été réticents à l'idée d'externaliser leur recherche et développement (R&D). Toutefois, si l'on en croit l'étude Outsourcing innovation : Manufacturer's perspective (Externalisation de l'innovation : le point de vue des industriels), publié récemment par l'Economist Intelligence Unit, la situation est sur le point d'évoluer. Dans une enquête en ligne réalisée spécialement pour cette étude auprès de 306 cadres supérieurs du secteur industriel, 57 % des personnes interrogées ont répondu prévoir une augmentation de l'innovation grâce à des partenaires extérieurs.

Sous-traiter pour innover plus

Les entreprises du secteur industriel ont été les premières à recourir à la sous-traitance, notamment dans le secteur de l'automobile, afin de réduire les coûts et de se concentrer sur leurs compétences principales. Cette étude démontre que, plusieurs décennies plus tard, ces objectifs constituent toujours les deux premières raisons du recours à la sous-traitance. En revanche, elle montre que 22 % des industriels utilisent leurs sous-traitants comme facteur d'innovation, et ce aussi bien pour la conception des produits que pour l'amélioration des processus.

Cette évolution connaît cependant un démarrage timide. Pas moins de 41 % des entreprises admettent que, au cours des trois dernières années, leurs partenaires externes n'ont été que peu ou pas du tout à l'origine de leurs innovations. En outre, 37 % déclarent qu'environ un quart de leurs innovations provient de leurs partenaires externes.

Les cadres interrogés pensent qu'il est intéressant de rechercher l'innovation en dehors du laboratoire de R&D de l'entreprise, notamment en raison de la pénurie actuelle de compétences dans les domaines de la conception et de l'ingénierie. Cependant, d'après cet échantillon, l'obstacle le plus important qui empêche les entreprises de sous-traiter l'innovation, est la confiance. En effet, les entreprises craignent de perdre leur propriété intellectuelle au profit de partenaires et concurrents.

Si l'informatique peut dans une certaine mesure permettre d'éviter cela (grâce à une utilisation judicieuse de pare-feux, du contrôle de l'accès au réseau, du chiffrement, etc.), la majorité des personnes interrogées - 57 % - pensent que leur entreprise doit augmenter les investissements technologiques, afin de faciliter la recherche de l'innovation auprès de partenaires externes.

« Le secteur industriel a ouvert la voie dans le domaine de la sous-traitance », explique Robin Bew, directeur éditorial de l'Economist Intelligence Unit. « Notre étude démontre qu'il est fort possible que le secteur industriel soit de nouveau aux avant-postes lors de la prochaine étape de la révolution que constitue la sous-traitance, à savoir l'externalisation de l'innovation ».

Les autres conclusions clés de l'étude sont les suivantes :

  • - Mesurer l'innovation. Le terme ?innovation? s'applique généralement aux nouveaux produits et services. La plupart des entreprises (64 %) mesurent leur niveau d'innovation au nombre de nouveaux produits et de nouvelles activités qu'elles lancent. La deuxième méthode la plus utilisée (54 %) consiste à calculer le pourcentage de la croissance du chiffre d'affaires qui peut être attribué à ces nouveaux produits et activités. Compter le nombre de demandes de brevets déposées suit loin derrière (32 %), et certains industriels (8 %) ne mesurent toujours pas leur niveau d'innovation.
  • - Trouver des innovateurs. Les pénuries de compétences rendront plus pressant le besoin de rechercher l'innovation à l'extérieur de l'entreprise. Pas moins de 58 % des personnes interrogées ont répondu qu'au cours des trois dernières années, il était devenu un peu ou beaucoup plus difficile de recruter des collaborateurs talentueux capables de proposer des idées nouvelles.
  • - Une plus grande ouverture. La plupart des membres de l'échantillon pensent qu'établir de meilleurs canaux de communication réelle ou virtuelle, avec leurs partenaires, leur permettrait de capitaliser plus facilement sur leur capacité à innover. La majeure partie des entreprises pensent qu'avoir une culture qui prône le partage des connaissances est essentielle pour pouvoir capitaliser sur l'innovation provenant des partenaires externes.

Jean-François Prevéraud

Pour en savoir plus, l'intégralité de l'étude est disponible en ligne à l'adresse : http://viewswire.eiu.com.

Les modalités de l'enquête

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