L'Usine Santé

Vaccins : Marisol Touraine veut mettre les industriels face à leurs responsabilités

Astrid Gouzik ,

Publié le , mis à jour le 12/01/2016 À 16H38

La ministre de la Santé Marisol Touraine a présenté ce mardi 12 janvier, un plan d'action pour la rénovation de la politique vaccinale. Parmi les mesures annoncées, l'ouverture d'un grand débat public et une obligation pour les industriels de sécuriser l'approvisionnement pour les vaccins obligatoires.

"La diphtérie faisait 3 000 morts par an en France avant l’introduction du vaccin en 1945". Partant de ce constat, Marisol Touraine a plaidé la cause de la vaccination, ce mardi 12 janvier, lors de la présentation du plan d'action pour la rénovation de la politique vaccinale.

Une tentative de la ministre pour calmer la défiance grandissante de la population française à l'égard du vaccin. Une attitude paradoxale dans la patrie qui a vu naître le vaccin contre la rage développée par Louis Pasteur. Si la polémique n'est pas née avec la pétition de professeur Joyeux en mai dernier, elle a toutefois alimenté l'inquiétude des citoyens vis-à-vis de la vaccination.

C'est ce qui a poussé Marisol Touraine à déclencher cette opération de réassurance. Elle a identifié quatre axes de travail pour répondre à toutes les préoccupations et toutes les inquiétudes des citoyens. Elle propose d'abord d'assurer une meilleure information du grand public et des professionnels de santé. Ensuite elle affiche la volonté d'assurer une meilleure gouvernance de la politique vaccinale.

Plans de gestion des pénuries

La troisième orientation du plan proposé par la ministre, et certainement la plus notable, touche directement les industriels. Elle introduit une obligation pour les laboratoires produisant des vaccins inscrits au calendrier vaccinal de mettre en place des plans de gestion des pénuries. Car c'est bien ce défaut d'approvisionnement qui a cristallisé la colère des citoyens et provoqué la méfiance vis-à-vis des laboratoires.

En effet, dans le courant de l'année dernière, trouver un vaccin DTPolio (protégeant contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite) était mission quasi impossible pour les parents. Or cette vaccination est obligatoire en France. Il fallait donc acheter un vaccin protégeant aussi contre la coqueluche, certaines formes de méningite et l'hépatite B,  et donc vendu plus cher par les laboratoires. Ce que refusaient de nombreux parents qui dénonçaient du même coup une pénurie organisée par les fabricants.

Pour éviter qu'un tel épisode ne se reproduise, Marisol Touraine impose donc à ces industriels qu'ils constituent des stocks réservés au territoire national et qu'ils mettent en place de chaînes alternatives de fabrication des vaccins. Enfin ils devront identifier différentes sources d’approvisionnement en matières premières. Ces obligations sont assorties de sanctions en cas de non respect (mesure votée dans le cadre du projet de loi de modernisation de notre système de santé), promet la ministre. "Nous sommes aujourd’hui dans une situation préoccupante s’agissant de l’approvisionnement de certains vaccins essentiels (...) Il ne serait ni acceptable ni compris que les industriels ne garantissent pas l’approvisionnement des vaccins", a fermement dénoncé Marisol Touraine. 

LANCEMENT D'UN DÉBAT PUBLIC

Autre levier pour s'assurer de la disponibilité des vaccins obligatoires : simplifier les autorisations d’importation, notamment via l’harmonisation des conditionnements. La ministre de la Santé espère ainsi pousser les industriels à "assumer leurs responsabilités". Elle réunira, avant la fin du mois, les industriels ainsi que le comité vaccination du LEEM, pour qu’ils lui remettent des propositions pour empêcher toute rupture d’approvisionnement des vaccins inscrits dans le calendrier vaccinal.

Marisol Touraine a (enfin) officialisé le lancement d'un grand débat public sur la vaccination. Elle s'était prononcée en faveur d'une telle initiative en  juillet dernier. La concertation citoyenne sera organisée en trois temps tout au long de l’année 2016. Après avoir recueilli l’ensemble des contributions, le comité d’orientation formulera dès décembre 2016 des conclusions sur l’évolution de la politique vaccinale.

Astrid Gouzik

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