Veolia propose à Engie de racheter ses parts dans Suez en vue d'une OPA à 10 milliards d'euros

Veolia souhaite s'emparer de Suez. Le groupe français a présenté le 30 août une proposition à 2,9 milliards d'euros pour racheter à Engie 29,9 % de Suez. Si Engie accepte, Veolia projette ensuite une offre publique d'acquisition (OPA) sur son concurrent pour donner naissance à un géant français du traitement des déchets et de l'eau.

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Veolia propose à Engie de racheter ses parts dans Suez en vue d'une OPA à 10 milliards d'euros
Antoine Frérot, PDG de Veolia, a décrit une "occasion rêvée" pour prendre le contrôle de Suez.

Veolia souhaite créer un "champion français" du traitement des déchets et de l'eau dans le monde post-coronavirus. Dimanche 30 août, le groupe s'est finalement positionné pour prendre le contrôle de son concurrent Suez. Veolia a annoncé dans un communiqué avoir proposé à Engie de lui racheter 29,9 % de Suez pour un prix qu'il estime à environ 2,9 milliards d'euros. Cette opération pourrait ensuite mener à une possible offre publique d'acquisition (OPA) sur le solde du capital de Suez, si la proposition de Veolia est acceptée par Engie.

L'ensemble de l'opération estimé à 10 milliards d'euros

Veolia compte utiliser sa trésorerie pour financer la première partie de l'opération. L'entreprise pourrait procéder à une augmentation de capital en cas d'offre sur l'ensemble du capital de Suez, a précisé Antoine Frérot, PDG du numéro un mondial du traitement de l'eau et des déchets, lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes.

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L'ensemble de l'opération est estimé à environ 10 milliards d'euros. En tenant compte de la dette de Suez, elle pourrait donner à ce dernier une valeur d'entreprise de l'ordre de 20 milliards d'euros, a dit Antoine Frérot. "Le schéma de financement [...] permettra à Veolia de maîtriser sa dette et de conserver le profil 'investment grade'", a-t-il assuré.

Le projet a été approuvé à l'unanimité par le conseil d'administration de Veolia. Le dépôt de l'OPA, quant à lui, "sera réalisé dès l'obtention des autorisations réglementaires nécessaires, notamment en matière de concurrence, dans les 12 à 18 mois", a précisé l'entreprise.

Un projet "sans effet négatif sur l'emploi en France"

Le PDG a insisté sur le fait que cette opération serait "sans effet négatif sur l'emploi en France". Cette opération serait relutive dès la première année grâce notamment à des synergies opérationnelles et d'achats estimées à 500 millions d'euros, selon Veolia.

Ce dernier propose à Engie 15,50 euros par action en numéraire pour ses 29,9 % de Suez et cette offre est valable jusqu'au 30 septembre. Ce prix représente selon Veolia une prime de 50 % par rapport au cours de clôture de l'action Suez le 30 juillet, juste avant qu'Engie ne dise réfléchir à toutes les possibilités vis-à-vis de sa participation d'environ 32 % au capital de Suez. L'action Suez a fini vendredi à 12,24 euros à la Bourse de Paris.

Dans un communiqué, Engie a déclaré qu'il allait étudier cette proposition "dans les prochaines semaines". Suez, de son côté, a dit prendre acte de cette démarche qui "n'a pas été sollicitée et n'a fait l'objet d'aucune discussion" entre lui-même et Veolia. "Suez réunira son conseil d'administration dans les plus brefs délais afin d'étudier l'opération et ses impacts envisagés", ajoute-t-il.

Une "occasion rêvée" pour Veolia

Pour Antoine Frérot a qualifié "d'occasion rêvée" l'évolution de la position d'Engie fin juillet. Selon lui, le marché du traitement de l'eau et des déchets est "très fragmenté" et les chevauchements d'activités entre Veolia et Suez se trouvent essentiellement en France. Ensemble, Veolia et Suez contrôlent moins de 5 % du marché mondial, a-t-il dit.

Veolia a néanmoins identifié d'éventuels problèmes de concurrence et a annoncé un accord avec le groupe français de gestion d'infrastructures Meridiam pour lui céder les activités Eau France de Suez, pour un montant "confidentiel". En 2012, Veolia avait déjà envisagé un rapprochement avec Suez mais le projet avait été abandonné pour des questions de concurrence.

Un contexte porteur, selon le PDG de Veolia

Au-delà de l'évolution d'Engie, Antoine Frérot considère que la crise du Covid-19 fournit un contexte porteur pour ce rapprochement entre Veolia et Suez en raison de la grande place prise par les préoccupations écologiques à travers le monde. Or face aux appétits des fonds d'investissements et de grands acteurs internationaux, notamment chinois, il est "important de réunir nos forces", a dit Antoine Frérot.

"Sur un marché mondial, la taille est capitale d'abord pour financer les installations nécessaires pour accélérer la transition écologique des villes mais aussi des industriels et puis la taille est capitale pour pouvoir imaginer et financer toutes les solutions qui sont encore à imaginer pour réussir cette transformation écologique, y compris les innovations de rupture", a ajouté le PDG de Veolia, en citant la capture du carbone, le recyclage de plastiques impossibles à recycler pour l'instant ou l'extraction des matières rares des déchets électroniques. Veolia a ainsi la volonté de "créer un champion français à culture européenne dans cette course", a dit Antoine Frérot.

Avec Reuters (Bertrand Boucey et Maya Nikolayeva)

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