Valentino n'est pas à vendre et veut d'abord croître

par Pascale Denis et Astrid Wendlandt

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PARIS (Reuters) - A l'heure où Valentino poursuit une stratégie d'élargissement de sa clientèle avec des produits plus accessibles, ses actionnaires ne projettent pas dans l'immédiat de vendre la maison de couture.

Le PDG du groupe Stefano Sassi, interrogé par Reuters sur des rumeurs selon lesquelles le fonds britannique aurait pris contact avec des acheteurs potentiels, a répondu: "Non, ce n'est pas le cas."

"Nous avons un travail à faire, la reprise commence juste", a-t-il déclaré à l'occasion du sommet du luxe organisé par Reuters du 1er au 3 juin.

Valentino, a-t-il ajouté, préfère grandir en taille avant de se mettre sur le marché.

La maison italienne créée en 1960 par Valentino Garavani, a été rachetée par le fonds de private equity Permira pour un milliard d'euros en 2007, avant la crise financière, à des multiples de valorisation jugés alors très élevés.

Célèbre pour ses robes du soir en mousseline dont les prix oscillent entre 15.000 et 115.000 euros, la maison élargit sa gamme depuis le départ du couturier en 2008.

"Il faut aller chercher de nouveaux clients. Il faut abaisser les prix d'entrée pour sortir de notre niche", a commenté Stefano Sassi, assurant que cette stratégie avait été décidée dès avant la crise.

Valentino propose ainsi, dans ses collections de prêt-à-porter, des robes à 1.000 euros, chose impensable il y a quelques années.

LA CRISE DE LA DETTE SOUVERAINE "INQUIÈTE"

Une deuxième ligne, encore plus accessible et baptisée "Red" en référence à l'emblématique couleur rouge chère au couturier, permet aux clientes d'acquérir des t-shirts à 400 euros.

Cette stratégie, décidée par Permira pour accélérer le développement de la société, ne met pas en péril l'image de la marque, assure le PDG.

"Valentino était trop élitiste. Les temps ont changé. Nous ne voulons plus produire seulement pour les très, très riches. Nous voulons toucher un public plus jeune. Mais nos prix demeurent élevés", a déclaré Stefano Sassi.

Les ventes du groupe devraient être stables au premier semestre, avant de rebondir dans la deuxième partie de l'année. Au total, le PDG table sur une progression d'environ 10% en 2010, après une baisse d'environ 8% en 2009, année où les ventes ont totalisé 240 millions d'euros.

Stefano Sassi a cependant reconnu que la crise de la dette souveraine faisait planer des incertitudes sur la reprise économique en Europe.

"Tout le monde est un peu plus inquiet qu'il y a deux mois", a-t-il dit, ajoutant, sans plus de précision, que Valentino était rentable.

Il a également estimé que la baisse de l'euro face au dollar, au yen et au yuan devrait apporter une contribution positive au résultat opérationnel de la société dont la situation est "financièrement saine".

Valentino, qui compte 110 boutiques dans le monde (dont 75 en propre) et réalise principalement ses ventes en France, en Italie, aux Etats-Unis et en Asie, compte ouvrir environ huit magasins en 2010, dont cinq dédiés à la ligne "Red".

Encore peu présent dans la mode masculine, qui représente seulement 8% du chiffre d'affaires, Valentino entend doubler cette part dans un horizon de deux à trois ans.

Avec Antonella Ciancio, édité par Dominique Rodriguez

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