[Vaccin anti Covid-19] Le coup de poker de Valneva... et la réponse de la France

À contre-courant de la stratégie européenne, Valneva veut négocier son vaccin contre le Covid-19 directement avec les États. La France compte-t-elle ouvrir les discussions avec cette biotech franco-autrichienne ? Le ministère de l’Économie dévoile sa position à L’Usine Nouvelle.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

[Vaccin anti Covid-19] Le coup de poker de Valneva... et la réponse de la France

L’annonce risque d’attiser les débats sur la campagne de vaccination de l’Union européenne. Mardi 20 avril, faute d’accord avec la Commission européenne, Valneva a décidé de privilégier des négociations pays par pays pour fournir son candidat vaccin contre le Covid-19. Si le gouvernement français compte respecter l’approche européenne commune, il ne ferme pas la porte au laboratoire franco-autrichien.

« C’est une plateforme vaccinale que nous avions poussée au niveau de la Commission européenne », confie le ministère chargé de l’Industrie à L’Usine Nouvelle. Accusé de se désintéresser de cette société de biotechnologie implantée à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), le gouvernement s’était déjà expliqué en février. « Il est faux de dire que Valneva n’a pas eu de réponse de l’État français : nous avons eu des discussions nourries avec le laboratoire dès le 6 mai 2020. Mais Valneva a pris la décision d’avancer au Royaume-Uni, où il disposait par ailleurs de son unité de production », insistait la ministre déléguée Agnès Pannier-Runacher.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

"L'expérience AstraZeneca a laissé des traces"

Le gouvernement britannique a déjà commandé 100 millions de doses à Valneva. Côté Commission européenne, les négociations semblent maintenant au point mort. « Les discussions ont achoppé sur le sujet de la priorité que donne Valneva aux livraisons au Royaume-Uni », explique-t-on au sein du gouvernement français.

Valneva aurait proposé à la Commission européenne de négocier de bonne foi avec le gouvernement britannique pour assurer de front les deux contrats, de façon à pouvoir livrer des doses à l’Union européenne avant d’avoir complété la commande du Royaume-Uni. Mais cette garantie n’a visiblement pas suffi. « L’expérience AstraZeneca a laissé des traces », analyse-t-on au cabinet d’Agnès Pannier-Runacher. Les retards de livraisons du laboratoire anglo-suédois ont provoqué des tensions importantes entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. En mars, la Commission européenne avait durci ses règles sur les exportations de vaccins, reprochant au Royaume-Uni un manque de réciprocité.

A LIRE AUSSI

Aucun impact sur la campagne française de vaccination

Dans son communiqué, Valneva dit vouloir concentrer ses efforts « vers des États membres de l’Union européenne ». Pour l’instant, le gouvernement français souhaite s’en tenir à l’approche européenne commune. « Ceci étant dit, nous n’allons pas non plus fermer la porte à ce vaccin », ajoute le ministère chargé de l’Industrie. « Nous pourrons voir à l’avenir s’il pourrait y avoir des besoins. En tout cas, notre position qui a toujours été constante est de privilégier une approche commune au niveau européen », explique le gouvernement. « Nous continuons à penser que cette technologie éprouvée depuis longtemps peut être complémentaire des autres vaccins qui constituent notre portefeuille », estime-t-il. Valneva représente effectivement le seul acteur européen à développer un vaccin inactivé et adjuvanté.

A LIRE AUSSI

En janvier, la Commission européenne avait dénoncé les accords parallèles conclus en marge de ses achats groupés par certains pays membres, qui se sont notamment tournés vers le vaccin russe Spoutnik-V. « Il y a un engagement des États entre eux. À partir du moment où on a mis un vaccin dans le portefeuille européen, on ne va pas aller faire des discussions bilatérales derrière le dos des autres États. Mais à partir du moment où il n’y a pas de discussions entre tel vaccin et la Commission européenne, chaque État garde la main en théorie », explique-t-on au gouvernement français.

Le gouvernement se veut également rassurant sur l’absence d’accord entre Valneva et la Commission européenne. « C’est une décision qui n’a aucun effet sur notre stratégie vaccinale », indique-t-il. Que ce soit au Royaume-Uni ou ailleurs, le déploiement du vaccin de Valneva n’est pas attendu avant fin 2021.

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
SUR LE MÊME SUJET
NEWSLETTER Santé
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS