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Quotidien des Usines

Verescence modernise son usine historique de la vallée de la Bresle

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Verescence (ex SGD), leader mondial du flaconnage pour la parfumerie et la cosmétique, inaugure mardi 14 novembre la reconstruction de l’un des trois fours de son site historique du Tréport/Mers les Bains dans la vallée de la Bresle entre Seine-Maritime et Somme. Un investissement de 11 millions d’euros qui s’inscrit dans un vaste plan de transformation de l’usine.

Verescence modernise son usine historique de la vallée de la Bresle © Verescence

Le groupe verrier Verescence, détenu à 100 % par le fonds d’investissement américain Oaktree, présentera mardi 14 novembre les transformations de son site historique installé à cheval sur les communes du Tréport (Seine-Maritime) et de Mers-les-Bains (Somme) qui produit 200 millions de flacons par an avec 800 salariés. L’usine installée depuis 1896 dans la Vallée de la Bresle a bénéficié d’un investissement de 30 millions d’euros dont 11 millions d’euros pour la reconstruction de l’un de ses trois fours, le four "6" qui produit notamment le parfum Sauvage de Dior ou encore le fond de teint Lancôme "teint miracle".

Ce four et ses six "feeders" (lignes de fabrication) affichent une capacité de production de 700 000 flacons par jour. "C’est le plus important du groupe et l’un des plus gros fours de flaconnage au monde", souligne la direction de Verescence qui avec ses quatre verreries dans le monde revendique une part de marché mondiale de 22 % dans le flaconnage de luxe en parfumerie-cosmétique.


Reconstruction du four "6" qui produit notamment le parfum Sauvage de Dior                                                                             ©Verescence

L’énergie : 15 % des coûts de fabrication dans le flaconnage

"Nous avons profité de la reconstruction de ce four [indispensable tous les dix ans environ du fait de l’usure des briques réfractaires au contact du verre, Ndlr] pour revoir complètement son design afin de réduire sa consommation d’énergie - 15 % des coûts de fabrication du verre - tout en maintenant sa capacité", explique à l’Usine Nouvelle Hélène Marchand, directrice générale France de Verescence. Comme les deux autres fours, le four fonctionne actuellement au gaz mais il peut aussi tourner au fuel. Il produit le verre dit "Xtra blanc", fierté de la maison, quand son principal concurrent, Pochet du Courval, dit fabriquer "le verre le plus pur" à 30 kilomètres de là, à Guimerville (1 400 salariés) dans cette même vallée de la Bresle, la plus grande concentration au monde de savoir-faire verrier.
"Notre ambition est de produire le verre le plus transparent et le plus blanc du marché, qualités qui sont mesurables", explique Hélène Marchand. Dans le métier, on repère, au premier coup d’œil les verres prétendument transparents qui tendent légèrement vers le vert bouteille, le rouge, le bleu ou le jaune et ne peuvent convenir à la haute parfumerie.


 ©Verescence

Verescence a revu la composition de son verre recyclé

Sans dévoiler la composition détaillée de son verre, Verescence ne cache pas la part (25 %) du calcin interne (issu de ses propres rebuts de production) qui entre dans ses fours, le reste provenant des matières premières : sable, soude, carbonate de chaux.
Dans son four numéro 3 dédié aux "verres spéciaux", Verescence produit, notamment pour The Body Shop, des flacons d’un autre type de verre, le verre dit "infini NEO" largement issu de verre recyclé. Il fonde sur ce verre de grosses ambitions, les industriels et les clients étant de plus en plus réceptifs aux enjeux environnementaux.

Il est aujourd’hui composé de 25 % de calcin "ménager" (bouteilles et autres produits de grande consommation), de 65 % de "calcin interne" (déchets de verre) et de 10 % de matières premières. Mais ce verre n’e                                       st pas le même que celui lancé en 2007-2008. "Nous avons fait évoluer la composition de ce verre, concède Hélène Marchand. En 2008, quand nous l’avons mis sur le marché, ce verre était composé à 100 % de calcin issu de verre recyclé post consommation." Il faut comprendre entre les lignes que l’aspect de ce verre n’était pas jugé de qualité suffisante par les clients.

Le parachèvement, une valeur ajoutée importante

Mais dans le flaconnage, l’aspect du verre n’est pas tout. Le challenge est aussi de fabriquer un flacon qui soit à la fois solide mais dont les formes ne seront pas nécessairement "verrières" c'est-à-dire rondes. Si tous les verriers ne cessent de se surpasser dans ce domaine, les verreries Brosse également installées dans la vallée de la Bresle (groupe italien Zignago vetro) avaient estomaqué la concurrence avec leur célèbre flacon en forme d’étoile Angel de Thierry Mugler.

Le décor que l’on appelle "parachèvement" représente "une valeur ajoutée importante" pour les verriers, comme le note Hélène Marchand. Pour être plus réactifs vis-à-vis des exigences de leurs clients, les verriers ont tendance depuis une dizaine d’années à réintégrer des fonctions de décor qu’ils avaient eu tendance à sous-traiter. "La segmentation plus grande des commandes oblige les acteurs à plus de flexibilité, plus d’agilité", souligne William Varrall, directeur du cluster Glass Vallée (écosystème de 70 entreprises pour 7 000 emplois) soutenu par l’Etat, les régions Normandie et Hauts de France.

Un verrier comme Verescence doit finalement être capable de faire le grand écart vis-à-vis de ses clients : faire le plus gros lancement mondial masculin avec "Sauvage" en 2015, tout en produisant des quantités plus faibles avec des décors toujours plus complexes. "Il est important pour nous de maitriser le parachèvement car il représente une valeur ajoutée importante, explique Hélène Marchand. A titre d’exemple, nous maitrisons les techniques de laquage à l’intérieur du flacon ("colour in") compatible avec le jus du parfum. Nous maitrisons aussi le "metal in", technique de laquage intérieure avec effet métallisé."


©Verescence

La détection automatique des défauts sur les flacons pour réduire le taux de rebut

Dans le cadre de son programme d’investissement, Verescence a décidé d’augmenter ses capacités de tri automatique. "Nous faisons encore beaucoup de tri manuel et nous voulons aller plus loin dans la détection automatique des défauts, avec des machines de contrôle du verre situées au plus près des lignes de fabrication", explique Hélène Marchand, rappelant que la rentabilité dans le flaconnage est freinée par un taux de rebut très important, supérieur à 30 %.

D’autres transformations sont à l’œuvre dans cette immense usine qui a changé plusieurs fois d’actionnaire depuis sa cession en 2008 par Saint-Gobain à un premier fonds d’investissement. En 2015, le groupe a décidé de scinder ses activités de parfumerie (désormais Verescence) et pharmacie (désormais SGD Pharma) estimant que les deux secteurs relevaient d’univers technologiques et réglementaires différents. "Nous avons été amenés à réaménager les espaces liés au démantèlement des deux fours dédiés à l’activité pharmacie aujourd’hui installée à Saint-Quentin-la-Motte-Croix-Bailly (Somme)", explique Hélène Marchand. Dans le même temps, pour rationaliser ses process, Verescence a décidé de relocaliser au cœur de l’usine des activités jusque-là éloignées de la production dont la moulerie et la maintenance. Les conditions de vie et de travail ont aussi fait l’objet d’investissements avec la création d’un réfectoire, la rénovation des bureaux administratifs et la refonte des locaux sociaux.

Le groupe verrier Verescence affiche 330 millions d’euros de chiffre d’affaires avec un effectif de 2 950 salariés.

Claire Garnier

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