UNILEVER ET BSN SE PARTAGENT ORTIZ MIKO

Agro-alimentaire

UNILEVER ET BSN SE PARTAGENT ORTIZ MIKO

Ménage à trois dans glaces et surgelés

La concentration se poursuit dans l'agro-alimentaire. Ortiz Miko perd son indépendance.Unilever, qui le rachète, conforte sa place de leader de la crème glacée en France.Et, BSN, qui reprend Vivagel, se renforce dans les surgelés.



Unilever, Nestlé, BSN. Si la Commission européenne donne son feu vert à la vente d'Ortiz Miko (5milliards de francs de chiffre d'affaires, dont 700millions pour Vivagel) à Unilever et à BSN, la suprématie de ces trois industriels dans l'industrie des crèmes glacées et des surgelés sera consacrée. Le groupe anglo-néerlandais Unilever s'apprête à contrôler 37% du marché des glaces sous forme de bacs en grandes surfaces, face au suisse Nestlé (17%). Derrière eux, quelques PME spécialisées dans les bâtonnets et les produits sous marque distributeur. Beaucoup plus atomisé, le métier des produits surgelés n'en subit pas moins le leadership de Nestlé-Findus (16% du marché), devant BSN (qui récupérera les 5,4% de part de marché de Vivagel), le groupe Saint Louis (4%) et Unilever (2,4% du marché global, mais 11% des poissons surgelés). Ils devancent une poussière d'entreprises..., dont certaines passent sous leur contrôle. Tel est le cas de Menissez SA, une entreprise familiale de Maubeuge qui vient de céder sa production de pâtisserie-viennoiserie surgelée à Unilever. Cette concentration s'observe tout autant en Europe qu'en France. Tandis qu'Italgel était racheté par Nestlé, l'un des principaux producteurs de légumes surgelés hongrois passait dans le giron d'Unilever. BSN, lui, est numéro 1 en Espagne avec la Cocinera, et l'un des grands intervenants en Grande-Bretagne et en Allemagne. Inexistant sur le marché des crèmes glacées, il se prépare toutefois à lancer toute une gamme de produits en association avec... Unilever (voir encadré ). Des opérations motivées par les gigantesques coûts de mise sur le marché des produits. Coûts marketing, avec des campagnes de publicité qui doivent atteindre plusieurs dizaines de millions de francs rien que pour une gamme de produits. Mais coûts industriels aussi. A Argentan, où se trouve sa principale usine française de crèmes glacées (65millions de litres produits, auxquels s'ajoutent 4000 tonnes de quiches et de crêpes surgelées), Unilever a investi plus de 225millions de francs ces cinq dernières années. Des investissements qu'il faut pouvoir amortir en dépit des aléas climatiques, qui, comme ce fut le cas l'été dernier, pèsent sur les ventes de glaces. C'est, entre autres, la raison qui aurait poussé la famille Ortiz à vendre son groupe. En même temps, l'effet de masse permet aux mastodontes de profiter de conditions d'achat exceptionnelles. Unilever parvient à négocier en bloc ses besoins en lait (8 à 10% du coût moyen d'une glace, sortie usine) pour les glaces et pour sa filiale fromagère Boursin. Pour le beurre destiné à ses pâtisseries, une coordination européenne des achats aurait permis de faire baisser les prix de 7 à 8%. Les contraintes de production et de marketing sont trop fortes pour que la concentration s'arrête en si bon chemin.





Yolka sur les linéaires en avril

C'est en avril que Yolka, la nouvelle crème glacée au yaourt, fruit d'une alliance entre BSN et Unilever, sera en vente dans les grandes surfaces. Produite dans l'usine d'Argentan d'Unilever avec des yaourts de Seclin (BSN), elle devrait faire l'objet d'une campagne de publicité à la télévision coûtant entre 10 et 20millions de francs. Déjà en vente aux Etats-Unis, où il a pris environ 15% du marché des glaces, le nouveau produit contiendra plus de yaourt. Ce qui d'ailleurs aurait posé des problèmes techniques d'acidité et conduit BSN à une active recherche sur les ferments utilisés.

USINE NOUVELLE - N°2438 -

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