Varin, Ghosn, Proglio, Bilger... quand les patrons battent en retraite sur leurs rémunérations

Parachute doré, retraite chapeau, rémunération variable... tous ces dispositifs aux caractéristiques bien différentes symbolisent, parfois à tort, les excès des dirigeants d'entreprises. Philippe Varin a ainsi suscité une vive polémique après la révélation des 21 millions d'euros provisionnés par PSA pour sa retraite chapeau, somme à laquelle il a finalement renoncé. Retour sur six exemples de patrons ayant renoncé à une partie ou à l'intégralité du chèque qui leur était promis.

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Varin, Ghosn, Proglio, Bilger... quand les patrons battent en retraite sur leurs rémunérations

Pas de variable pour Varin

Actuellement sous le feu des critiques, ce 27 novembre 2013, après la révélation des 21 millions d'euros provisionnés par PSA pour sa retraite chapeau, Philippe Varin était montré en exemple en 2011. Après avoir mis en place le plan de restructuration du groupe - qui implique plus de 11 000 suppressions de postes et la fermeture du site d'Aulnay - le dirigeant avait rappelé début 2012 qu'il ne touchait plus de rémunération variable depuis 2011.

"Sur la question des salaires, la priorité est au redressement du groupe, avait-il expliqué à l'antenne de France Info. En ce moment, la solidarité est absolument la clef pour l'engagement des équipes. Sur ce sujet, j'ai déjà pris une décision en 2011 : c'était d'abandonner 100% de ma part variable et le directoire également. Pour l'année de l'exercice 2012, nous avons pris la même décision". Un geste de solidarité alors que le nouveau contrat social adopté en octobre dernier prévoit notamment un gel des salaires pour l'ensemble des salariés de PSA.

En fin de journée ce 27 novembre, Philippe Varin a finalement souhaité mettre fin à la polémique sur sa retraite chapeau. Le dirigeant a annoncé qu'il avait décidé de renoncer "aux dispositions actuelles de (ses) droits à la retraite".

Carlos Ghosn, monsieur 30%

Afin d'encourager la signature d'un accord compétitivité avec les syndicats de Renault, le PDG Carlos Ghosn s'était dit prêt en février 2013 à reporter le versement de 30% de sa rémunération variable de 2012 à fin 2016. S'en était alors suivi une vive polémique sur l'importance toute relative de cet effort pour un des dirigeants les mieux rémunérés de l'industrie automobile. "Il va passer son salaire journalier de 36 000 à 26 000 euros", indiquait alors un syndicaliste de Renault.

Malgré les critiques et une fois l'accord compétitivité conclu avec les syndicats en mars, Carlos Ghosn avait fait savoir qu'il tiendrait sa promesse.

Henri Proglio, le cumulard

A peine arrivé à la tête d'EDF, Henri Proglio fait face en 2010 à son premier scandale : Le Parisien révèle qu'il va cumuler son salaire de 1,6 million d'euros en tant que patron de l'électricien français et une retraite chez Veolia de l'ordre de 1 à 1,15 million d'euros.

Choix original de la part d'Henri Proglio, il opte pour un don à une association carritative d'une partie de sa retraite perçue chez Veolia.

La bonté divine de Pierre Bilger

Nous sommes en 2003 : Alstom, alors en grande difficulté, choisit de se séparer de son président. Pierre Bilger, qui dirigeait l'entreprise depuis 1991, renonce alors à un parachute doré de quelque 4,1 millions d'euros.

Dans un livre intitulé "Quatre millions d’euros, le prix de ma liberté", paru en 2004 chez Bourin éditeur, le patron décédé en 2011 expliquera avoir pris cette décision en raison notamment de ses convictions religieuses.

Chute libre sans parachute doré pour le patron de Novartis

Devant la colère grandissante en Suisse concernant les émoluments des dirigeants d'entreprise, Daniel Vasella avait renoncé en février dernier aux 12 millions de francs suisses (9,7 millions d'euros) par an sur six ans promis par le groupe pharmaceutique Novartis.

Patron bénévole

Décision radicale pour le PDG du groupe japonais Elpida Memory. Face à la crise qui frappe son entreprise en 2008, Yukio Sakamoto renonce à toute rémunération sur les deux derniers mois de l'année. Son salaire annuel devait ensuite être divisé par deux jusqu'à ce que l'entreprise retrouve le chemin de la croissance.

Julien Bonnet

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