L'Usine Energie

Veolia, la bonne recette de maître Frérot

Ludovic Dupin , , , ,

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Soutenu par son conseil d'administration et présentant un bilan positif de son action, le PDG de Veolia, Antoine Frérot, s'est montré confiant dans les choix stratégiques pris depuis sa nomination en 2010.

Veolia, la bonne recette de maître Frérot © Eric Piermont - AFP

Antoine Frérot en homme fort. C’est ainsi que s’est présenté le PDG de Veolia lors de l’annonce des résultats du groupe, le jeudi 27 février. Deux raisons à cette confiance. D’une part, l’homme est porté par sa reconduction surprise à son poste pour quatre ans de plus par le conseil d’administration. Un vrai soulagement pour lui après quatre ans passés à batailler contre des tentatives de putsch, notamment orchestrées par son meilleur ennemi, Henri Proglio, PDG d’EDF et ex-PDG de Veolia. D'autre part, il pouvait présenter de bons chiffres pour l’année 2013.

Depuis quatre ans, le leader mondial des services à l’environnement était à la peine, embourbé dans une dette monumentale et mis à mal par une croissance européenne atone sur ses marchés historiques (déchets, eau). En 2013, le résultat opérationnel récurent affiche une hausse de 16,9 % à 922 millions d’euros et le résultat net récurrent part du groupe est multiplié par quatre, à 223 millions d’euros.

"Un avion qui met les gaz"

Reste le résultat net part du groupe qui affiche une perte de 135 millions d’euros. Mais le PDG assure que les bénéfices reviendront en 2014. Autant le maintien d’Antoine Frérot à son poste que ses promesses de résultats ont convaincu les marchés financiers qui ont poussé le titre à la hausse de plus de huit points, avant un léger tassement.

Interrogé sur les raisons de son maintien, le PDG explique que les engagements pris pour le redressement de la société ont été dépassés et que "le risque pour l’entreprise d’interrompre cette action a dû peser sur la décision du conseil d’administration". Il ajoute : "Un avion qui met les gaz et prend de la hauteur, si on lui enlève le pilote, il pique du nez."

Réingénierie industrielle

La recette d’Antoine Frérot a d’abord consisté à réduire massivement la dette du groupe. En quatre ans, elle est passée de presque 17 milliards d’euros à 8,2 milliards aujourd’hui (-2,6 milliards en 2013). Une réussite liée à la maitrise des investissements industriels et à de vastes cessions d’actifs. Le groupe a aussi procédé à une diminution du nombre de salariés chez Veolia Eau en France. En 2013, il y a eu 500 départs non remplacés. 400 sont attendus en 2014. Par ailleurs, un plan de départs volontaires va concerner 700 personnes. Enfin, 500 salariés de Veolia vont être formés à des tâches jusqu’alors sous-traitées. "Veolia eau en France a demandé une réingénierie industrielle profonde", explique Antoine Frérot.

Nouveaux marchés

Surtout, le groupe s’est ouvert à de nouveaux marchés au-delà des métiers traditionnels du groupe. Ils portent sur sept secteurs : économie circulaire, solutions innovantes pour les villes, traitement des pollutions difficiles, démantèlement, impact environnemental de l’agroalimentaire, l’industrie minière et le secteur "pétrole & gaz". A titre d’exemple, le PDG pointe des succès récents comme le traitement d’eau pour l’exploitation de sables bitumineux par Shell au Canada ou le démantèlement de plates-formes pétrolières en mer du Nord. "Ce sont des marchés que nous n’aurions pas gagné il y a trois ans. Pour y parvenir, il a fallu changer de modèle", analyse Antoine Frérot.

Entre autres changements, le PDG souligne le mode de financement du groupe, dont la priorité est de ne plus refaire monter son endettement. Ainsi, Veolia ne s’engagera seul que sur quelques projets à très fort potentiel, "la crème de la crème", décrit Antoine Frérot. En revanche, sur les autres projets, le groupe s’appuiera sur des partenaires financiers. Ces nouveaux métiers n’excluent pas l’ancien. Entre 2010 et 2014, Veolia a gagné le renouvellement de ses grandes concessions d’eau (Paris, Toulouse, Marseille et Lyon) mais a dû pour cela revoir ses prix à la baisse de -15 à -20 %.

Ludovic Dupin

Veolia ne veut plus entendre parler de la SNCM
"C’est la dernière année que la SNCM pèse sur nos comptes", a lancé Antoine Frérot. Les documents présentant les résultats 2013 de Veolia indiquent : "Transdev et Veolia n’apporteront plus aucun financement pour soutenir la SNCM dont le plan de redressement n’est pas crédible". Antoine Frérot juge que la SNCM doit être placée sous le contrôle du tribunal de commerce pour en extraire les activités viables et les regrouper dans une nouvelle entité, qui, elle, trouverait un repreneur. En 2013, la SNCM a coûté 70 millions d’euros à la multinationale.

 

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