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Veolia, Suez : fin d’hégémonie pour les géants des services à l’environnement ?

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Analyse Veolia Environnement va accélérer son plan de réduction des coûts et envisage une profonde réorganisation du groupe. Les utilities à la française, Veolia tout comme son principal concurrent Suez Environnement, doivent faire face à une nouvelle donne dans leurs métiers.

Veolia, Suez : fin d’hégémonie pour les géants des services à l’environnement ? © Veolia - Stephane Lavoue

Le 3 mai, Veolia Environnement annonçait lors de la présentation de ses résultats trimestriels, un projet de réorganisation du groupe et l’accélération de son plan d’économies. Une tentative d’Antoine Frérot de redresser l’entreprise dont il a pris les rênes en 2009 et qui est aujourd’hui prise en tenailles.

Le leader des services à l’environnement, comme son principal concurrent Suez Environnement, est confronté à de profonds changements de ses modèles traditionnels. Notamment avec la fin de la poule aux œufs d’or dans la gestion de l’eau. Les collectivités veulent reprendre la main sur les opérateurs privés. Si le rapport de force ne semble pas encore inversé, il est en tout cas en train d’évoluer rapidement. Les élus n’hésitent plus à négocier âprement les contrats dans le cadre de leurs renouvellements voire à assurer eux même la gestion des services de l’eau.  Un exemple parmi d’autres, en Gironde, la Communauté urbaine de Bordeaux a décidé d’opérer un retour en régie  publique pour l’eau et l’assainissement en 2019 après respectivement trente ans et vingt ans de contrat avec la Lyonnaise des eaux (Suez).

Sur le marché de la gestion des déchets, les deux leaders,  après un règne sans partage voient aussi leur leadership remis en cause progressivement. La raison ? La montée en puissance de poids moyens comme Pizzorno, Nicolin, Coved (filiale de Saur), Séché, Paprec ou encore Derichebourg qui n’hésitent pas à casser les prix. Tous doivent faire face à une nouvelle donne : la baisse des volumes, des contrats plus courts et surtout l’arrivée du recyclage dont les modèles économiques restent encore à construire. Sans compter, la concurrence émergente des acteurs de l’économie sociale et solidaire.

Réinventer ses métiers

Les deux géants français
Veolia Environnement
Chiffre d’affaires de 29,4 milliards d’euros en 2012
Trois métiers : eau, déchets, énergie (Dalkia)
310 000 collaborateurs (hors Veolia Transdev)
Suez Environnement
Chiffre d’affaires de 15,1 milliards d’euros en 2012
Deux métiers : eau et déchets
80 410 collaborateurs

 

Face à ces profonds bouleversements, les deux opérateurs historiques n’ont d’autre choix que de réinventer leurs métiers. Ce qui passe par la création de nouveaux modèles (codécision, prestations de conseils, …). Mais aussi par la conquête de la clientèle industrielle.

Seulement, la manœuvre est complexe. Surtout pour Veolia. L’entreprise, qui a longtemps opté pour une stratégie offensive à base de grosses acquisitions pour se développer, est contrainte au recentrage stratégique pour éponger sa dette (10,1 milliards d’euros) et renouer avec la rentabilité. Une stratégie adoptée par Suez Environnement depuis une dizaine d’années. Jean-Louis Chaussade, son directeur général, a choisi de privilégier les acquisitions ciblées (à l’exception du rachat en 2010 de l’espagnol Agbar spécialisé dans la gestion de l’eau). Sa recette pour préserver la rentabilité : ne pas être présent à tout prix sur l’ensemble des marchés mais cibler les plus prometteurs. L’entreprise, qui reste de taille plus modeste que Veolia, se targue d’avoir mis en place un modèle équilibré entre ses activités eau et déchets mais aussi entre les zones géographiques (France, Europe, international). Et le numéro deux français a déjà pris le virage qu’est en train de prendre Veolia : se doter d’une organisation la plus centralisée et simplifiée possible.

Selon les experts, les prestataires de services à l’environnement qui réussiront à être les plus agiles pourraient être les gagnants de demain. Si Saur, numéro trois français de la gestion de l’eau, parvient à trouver une solution à son endettement (2 milliards d’euros pour un chiffre d’affaire de 1,7 milliard d’euros en 2012), l’entreprise pourrait avoir une carte à jouer dans cette reconfiguration du secteur de l’eau.

Camille Chandès

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