Union européenne : Et si l'Europe industrielle se jouait à seize?

Candidats à l'entrée dans l'Union européenne, Suède, Norvège, Finlande et Autriche s'efforcent d'obtenir le maximum de concessions. Au coeur des débats: les problèmes agricoles, et des contentieux industriels.

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Union européenne

Et si l'Europe industrielle se jouait à seize?

Candidats à l'entrée dans l'Union européenne, Suède, Norvège, Finlande et Autriche s'efforcent d'obtenir le maximum de concessions. Au coeur des débats: les problèmes agricoles, et des contentieux industriels.

A la veille de la date butoir du 1er mars, les négociations entre les Douze et les pays qui souhaitent adhérer à l'Union européenne (Suède, Norvège, Finlande, Autriche) se sont durcies. Face aux revendications des candidats, l'Allemagne et la Grande-Bretagne étaient prêtes à de larges concessions; la France et l'Espagne prêchaient la fermeté. "Oui à l'adhésion, mais dans le strict respect des règles communautaires", telle était la position de Paris. L'agriculture est la principale pierre d'achoppement des négociations, car ces pays subventionnent leurs productions bien au-delà de ce qui est prévu dans la politique agricole commune. De plus, la Norvège veut limiter l'accès des pêcheurs européens à ses eaux territoriales, mais bénéficier du marché unique pour ses exportations de poisson. Les dossiers industriels sont moins brûlants. La constitution de l'Espace économique européen (entre CEE et AELE) a déjà amené les quatre pays à prendre des engagements en matière de libre circulation des marchandises et de concurrence. L'Autriche a renoncé à ses droits de douane élevés, la Norvège a abrogé la loi qui limitait les prises de participation étrangères, la Suède a mis en place une nouvelle législation sur la concurrence. Officiellement, l'un des rares problèmes abordés a été celui de l'exploration pétrolière sur le plateau continental norvégien. Il a été résolu, les Douze ayant associé la Norvège à la directive sur la recherche et l'exploitation des hydrocarbures.

Des difficultés sur l'armement et le papier

Un certain nombre de contentieux industriels pèsent toutefois sur les négociations. La France a dans son collimateur la Suède pour les problèmes d'armement (la vente de chars Leclerc se heurte à la concurrence de General Dynamics). Et la Finlande pour la concurrence excessive qu'elle exerce, grâce à la forte dévaluation de sa monnaie, dans les chantiers navals et l'industrie du bois-papier. La période est-elle propice à l'élargissement de la CEE? Les pays scandinaves (hormis la Norvège) et l'Autriche, en récession en 1993, n'apporteront pas une contribution positive à la croissance communautaire. Leurs opinions publiques, d'autre part, marquent leur réticence à l'adhésion. Les industriels de ces pays, en revanche, misent sur le marché unique. Les suédois notamment poussent leur offensive: Asea, devenu leader de la construction électrique en s'alliant au suisse Brown Boveri, marque une nouvelle étape dans son expansion avec l'achat de Renault Automation. Atlas Copco (mécanique) a repris fin 1993 l'activité compresseurs d'Indresco, dans l'Oise. Reste à savoir si les industriels français, sur les traces d'Air liquide ou de Saint-Gobain, réussiront aussi bien à s'implanter sur les marchés nordiques. Et si l'Europe industrielle à seize est viable. Si les quatre candidats entrent dans l'Union européenne, un dossier attend Bruxelles: renégocier avec le Japon les quotas de l'automobile.





Suède

Investissements 1986-1991 dans la CEE: 149,4milliards de francs.

Solde commercial avec la CEE: +21,9milliards de francs.

Principales exportations: électromécanique, papier, carton, automobiles.

Dix firmes dans les trois cents premiers groupes industriels européens: ABB, helvetico-suédois, (construction électrique), 156,6 milliards de francs ; Volvo (automobile), 78,9milliards; Electrolux (électroménager), 74,3milliards; Ericsson (télécoms), 44,4milliards ; Stora (papier), 43,5milliards; Svenska Cellulosa (papier), 37,5milliards; SKF (biens d'équipement), 24,7milliards; Trelleborg (biens d'équipement), 22milliards ; Nobel (chimie), 20milliards ; Sandvik (métallurgie), 16,4 milliards.



Norvège



Investissements 1986-1991 dans la CEE: 32,6 milliards de francs.

Solde commercial avec la CEE: + 22,9milliards de francs.

Principales exportations: papier, carton, bois, électromécanique.

Cinq firmes dans les trois cents premiers groupes industriels européens: Neste (pétrole), 68 milliards de francs; Repola (papier), 28,4milliards; Nokia (construction électrique), 22,2milliards; Outokumpu (métaux, acier), 18,1milliards; Kymmene (papier), 16,2milliards.



Finlande



Investissements 1986-1991 dans la CEE: 22,8 milliards de francs.

Solde commercial avec la CEE: +50,4milliards de francs.

Principales exportations: pétrole, pêche, aluminium.

Cinq firmes dans les trois cents premiers groupes industriels européens: Statoil (pétrole), 67,9 milliards de francs ; Norsk Hydro (chimie, énergie), 51,7milliards ; Kvaerner (construction navale), 17,6milliards ; Aker (matériaux de construction), 15,1milliards ; Orkla (agro-alimentaire), 14,5milliards.



Autriche



Investissements 1986-1991 dans la CEE: 11,9 milliards de francs.

Solde commercial avec la CEE: - 45,1milliards de francs.

Principales exportations: électromécanique, électronique.

Deux firmes dans les trois cents premiers groupes industriels européens: Austrian Industries (sidérurgie), 46,8 milliards de francs ; OMV (pétrole), 32,3milliards.

USINE NOUVELLE - N°2446 -

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