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Vallée de l'Arve : l'intérim sert d'ajustement

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Vallée de l'Arve : l'intérim sert d'ajustement
Chez Nicomatic, entreprise de microconnectique située à Bons-en-Chablais (Haute-Savoie), les salariés sont autonomes. En échange, ils doivent être flexibles et réactifs.

Libéré ! Depuis 2013, Nicomatic a adopté ce système de management qui repose sur l’autonomie des salariés et la confiance de leur direction. Chez ce fabricant de microconnecteurs pour environnements sévères, installé à Bons-en-Chablais (Haute-Savoie), la hiérarchie a été réduite à cinq directeurs et six managers. Les 140 salariés travaillent 40?heures hebdomadaires sans badge ni contrôle des heures, bénéficient d’une crèche d’entreprise, font du sport ou du théâtre à la pause déjeuner. « En contrepartie, nous leur demandons d’être flexibles, réactifs, et l’entreprise doit être performante », explique Aurélie Dujardin, la responsable RH.

Nicomatic connaît un faible turn-over, dispose d’un effectif dont l’ancienneté moyenne est de huit ans et affiche des résultats à faire pâlir d’envie plus d’une PME : un chiffre d’affaires pour le groupe (huit filiales à l’étranger, 250 salariés) de 30?millions d’euros, dont 20 % sont réinvestis chaque année en R & D, 20 brevets actifs et une dette nulle. En 2015, l’entreprise a embauché 15 personnes. Mais l’agilité a ses limites : avec un taux d’export de 82 % et des clients présents dans le monde entier, de la Chine aux États-Unis, l’entreprise est freinée par l’organisation du travail, car elle ne peut pas suivre l’amplitude horaire de ses clients.

En Haute-Savoie, les industriels du décolletage et de l’usinage de précision se sont adaptés bon an mal an à travailler avec une visibilité à trois mois. Le secteur a redressé la barre avec succès et enregistre une hausse de son chiffre d’affaires de 3,5 % par rapport à 2014, atteignant un niveau historique de 2,1?milliards d’euros. Il faut surtout souligner la forte proportion de l’intérim, 8 à 10 % des effectifs du décolletage, pour s’adapter aux variations des volumes de production et aux carnets de commandes à court terme. Les entreprises du territoire sont à la recherche de profils très qualifiés et certains métiers, comme les opérateurs et les techniciens régleurs, sont constamment sous tension.

Des salaires plus élevés chez le voisin suisse

La vallée de l’Arve, qui concentre 70 % du décolletage français, souffre de la concurrence de la Suisse, située à une vingtaine de kilomètres. Les salaires y sont deux à trois fois plus élevés, les charges minimes et le droit du travail plus flexible. Impossible pour les chefs d’entreprise locaux de s’aligner. Il n’est pas rare de voir leurs salariés formés céder aux sirènes helvètes et traverser la frontière. Une problématique que connaît Alain Parmentier, le PDG du groupe Fabrications automatiques Gerbelot (FAG) à Cluses, spécialisé dans la fabrication de cages de roulements et de matériel dentaire.

En 2014, il s’est doté d’une fonderie pour intégrer une activité jusqu’alors sous-traitée en Allemagne. Pour ce projet de 4,5?millions d’euros, FAG a créé huit emplois, industriels et commerciaux. Depuis, la fonderie a vu son chiffre d’affaires passer de 860 000?euros en 2014 à 1,1?million d’euros en 2015, et espère atteindre 1,5?million d’euros en 2016. Pour l’heure, Alain Parmentier n’envisage pas d’embaucher. « En Suisse, un technicien peu qualifié est payé au moins 3 000?euros. Ici, trop de charges pèsent sur les salaires, et le Cice ne compense pas. » Alors, faute de pouvoir augmenter les salaires, le PDG accorde à ses collaborateurs des compensations comme une prise en charge de la mutuelle à 60 %. Il a également mis en place un nouveau management fondé sur la transparence et va lancer un plan de formation.

La montée en compétences des effectifs est indissociable du mouvement vers l’industrie du futur, martèle le pôle de compétitivité Mont-Blanc Industries, qui réunit 315 entreprises, à 95 % des PME-TPE, dans deux métiers principaux, l’usinage de précision, dont le décolletage, et la mécatronique. « L’automatisation et la robotisation vont créer des emplois plus qualifiés, assure Étienne Piot, le président du pôle. Cela va surtout renforcer la compétitivité des entreprises, car ces solutions automatisées vont pouvoir produire le week-end et la nuit sans opérateurs, permettant aux entreprises de se positionner sur des appels d’offres internationaux. »

De notre correspondante, Dorothée Thénot

Formations par alternance


Le Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification (Geiq) Alpege Horizon organise des formations à partir des besoins exprimés par ses 34 entreprises membres. Il travaille avec Pôle emploi et les missions locales pour trouver des candidats potentiels et leur proposer une formation par alternance avec un contrat de professionnalisation d’un an. Depuis trois ans, 72 demandeurs d’emploi ont été recrutés en contrat de professionnalisation. Sur les 36 qui ont terminé, la plupart ont été embauchés en CDI dans l’entreprise d’accueil. Pour l’heure, le Geiq ne parvient pas à satisfaire les besoins des entreprises en personnel qualifié, faute de candidats. ??

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