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L'Usine Auto

Véhicules électriques, les barbares au volant

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De nouveaux acteurs montent à bord du véhicule électrique et redessinent le modèle économique du secteur.

Véhicules électriques, les barbares au volant
Misant sur la modularité et la simplicité, la start-up XYT propose une gamme de véhicules électriques personnalisables, à faire assembler chez un garagiste.

Carwatt, XYT, Navya... Ces noms ne vous disent peut-être rien. Il s’agit de jeunes entreprises qui souhaitent, à l’instar des acteurs historiques de l’industrie automobile, tirer leur épingle du jeu dans le marché balbutiant du véhicule électrique. Si Tesla a réussi à s’imposer auprès des constructeurs mondiaux en popularisant l’idée de la voiture électrique et autonome, ces "barbares" lui emboîtent le pas, en proposant des concepts plus ou moins révolutionnaires. Ils parient sur un segment: les utilitaires.

La start-up XYT, installée à Viry-Châtillon (Essonne), commercialise une gamme de petites voitures électriques modulaires, évolutives et personnalisables. Les clients configurent en ligne la taille, la couleur et la forme du véhicule, puis le font assembler par un garagiste indépendant proche de chez eux. Un modèle économique rendu possible grâce au moteur électrique, qui simplifie l’architecture du véhicule et sa fabrication. "La voiture est une plate-forme sur laquelle nos partenaires pourront venir intégrer différents modules de loisir, de travail ou d’apprentissage", explique Simon Mencarelli, l’un des deux fondateurs de XYT.

La start-up travaille avec des équipementiers automobiles, mais aussi des artisans, des acteurs de la mobilité et des fournisseurs de services comme Accor. "Pour chaque métier, on sélectionne des entreprises qui ont des compétences spécifiques et une communauté", souligne le cofondateur. XYT a l’ambition de supprimer la hiérarchie structurelle du secteur. "On veut donner plus de pouvoir aux fournisseurs, en les considérant comme des développeurs d’une certaine spécificité de la voiture, avance Simon Mencarelli. On ne leur demande pas de faire quelque chose, ce sont eux qui viennent avec une proposition". Il préfère d’ailleurs parler de "sur-traitants" plutôt que de sous-traitants.

Carwatt donne une seconde vie aux batteries

Déconstruire la chaîne de valeurs, une étape indispensable pour se positionner sur le marché du véhicule électrique. Le nouveau modèle proposé par XYT a séduit l’Alliance Industrie du futur, qui lui a remis le label Vitrine de l’industrie du futur. Cette start-up "raisonne plus en termes de solutions que de produits", estime Philippe Darmayan, le président de l’Alliance, qui la considère comme "le troisième constructeur français", derrière Renault et PSA. À terme, XYT veut créer une place de marché où ses partenaires pourront proposer de nouveaux modules que les particuliers et professionnels achèteront pour enrichir ou transformer leur véhicule. Une première version de cette plate-forme digitale sera disponible au cours du premier semestre.

Carwatt a axé sa stratégie autour d’une autre idée. Après deux ans de réflexion sur la mobilité électrique, Gérald Feldzer, ex-pilote de ligne, et Fabien Berger, jeune ingénieur passé par Sciences Po, ont fondé leur société en mars 2015. Objectif : concevoir et réaliser des kits d’électrification de véhicules, destinés à être installés soit par les clients s’ils le souhaitent, soit par un sous-traitant. Surtout, il s'agit d'utiliser pour ces kits des batteries de seconde vie : ces batteries lithium-ion usagées qui ont trop perdu de leur performance pour répondre aux besoins des voitures électriques. Leur moindre densité énergétique est en revanche parfaitement acceptable pour des véhicules utilitaires de type urbain.

Parti sur l'électrification de Renault Master, Carwatt attend l'homologation de son premier véhicule, prévue pour avril 2017, pour le voir rouler dans les rues parisiennes dans le cadre d'une expérimentation. Mais Renault ayant lancé une version électrique du Master, la start-up a décidé de se concentrer sur d'autres types de véhicules professionnels, comme les véhicules aéroportuaires – qui évoluent sur le tarmac – et de voirie en ciblant les véhicules destinés à la collecte de déchets ou au nettoyage. Dans le cas de véhicules déjà électriques, l’entreprise se propose de changer les batteries classiques au plomb par du lithium-ion. Dans tous les cas, l’objectif global est d’accroître la part de l’électrique chez les clients en rétrofitant les véhicules existants. D’ici la fin de l’année, Carwatt espère compter cinq à dix salariés, contre quatre actuellement, et dégager son premier chiffre d’affaires.

D’autres start-up ont décidé de mettre en œuvre la vision de certains spécialistes du secteur, selon laquelle l’automobile de demain sera électrique et autonome. La voiture ou la navette, le créneau choisi par la société lyonnaise Navya – dans laquelle ont investi le groupe de transport Keolis, l’équipementier automobile Valeo et un groupe qatari –, et par la société toulousaine EasyMile, soutenue par Alstom depuis le début de l’année. Leurs minibus peuvent embarquer un peu plus d’une dizaine de personnes. L’autonomie de la navette de Navya est comprise entre cinq et treize heures en fonction du paramétrage et des conditions de circulation. Celle d’EasyMile dure jusqu’à quatorze heures, en une seule charge.

Peu à peu, ces deux modèles de navettes électriques essaiment à travers le monde. Dans le cadre du programme européen CityMobil2, EasyMile a présenté ses véhicules en Suisse et en Finlande. En janvier, la navette de Navya, en démonstration au Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas et dans les rues de la métropole américaine, a fait sensation. Christophe Sapet, le directeur général de l’entreprise, chiffre à "plusieurs milliers de véhicules d’ici à 2025" le marché potentiel de ces navettes autonomes... et 100% électriques. 

La croissance molle des utilitaires

Doucement mais sûrement. Si le segment des utilitaires électriques reste moins important que celui des véhicules électriques pour particuliers, son dynamisme ne se dément pas. En 2016, il a affiché une croissance de 12,9 %, soit 5 556 immatriculations. C’est toutefois moins que la progression de 26 %, avec 27 307 véhicules vendus, qu’a connue l’ensemble du secteur des voitures électriques, d’après le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA). En cause, la baisse des ventes du Renault Kangoo Z.E., le leader du segment, qui s’est écoulé à 2 389 unités (- 15,7 % par rapport à 2015). Le dynamisme est venu de véhicules moins connus. C’est le cas des Ligier Pulse 4, dont les ventes ont bondi de 249 % sur un an, soit 755 exemplaires écoulés, et des Peugeot Partner (+ 212 %), à 441 unités, qui se hissent aux deuxième et troisième rangs. In fine, les ventes de véhicules utilitaires électriques n’ont représenté que 1,35 % des ventes totales de véhicules utilitaires en France l’année dernière. Quoi qu’il en soit, le seuil des 100 000 véhicules électriques en circulation en France devrait être prochainement dépassé, alors que 93 000 unités sont aujourd’hui enregistrées. 

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