Uranim : Areva victime d’une escroquerie selon un audit

Un ensemble d’indices sérieux et concordants démontrerait que le groupe nucléaire français s’est fait avoir lors du rachat de l’entreprise de gisements d’uranium pour 2,5 milliards d’euros.

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Uranim : Areva victime d’une escroquerie selon un audit

Selon le Parisien du 12 janvier, un audit réalisé en 2010 par le groupe avance l’existence d’un soupçon de délit d’initié avec des opérateurs ayant connaissance très tôt de la future OPA lancée en 2007 sur Uramin. Le rapport, réalisé sous l'ère d'Anne Lauvergeon, a été commandité selon l'auditeur par la Direction de la protection du patrimoine d'Areva, "qui a reçu une demande interne".

"Il y a un faisceau d'indices sérieux et concordants qui démontrent qu'Areva a été victime d'une escroquerie", selon la conclusion du rapport de Marc Eichinger, dirigeant de la société de conseil Apic, interrogé par le quotidien dans son édition de vendredi.

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En 2007, Areva a mis la main sur Uramin, une société canadienne détenant trois gisements d’uranium en Namibie, en Centrafrique et en Afrique du Sud. Avec pour objectif de doubler sa production d’ici à 2010. L’entreprise française paye alors 1,8 milliard d’euros pour cette acquisition. Il faut dire qu’à cette époque, Uramin compte produire 20 millions de livres d’uranium d’ici à 2012. Et Six mois avant cette opération, son cours de Bourse avait été multiplié par six.

A l’époque, le groupe nucléaire français n’aurait évalué les réserves minières d’Uranim qu’à partir des documents d’une société SRK rémunérée par le vendeur. Areva n’aurait donc envoyé aucune équipe sur place ni demandé d’étude, selon l’audit.

Or, quatre ans plus tard, les capacités de production ne sont finalement pas au rendez-vous. Le groupe français doit notamment faire face à l’effondrement du cours moyen de l’uranium. Si bien qu’en décembre dernier, le groupe nucléaire doit passer une provision de 1,46 million d’euros pour sa filiale. Et Uramin ne vaut alors plus que 20% de sa valeur d’acquisition.

Bilan sombre pour Anne Lauvergeon

Selon Marc Eichinger, d’autres éléments semblent troubles dans le dossier. Notamment, le dirigeant de la division minière d’Areva à l’époque, Daniel Wouters, était aussi responsable d’une société d’exploration minière en Afrique, Swala Resources. A cela s’ajoute le fait qu’Areva aurait publié des informations mensongères après l’acquisition de l’entreprise jusqu’au moment où il n’était plus possible de les cacher.

Cette opération a entaché la présidence d'Anne Lauvergeon à la tête d'Areva. Le 12 janvier, un porte-parole d'Areva reconnaissait que les indemnités de départ de l'ex-patronne ne lui avaient pas été versées du fait de cette affaire. Une déclaration qu'a contredit dans la même journée le groupe, en expliquant que le conseil de surveillance n'avait jamais décidé de bloquer ce versement jusqu'à la conclusion de l'affaire Uramin. "Le conseil de surveillance a donné son accord à l'unanimité, après qu'ont été suivies les procédures régulières de prise de décision en cette matière", rappelle le groupe.

Areva a formé le mois dernier un comité interne composé de trois administrateurs indépendants, chargé de rendre d'ici fin février un rapport sur les conditions d'acquisitions d'Uramin.

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