Vale et BHP passent à des contrats trimestriels

par James Regan, Brian Ellsworth et Yuko Inoue

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RIO DE JANEIRO/TOKYO/SYDNEY (Reuters) - Les sociétés minières Vale et BHP Billiton ont persuadé les sidérurgistes japonais d'acheter du minerai de fer sur la base de prix trimestriels à partir du 1er avril, signant la disparition des contrats annuels à prix fixe.

Selon les analystes, ces contrats faisaient perdre aux groupes miniers plusieurs milliards de dollars de chiffre d'affaires.

Pour que le passage aux prix trimestriels soit définitif, il faudra que le numéro deux mondial des mines, l'anglo-australien Rio Tinto mette fin lui aussi aux prix annuels. Il a dit espérer y parvenir cette année.

"Le 'big one' aura lieu si Rio décide de passer au système trimestriel", commente James Wilson, analyste chez DJ Carmichael. "Ce sera la fin du référencement (annuel) parce que Rio réalise pratiquement toutes ses ventes sur ce type de contrats", ajoute l'analyste.

L'autre grand groupe minier anglo-australien, BHP Billiton, numéro trois mondial du minerai de fer, a déclaré mardi s'être mis d'accord avec ses clients asiatiques pour faire passer la majorité de ses contrats de minerai de fer sur des échéances à plus court terme.

Le brésilien Vale a quant à lui abouti à un accord provisoire trimestriel sur le minerai de fer avec les sidérurgistes asiatiques, de nature à faire monter les prix de 90%.

Pour Vale, ce seront les premiers accords trimestriels. BHP utilise depuis longtemps des contrats hybrides.

ALIGNEMENT

La hausse conclue par Vale met le prix du minerai de fer à 105 dollars la tonne pour le japonais Nippon Steel et le sud-coréen Posco par rapport aux références actuelles, de 62 dollars la tonne, qui expirent mercredi.

"Si c'est le cas, c'est excellent, même si le marché attendait déjà 100 à 110 dollars. Cela va fortement augmenter le chiffre d'affaires", commente Pedro Galdi, analyste chez SLW Corretora.

Le cours spot du minerai de fer a plus que doublé depuis septembre avec la reprise cyclique du secteur sidérurgique.

"C'est une bonne nouvelle pour nous parce que, comme la plupart des producteurs de minerai de fer, (...), nous suivons les négociations des gros", explique Garret Dixon, chez Gindalbie Metals, qui produira l'an prochain 10 millions de tonnes de minerai de fer en Australie pour les vendre au chinois Ansteel.

Le directeur général de BHP, Marius Kloppers, souhaitait depuis longtemps voir le minerai de fer s'aligner sur un système similaire à celui des autres matières premières telles que le pétrole.

Le directeur général de Vale, Roger Agnelli, s'est converti plus récemment après avoir longtemps défendu le système de prix annuels comme base de fonctionnement du secteur.

"Le contrat à long terme a très bien marché pendant 90 ans pour les deux parties, à la fois pour le client et pour la société minière", a déclaré Roger Agnelli à la presse à Sao Paulo.

"Le modèle que nous proposons et dont nous discutons avec les clients, c'est-à-dire les moyennes trimestrielles, est efficace pour nous permettre de mener à bien nos projets d'investissements."

Il a souligné que les prix de référence décidés informellement l'an dernier ne reflétaient plus la réalité de l'offre et de la demande.

RELATIONS DE LONG TERME

Certains sidérurgistes sont réticents à passer au prix spot, notamment en Europe et en Chine, où ils estiment que la reprise de la demande d'acier est encore fragile.

Un responsable du ministère chinois de l'Industrie a réaffirmé mardi l'opposition de Pékin à un système de prix souples.

La Chine a commencé à acheter sur le marché spot quand les prix sont tombés sous la référence des contrats long terme avec la crise financière mais elle a insisté pour que les sociétés minières honorent leurs contrats quand les prix spot ont flambé.

Pour le directeur financier du deuxième sidérurgiste allemand Salzgitter Heinz-Jörg Fuhrmann, les groupes miniers semblent avoir remporté la manche mais il observe qu'on ne sait pas très bien comment le nouveau régime fonctionnera. "C'est mauvais pour les producteurs comme nous parce que cela retire une bonne part de fiabilité dans le marché", dit-il.

Un autre sidérurgiste allemand, ThyssenKrupp, est pareillement opposé au régime trimestriel. "Si nous changeons le système, il faudra penser à notre propre système", a dit un porte-parole, ajoutant toutefois que les discussions se poursuivaient avec les fournisseur.

Danielle Rouquié et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Gwénaëlle Barzic

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