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Veolia mise à 100% sur le cloud public

Ridha Loukil ,

Publié le

Veolia migre son infrastructure informatique vers le cloud public. Avec pour conséquence la fermeture de ses datacenters en France et à l’étranger.

Veolia mise à 100% sur le cloud public
D’ici à 2020, Veolia aura migré ses applications sur le nuage.

Le datacenter de Veolia en région parisienne vit ses derniers jours. En avril?2018, le groupe français de services d’environnement, qui compte 163 000?salariés dans le monde pour un chiffre d’affaires de 24,9?milliards d’euros en 2017, l’aura fermé pour se reposer exclusivement sur le cloud public d’Amazon. Il sera l’un des rares grands groupes au monde à avoir entièrement basculé ainsi son infrastructure informatique. Lancée en 2015, cette migration s’étendra aux implantations à l’étranger avec pour conséquence la fermeture de 50 autres datacenters d’ici à 2020.

Veolia a fait le pari du cloud public, et seulement le cloud public, alors que les grandes entreprises privilégient plutôt une démarche plus douce combinant cloud privé et cloud public. « Le cloud public est la meilleure option pour répondre aux besoins grandissants d’agilité et d’innovation de nos métiers, justifie Jean-Christophe?Laissy, le DSI du groupe. Nous voulions aussi changer le paradigme de la sécurité et réduire les coûts. Notre infrastructure informatique est toujours dimensionnée au bon niveau, et non aux pics d’activités, et nous la payons seulement à l’usage. »

L’infrastructure informatique de Veolia comprend 125 000?postes de travail et 25 000?serveurs, pare-feu et objets connectés. Elle est gérée par des centaines d’informaticiens dispersés dans la cinquantaine de pays où l’entreprise opère. Paradoxalement, Veolia a préféré aller vite plutôt que de procéder à petits pas. « Bien sûr, nous avons démarré par la migration de petites applications pour nous faire la main, confie Jean-Christophe?Laissy. Mais nous nous sommes très vite attaqués à de gros morceaux. Cela offre l’avantage d’embarquer plus de monde, de rendre la transformation plus visible et de gérer plus efficacement le changement. Si on le fait graduellement, la machine risque de se bloquer. » L’un des derniers « grands morceaux » traités est le système SAP de gestion utilisé en France par 17 000?collaborateurs. Sa migration sur le cloud s’est achevée en octobre?2017. Avec, à la clé, des économies de plusieurs millions d’euros par an, selon le DSI de Veolia.

Le pari des services applicatifs en ligne

Dès le départ, Veolia a privilégié des services applicatifs en ligne (SaaS pour software as a service). Une forme ultime du cloud qui s’affranchit non seulement de l’infrastructure, mais aussi de l’achat de logiciel et de tout ce que cela implique en termes de gestion de licences, de mise à jour et de maintenance. « À chaque nouveau projet, nous avons l’obligation de privilégier ce type de solution, explique Jean-Christophe?Laissy. C’est ainsi que nous sommes passés à Google pour la messagerie, Salesforce pour la gestion de la relation client, SuccessFactors pour les ressources humaines, ou encore Acquia pour la diffusion de contenu sur nos sites web. Mais pour des applications métiers ou critiques comme SAP, nous continuons à les utiliser en les portant dans le cloud d’Amazon. »

Pour Jean-Christophe?Laissy, le bilan s’avère positif. « Qu’il s’agisse de fiabilité, de résilience ou d’absorption des pics de charge, les promesses du cloud public sont au rendez-vous, affirme-t-il. Les équipes informatiques passent moins de temps dans la gestion des incidents et se concentrent davantage sur le management et les services aux utilisateurs. Sur le plan financier, nous constatons globalement une baisse de 25 % des coûts d’exploitation, ce qui représente des dizaines de millions d’euros d’économie par an. »

Veolia n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Le groupe prévoit de remplacer les PC des postes de travail par des Chromebook – des PC portables légers tournant sous le système d’exploitation Chrome OS et donnant accès à toutes les applications de l’entreprise via le navigateur Chrome. Un projet expérimenté à titre pilote auprès des 2 500?collaborateurs du siège à Paris. Le déploiement mondial est programmé à partir d’avril?2018.

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