Veolia et Suez dévoilent l'accord de paix qui ouvre la voie au projet de fusion

Après huit mois de conflit, Veolia et Suez ont finalement trouvé un accord de rapprochement. Les deux entreprises ont dévoilé le 14 mai le traité de paix qui doit aboutir à la création d'un champion français des services à l'environnement.

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Veolia et Suez dévoilent l'accord de paix qui ouvre la voie au projet de fusion
Une lutte inédite avait débuté en août 2020 entre Veolia et Suez lorsque Veolia avait annoncé son souhait d'absorber Suez. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

Les conseils d'administration de Veolia et de Suez ont entériné vendredi 14 mai l'accord définitif de rapprochement qui doit aboutir à une prise de contrôle de Suez par Veolia puis à la création d'un « nouveau Suez ». Les deux spécialistes français de la gestion de l'eau et des déchets ont ainsi mis un terme à plusieurs mois de conflit entre eux.

Traité de paix

Cet accord, conclu par les deux groupes dans un salon de l'hôtel Bristol à Paris le 12 avril, fixe un prix d'achat de Suez par Veolia de 20,50 euros par action, soit un montant total de 12,8 milliards d'euros. Il met fin à une lutte inédite qui avait débuté le 30 août 2020 entre les deux géants français, lorsque Veolia avait fait part de son souhait de racheter à Engie les 29,9 % du capital de Suez qu'il détenait puis de lancer une OPA (offre publique d'achat) sur le capital restant au prix de 18 euros par action.

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L'annonce avait provoqué une levée de boucliers dans les rangs de Suez. Une bataille s'était alors engagée sur le terrain judiciaire et réglementaire avec pour point d'orgue la création par Suez, en septembre 2020, d'une fondation de droit néerlandais où étaient logés certains actifs afin de les mettre à l'abri d'une offre de Veolia.

Le traité de paix validé le 14 mai par les conseils d'administration des deux groupes prévoit la désactivation de cette fondation, la résiliation des accords conclus par Suez pour la cession de certaines de ses activités en Australie au groupe Cleanaway Waste Management, la suspension de toutes les procédures en cours et l'engagement de ne pas entamer de nouveaux contentieux.

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Veolia, qui a déjà obtenu le feu vert de cinq autorités de la concurrence dont celle des États-Unis, espère lancer son OPA d'ici la fin du troisième trimestre. À l'issue de l'opération, il affichera un chiffre d'affaires de l'ordre de 37 milliards d'euros contre 26 milliards en 2020. Le groupe renforcera sa présence sur plusieurs marchés dont les États-Unis et l'Espagne.

Veolia s'engage ensuite à céder des actifs qui permettront la création d'un « nouveau Suez », concentré sur les activités françaises de traitement de l'eau et des déchets. Cette nouvelle entité conservera des opérations à l'étranger à travers certains actifs internationaux dont des activités en Inde, en Italie ou en Chine. Le nouveau Suez affichera un chiffre d'affaires de l'ordre de 7 milliards d'euros, moins de la moitié du Suez actuel dont les ventes représentaient 17,2 milliards d'euros en 2020.

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Ce nouveau Suez devrait être repris par les fonds d'investissement français Meridiam et américain GIP à hauteur de 40 % chacun. La Caisse des dépôts s'offrira les 20 % restants. L'accord prévoit à terme une montée au capital des salariés jusqu'à 10 %. Le fonds Ardian, qui faisait partie des « chevaliers blancs » de Suez pour contrer l'OPA de Veolia, s'est finalement retiré du projet.

Ce traité de paix fixe plusieurs conditions aux futurs actionnaires du nouveau Suez tels qu'un engagement minimal de 10 ans et des garanties d'emploi pour les employés de Suez pendant une période de quatre ans. Cet accord qui a mis fin au conflit entre les deux groupes a été conclu grâce à une médiation de Gérard Mestrallet, ancien dirigeant de Suez et d'Engie. Le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a salué « le sens des responsabilités » dont ont fait preuve l'ensemble des parties.

Avec Reuters (Hayat Gazzane, édité par Camille Raynaud)

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