Unilever résiste en Bourse malgré le revirement de Kraft

par Kate Holton et Pamela Barbaglia

LONDRES (Reuters) - L'abandon rapide par Kraft Heinz de son offre surprise de rachat d'Unilever pour 143 milliards de dollars (134,6 milliards d'euros) face à la résistance du groupe anglo-néerlandais mais aussi des responsables politiques en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas fait chuter lundi le cours de Bourse du géant des produits de grande consommation.

Les analystes de Macquarie pensent cependant que le titre Unilever ne devrait pas effacer l'intégralité des gains accumulés après l'approche inattendue du groupe agroalimentaire américain vendredi.

Malgré un recul de près de 7% ce lundi, le titre Unilever continue ainsi d'afficher un gain de plus de 5%, aussi bien à Londres qu'à Amsterdam, depuis l'offre de Kraft Heinz.

L'action a clôturé à 3.527,13 pence à Londres, en repli de 6,59% sur la séance, après avoir reculé en séance jusqu'à 3.454.

"Le titre Unilever continue de se comporter remarquablement bien car j'imagine que l'argument selon lequel cette action reste bon marché par rapport aux coûts d'emprunt reste valable", a dit à Reuters l'un des 20 principaux actionnaires d'Unilever.

"Un rachat à un stade ultérieur me paraît improbable car Unilever va élever des défenses et renforcer son attention sur la rentabilité", a-t-il ajouté.

Kraft Heinz, contrôlé par Berkshire Hathaway, la holding de l'investisseur multimilliardaire Warren Buffett, et le groupe de capital-investissement 3G Capital, souhaitait racheter Unilever dans le cadre de sa stratégie visant à devenir un géant mondial de la grande consommation via des acquisitions et des réductions de coûts.

Le groupe américain n'avait toutefois pas anticipé la vive résistance que lui a opposée le directeur général d'Unilever, Paul Polman, qui a dit ne voir aucun intérêt financier ni stratégique à un tel mariage ni même à des discussions.

Les autorités britanniques ont aussi rapidement laissé transparaître leurs réticences face à ce qui aurait été la plus importante acquisition d'une entreprise basée au Royaume-Uni, ont dit des sources proches du dossier.

La Première ministre britannique, Theresa May, avait auparavant prévenu qu'elle se montrerait plus vigilante face aux tentatives étrangères de mettre la main sur des entreprises britanniques. Elle avait cité le rachat d'un autre fleuron britannique, Cadbury, par Kraft en 2010 comme un exemple de transaction qui aurait dû être bloquée.

Le porte-parole de Theresa May a toutefois démenti une information du Financial Times selon laquelle elle avait demandé au gouvernement d'examiner l'opération en vue d'une possible intervention de sa part.

"C'est à Kraft de répondre aux questions sur le retrait de sa proposition. Le N°10 (Downing Street) n'a pas été impliqué", a-t-il dit à la presse.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, lui-même ancien salarié d'Unilever, avait pour sa part déclaré qu'il étudierait les conséquences d'une telle transaction pour les Pays-Bas, aussi bien sur le plan "positif que négatif".

Au-delà des aspects financiers et politiques et des différences dans les cultures d'entreprise, Unilever craignait qu'une fusion avec Kraft Heinz menace la valeur de ses marques et fragilise son développement sur les marchés émergents, lequel nécessite des investissements, disent des proches du groupe.

"Cela aurait été de toutes façons compliqué de convaincre les actionnaires de renoncer à leur emprise sur Unilever, étant donné les anticipations qui voient l'entreprise continuer de dégager une croissance solide dans les années à venir", dit George Salmon, analyste des marchés actions chez Hargreaves Lansdown.

(Avec Anthony Deutsch à Amsterdam et Simon Jessop à Londres; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Véronique Tison)

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