Vect-Horus, la start-up française qui franchit la barrière du cerveau

A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la maladie d’Alzheimer, zoom sur une start-up qui propose une technologie novatrice pour le traitement des pathologies du cerveau, Vect-Horus.

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Vect-Horus, la start-up française qui franchit la barrière du cerveau

Franchir la barrière hémato-encéphalique du cerveau pour assurer le passage des médicaments du sang vers le tissu nerveux. Voilà le défi scientifique relevé par la start-up française Vect-Horus. Créée il y a dix ans par le CNRS et Aix-Marseille Université, cette spin-off propose aujourd'hui une plate-forme technologique novatrice appelée VECTrans. "Notre technologie utilise de petits vecteurs qui permettent de faire passer les molécules dans le cerveau, explique Jamal Temsamani, directeur de recherche et développement de la société. Au niveau de la barrière se trouvent des récepteurs. Nos vecteurs reconnaissent ces récepteurs, vont jusqu’à eux puis se font transporter par ces derniers jusque dans le cerveau." Dans cette stratégie, le principe est de coupler le vecteur à une molécule thérapeutique, un anticorps ou une enzyme par exemple, et de s’en servir comme d’un cheval de Troie.

"Ce transport par l’intermédiaire de récepteurs, appelé RMT pour ‘receptor-mediated transport’, est aujourd’hui considéré comme le moyen le plus efficace et le plus sûr pour passer la barrière hémato-encéphalique", assure Jamal Temsamani. Seules quelques sociétés l'ont développé dans le monde, Vect-Horus étant la seule en Europe. Pour des raisons de propriété intellectuelle, l’entreprise marseillaise travaille sur un récepteur différent de ceux ciblés par ses concurrentes, à savoir le récepteur au cholestérol (LDLR).

Donner une seconde chance à d’anciennes molécules

Aujourd’hui, on estime que seules 1 à 2% des molécules développées par l’industrie pharmaceutique passent suffisamment dans le cerveau pour être efficaces. Cette technologie a donc un potentiel énorme dans le traitement des pathologies du cerveau. "Améliorer le transport des médicaments renforce leur efficacité et permet de limiter la dose prescrite, donc par là-même les effets secondaires", souligne Alexandre Tokay, fondateur et président de Vect-Horus. La Dalargine, un neuropeptide qui agit sur la douleur, rentre par exemple 20 fois mieux dans le cerveau une fois vectorisée.

Ce gain d’efficacité redonne de l’espoir pour le traitement de nombreuses maladies, et notamment celle d’Alzheimer pour laquelle les laboratoires ont surtout échoué en raison d'un mauvais transport et d’un manque d’efficacité des traitements en phase 3 de leurs essais cliniques. D’anciennes molécules pourraient donc bénéficier d’une seconde chance. Et dans un contexte où les taux d’échecs et les coûts de développement sont très élevés, cette technologie pourrait encourager les industriels à relancer leur R&D.

Actuellement, Vect-Horus a signé des accords de collaboration avec trois laboratoires : Sanofi pour le transport d’un anticorps dans le traitement des maladies neurodégénératives, Servier pour celui d’une molécule dans le domaine des maladies du système nerveux, et Advanced Accelerator Applications (AAA) pour travailler au transport d’un agent d’imagerie cérébral. Ces collaborations se font en amont du développement des essais cliniques par les industriels. "Le vecteur couplé au médicament forme une nouvelle entité : il faut donc s’assurer que la combinaison ne fait pas perdre les propriétés respectives de chaque composant", explique Alexandre Tokay.

Chaque médicament vectorisé est la co-propriété de la start-up et de son partenaire pharmaceutique et sera protégé pour un nouveau brevet. Comme la plupart des biotechs, Vect-Horus licencie ensuite le produit vectorisé, c’est-à-dire qu’elle cède son utilisation à l’entreprise pharmaceutique avec lequel elle l’a développé. Au-delà des maladies neurodégénératives, telles qu'Alzheimer, Parkinson et la sclérose en plaques, la technologie VECTrans peut aussi servir dans le traitement des lésions aiguës du cerveau suite aux arrêts cardiaques, à certains accidents vasculaires cérébraux (AVC) et aux traumatismes crâniens.

Marion Garreau

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