Ventes et chiffres d'affaires des fabricants de pneus se dégonflent au 1er trimestre

Les fabricants de pneus ont continué à subir la crise du marché automobile au premier trimestre, ce qui a entraîné des mesures de réduction de coûts. Reste que les résultats présentés mercredi 29 avril sont meilleurs ou conformes aux prévisions des analys

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Michelin
Le premier trimestre n'a pas été bon pour le groupe français de pneumatiques Michelin. Il a enregistré une baisse de 14,2% de son chiffre d'affaires par rapport à l'année précédente, atteignant 3,512 milliards d'euros. Le résultat d'une baisse de 9,8% du chiffre d'affaires des pneumatiques tourisme camionnette et de l'effondrement de 24,2% de celui des pneumatiques de poids lourds. Sur cette période, les ventes ont reculé de 24,4% en volume et de 14,2% en valeur, à 3,51 milliards d'euros.

En cause ? La chute du marché automobile et par ricochet de celui des pneumatiques. Le fabricant fait mieux que les prévisions les plus sombres des analystes qui tablaient sur un chiffre de 3,44 milliards d'euros.

Dans le détail, la filière poids lourds est la plus touchée, avec une baisse de 62% pour les pneus de première monte en Europe et de 45% en Amérique du Nord. Une tendance qui s'inverse géographiquement pour les voitures et camionnette. Les pneus de première monte ont marqué le pas de 39% en Europe, de 26% en Amérique du Sud et en Asie et de 52% en Amérique du Nord.

Le recul est plus contenu dans l'activité du remplacement, qui représente trois quarts des ventes du groupe. Pour les poids lourds, la chute est de 34,7% en Europe, de 25,3% en Amérique du Nord et de 12,6% en Asie. Quant aux voitures et camionnettes, le secteur des pneus de remplacement a reculé de 10,6% en Europe et de 11,8% en Amérique du Nord.

Investissements limités
Reste que le groupe de Clermont-Ferrand compte atteindre son objectif de cash flow positif pour l'exercice 2009. Il table sur « des mesures de flexibilité industrielle qui seront amplifiées au second trimestre pour optimiser les besoins en fonds de roulement et une forte réduction de ses investissements », selon Jean Dominique Senard, directeur financier de Michelin.

Une « flexibilité industrielle » qui aurait permis au groupe de stabiliser ses stocks au cours du premier trimestre. « Notre objectif est de limiter les stocks. Nous pilotons selon une stratégie mondiale, en ralentissant la production là où il y a besoin de le faire. Tous les pays peuvent être touchés, la disparité existe parfois même entre lignes de production dans une même usine », explique le responsable presse du groupe en France. « Nous évitons le chômage partiel avec les RTT, les congés ou les formations. Nous recherchons l'impact le moins pénalisant pour les salariés, mais parfois nous n'avons plus le choix », précise-t-elle.

Pour sauver sa trésorerie, le groupe ferme une usine aux Etats-Unis en octobre, limite ses investissements annuels à 700 millions d'euros et à l'émission d'obligations à cinq ans pour 750 millions d'euros.

Le fabricant affirme que le secteur des poids lourds reste en difficulté, mais voit des « signes de stabilisation des marchés », surtout dans la filière des pneus de tourisme en Europe et en Amérique du Nord.

Continental
CA en baisse de 35,2%
Continental ressort du premier trimestre avec des résultats meilleurs que prévu. L'équipementier automobile allemand a annoncé mercredi 27 avril avoir enregistré une perte nette de 367,3 millions d'euros. Bien loin du bénéfice de 167 millions du premier trimestre 2008, mais un déficit moins élevé que les pires prévisions des analystes qui tablaient sur un chiffre de 301 millions d'euros.

Le groupe justifie ce recul par la crise automobile, qui selon son patron Karl Thomas Neumann « pourrait encore durer cinq ans », et les difficultés de son principal actionnaire, le groupe Schaeffler, qui n'arrive pas à financer son rachat. Le chiffre d'affaires de Continental en pâtit, marquant le pas de 35,2% sur le premier trimestre, à 4,3 milliards d'euros. Dans le détail, c'est la filière des équipements automobiles qui est la plus touchée, avec un chiffre d'affaires en baisse de 42% contre 22% pour le secteur des pneumatiques.

Nouvelles fermetures de sites ?
L'avenir devrait être en demi-teinte pour l'équipementier. Selon son patron, qui table « pour le deuxième trimestre sur une nette reprise des chiffres d'affaires et des résultats opérationnels », le prochain bilan devrait être affecté par les coûts de restructuration dépendant des fermetures d'usines annoncées et peut-être même à venir.

En effet, Karl Thomas Neumann a rappelé que « les fermetures du site français de Clairoix et de l'allemand Stöcken étaient nécessaires, du fait d'importantes surcapacités dans les activités de pneus pour voitures et poids lourds ». Un motif qui pourrait justifier la fermeture d'autres usines en Europe. « C'est malheureusement pensable, parce que la reprise a lieu mais à un niveau très faible », précise-t-il. Des annonces qui ont freiné le patron du groupe à donner des prévisions pour l'exercice 2009.

Goodyear
333 millions de dollars
Du côté du fabricant américain de pneumatiques Goodyear, la perte trimestrielle atteint 333 millions de dollars, contre un bénéfice de 147 millions de dollars à la même période en 2008. Le chiffre d'affaires du groupe est estimé à 3,5 milliards de dollars, en chute de 28% par rapport à 2008, année record de ventes. « Bien que nous ne soyons pas satisfaits de nos résultats, ils reflètent généralement les conditions de marché difficiles », a commenté le PDG du groupe, Robert J.Keegan.

Les ventes du groupe en volume ont reculé de 20%, face à la dégradation de la demande. Dans le détail, sur le marché américain, les ventes de pneumatiques de première monte ont chuté de 49% en volume, contre -10% seulement pour les menus de remplacement. En Europe, au Moyen Orient et en Afrique, les ventes de volumes de pneumatiques neufs ont subi la chute des ventes automobiles et ont reculé de 47%. Dans le domaine du remplacement, la chute est contenue à 9%. Les principales causes de ces chutes restent la baisse des ventes et la hausse des coûts des matières premières.

3800 emplois en moins
Reste que le groupe souligne « avoir pris les bonnes décisions en matière de coûts et de liquidité pour faire face au ralentissement économique et se placer en bonne position pour tirer parti des opportunités possibles lors de la reprise du marché ». Parmi ces mesures, la suppression de 3 800 emplois dans le monde, soit une économie de 145 millions de dollars. Mi-février, le groupe prévoyait la réduction des effectifs à hauteur de 5 000 salariés et un gel des salaires en 2009. Au second semestre 2008, plus de 4 000 salariés avaient déjà quitté le groupe.

Malgré tout, Goodyear entend lancer au total 50 nouveaux produits au cours de l'exercice 2009.

Barbara Leblanc

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