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Vergnet, un fleuron de l'éolien français aux abois

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Mal servi par le résultat de l’appel d’offres éolien dans les départements d’outre-mer français, le fabricant d’éoliennes est affaibli.

Vergnet, un fleuron de l'éolien français aux abois © D.R

C’est un coup dur pour le fabricant d’éoliennes à terre Vergnet. Le résultat de l’appel d’offres pour la construction de 45 MW dans les départements d’outre-mer ne lui attribue que 19,5 MW sur trois projets en Guadeloupe et en Martinique. Le français espérait en récupérer la quasi-totalité. Ceci lui aurait assuré 100 millions de chiffre d’affaires sur deux ans, soit presque un tiers de son chiffre d’affaires. Par ailleurs, le groupe aurait ainsi largement rentabilisé les 20 à 30 millions d’euros de R&D consacrés à développer une éolienne d’un mégawatt, adaptée à cette compétition.

Cette mauvaise nouvelle vient après cinq années de difficultés financières pour le groupe, période pendant laquelle la capitalisation boursière de la société a été divisée par 7. "Auparavant, Vergnet vivait à 95 % de son marché national, mais le gouvernement a oublié les DOM, et la société a alors perdu 80 % de son marché", déplore Marc Vergnet, président et fondateur de la compagnie. Aujourd’hui, le groupe réalise 87 % de son chiffre d’affaires à l’étranger. Vergnet est engagé dans de très gros projets en Afrique, peut-être trop importants pour la PME orléanaise. Déjà présent au Nigéria et en Mauritanie, Vergnet a remporté, en 2008, un contrat de 200 millions d’euros pour ériger 120 éoliennes en Ethiopie. La société avait besoin de la garantie du ministère du Budget pour réaliser ce contrat, mais les administrateurs de Bercy étaient réticents.

Résultats décevants

En mai 2008, Nicolas Sarkozy, accompagné de sa ministre de l’Economie Christine Lagarde, visite l’usine de l’industriel. Marc Vergnet plaide alors sa cause auprès du président de la République, qui débloque le dossier… La réalisation du contrat réserve des surprises désagréables avec un fort investissement initial de la société française, rendu difficile par un retard dans le chantier. Aujourd’hui, la phase 1 est terminée avec 30 mâts érigés et les deux phases suivantes sont engagées.

En l’état, les résultats annuels, attendus le 1er mars, seront largement inférieurs à l’objectif des 120 millions de chiffre d’affaires prévus originellement, au lieu de 74 millions en 2010. La PME, qui emploie 240 personnes, devra sans doute consentir de nouvelles économies. Pour autant, "le groupe a un positionnement intelligent sur une technologie non-concurrentielle. Peut-être faut-il revoir le positionnement sur l’échelle de valeur", estime Stéphane Meunier, directeur et analyste chez SIA conseil.

L’éolienne à 2 pâles de Vergnet, dont le mât peut-être rabattu en cas de cyclone, permet de concourir sur des marchés de niches, loin des gros industriels (Vestas, Nordex…) qui souffrent de surcapacités. En tout cas, le Fond stratégique d’investissements (FSI) y croit puisqu’en 2011, il est entré au capital du seul fabricant français d’éoliennes à hauteur de 18 millions d’euros.

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