Valeo : Thierry Morin se défend et entend garder ses indemnités de départ

« Je sors de ma réserve parce ma probité est en cause ». Thierry Morin, ex-PDG de l'équipementier automobile Valeo, s'est expliqué sur son départ, ses indemnités de départ et sur le dépôt de plainte contre X de l'entreprise pour des écoutes lors de réunio

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Sur son départ, il précise dans un entretien au Figaro qu'il a respecté les règles de gouvernance : « le conseil d'administration a demandé au président de partir, le président a accepté la règle ». Le 20 mars, le conseil d'administration avait invoqué des divergences stratégiques pour remercier Thierry Morin, lui attribuant une prime de départ estimée à 3,2 millions d'euros. « Je ne trouve pas illogique, après vingt années passées dans une entreprise que je quitte contre mon gré, de partir avec deux années de salaire », assure-t-il.

Thierry Morin explique avoir proposé au conseil d'administration, « dans une volonté d'apaisement », de renoncer à 30% de ses indemnités. En effet, lors de l'attribution de l'indemnité de départ, le conseil d'administration avait précisé que Thierry Morin avait rempli quatre des cinq objectifs fixés pour toucher 100% de ses indemnités. Malgré un résultat opérationnel 2008 négatif, le conseil d'administration avait validé ce critère, dans la mesure où cette perte était liée à des provisions pour restructurations. Pour l'ex-PDG, ce critère portait à confusion et préférait renoncer à 30% de son indemnité. « Nous avons négocié pendant un ou deux jours puis le conseil m'a répondu qu'il fallait que je rembourse 100% de la somme », commente-t-il. Il n'y renoncera donc pas.

« Pression médiatique »
L'attribution de la prime avait provoqué un scandale, au moment où Valeo connaissait des difficultés, dont la suppression annoncée de 5 000 emplois dans le monde pour l'année 2009 et la perte nette de 207 millions d'euros enregistrée en 2008. Le Fonds stratégique d'investissement était entré dans le capital de Valeo à hauteur de 8,3%. Selon l'ex-PDG, à la fin de sa présidence, Valeo « n'a reçu aucune aide de l'Etat et n'était pas en situation d'échec. Ses marges ont progressé et Valeo a un des plus faibles taux d'endettement du secteur automobile ».

Selon Thierry Morin, l'accusation du groupe quant à d'éventuelles écoutes n'est « qu'un moyen de se dédire » de l'attribution de la prime, « sous la pression médiatique ». « Visiblement, cette plainte tombe à point nommé pour faire pression sur les actionnaires et leur demander de ne pas voter mes indemnités le 9 juin lors de l'assemblée générale, sans donner l'impression de revenir sur leur position », explique-t-il. Il affirme avoir demandé l'enregistrement des réunions du conseil d'administration, « à cause d'un actionnaire très hostile, le fonds Pardus détenteur de 20% du capital » et avoir prévenu les administrateurs. « C'est une histoire de cornecul », précise-t-il.

Barbara Leblanc

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