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Veillée d’armes chez Altran

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L’assemblée générale de l’ingénieriste français du 10 juin devra se prononcer sur le bien-fondé de la stratégie de sa direction.

Veillée d’armes chez Altran © Altran

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La crédibilité d’Yves de Chaisemartin, patron du groupe Altran, est mise en cause depuis quelques semaines par Altrafin Participations. Cet actionnaire majoritaire, qui dispose de près d’un tiers des droits de vote, souhaite remplacer l’actuel PDG par Philippe Salle, lors de la prochaine assemblée générale du 10 juin. Philippe Salle est l’ancien patron de groupes internationaux comme Geoservices ou Vedior pour l’Europe du sud. Il a réalisé une partie de sa carrière dans les métiers du conseil, chez Accenture et Mckinsey.

Yves de Chaisemartin, en poste depuis septembre 2006, s’estime victime d’un mauvais procès et défend son bilan. Il met en avant notamment un chiffre d’affaires consolidé du groupe au 1er trimestre de 387,7 millions d’euros, en hausse de 10,3 % et de 10,1 % à périmètre constant par rapport au 1er trimestre 2010 (351,6 M€). Il est soutenu par le patron de l'Autorité des marchés financiers, Jean-Pierre Jouyet, qui le 9 juin a critiqué la position du fonds Altrafin Participations. "Lorsque vous souhaitez contrôler ou imposer un conseil d'administration dans une société, vous en payez le prix et ce n'est pas parce que vous avez 19% ou 20% d'une société que vous changez les dirigeants ou modifiez les conseils d'administration", assène-t-il.

Face à Yves de Chaisemartin, Philippe Salle, ingénieur des mines, peut mettre en avant sa bonne connaissance du secteur de l’ingénierie et son expérience à l’international. Interrogé par l’Usine Nouvelle, il ne souhaite pas rentrer dans la polémique alors qu’il ne connaît pas tous les arcanes du dossier Altran. Pour autant, il estime que le bilan de l’actuel patron est assez maigre, peu disert en chiffres et qu’Altran est à la traîne de ses concurrents.

Une présence faible dans les BRIC

Du côté d’Altrafin (contrôlé par le fonds Apax), la direction déplore de ne pas avoir une vision claire de la situation d'Altran. La revue stratégique du groupe spécialisé en innovation et ingénierie, avec ses forces et ses faiblesses par métier et par aire géographique, n’a semble-t-il pas été mise en œuvre. Et de noter que sur la période 2006-2010 Altran a vu son chiffre d’affaires baisser de 3 %, alors que ses concurrents français Assystem, Alten et Akka Technologies ont vu le leur s’apprécier de respectivement 16 %, 62 % et 163 %.

Autre reproche, Altran est présent dans 25 pays, alors que ses concurrents sont concentrés sur une quinzaine de pays en moyenne. Le groupe est bien implanté en Espagne, en Italie et au Portugal, des pays où la croissance est faible, alors qu’il est peu présent aux États-Unis ou dans les BRIC.

L’ingénieriste semble également sous-estimer le potentiel de consolidation du secteur en ayant réalisé seulement 30 millions d’euros en croissance externe, lorsque Akka et Alten ont acquis respectivement 200 et 170 millions de chiffre d’affaires sur la même période.

Si l’on considère enfin un cours de bourse à la peine et un résultat 2010 toujours dans le rouge, tout laisse à penser qu’Apax n’est pas très satisfait de son investissement à hauteur de 150 millions d’euros, lors de l’augmentation de capital de 2008. L’assemblée générale tranchera !

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