UNIFILL INTERNATIONALMARIAGE DE RAISON ENTRE LE PLASTIQUE ET LE CARTONElopak et Unifill font cause commune. Du coup, le premier fait son entrée dans les emballages en plastique, et le second accède à un réseau de distribution mondial pour la vente de ses machines de thermoformage.

Partager

UNIFILL INTERNATIONAL

MARIAGE DE RAISON ENTRE LE PLASTIQUE ET LE CARTON

Elopak et Unifill font cause commune. Du coup, le premier fait son entrée dans les emballages en plastique, et le second accède à un réseau de distribution mondial pour la vente de ses machines de thermoformage.



Trêve dans la guerre qui oppose le plastique au carton! Début mai, Elopak, le fabricant norvégien d'emballages en carton pour les liquides alimentaires, a signé un joint-venture avec l'entreprise italienne Unifill, qui fabrique des machines de thermoformage utilisées dans les industries pharmaceutique, de la cosmétique et de l'agro-alimentaire. De cette association, qui sera opérationnelle à l'automne, naîtra dans quelques semaines Unifill International AG. Elopak deviendra alors le distributeur international exclusif des machines de l'entreprise transalpine. Et, surtout, elle distribuera la dernière génération de machines mises au point en Italie l'an passé,soit deux thermoformeuses-remplisseuses pour le conditionnement de liquides dans des contenants de 1 et 2litres et une autre pour l'emballage des produits alimentaires solides. Guy Demarolles, directeur général d'Elopak France,avance : "Nous nous considérons plus comme des fabricants d'emballages que comme des vendeurs de carton."L'alliance italo-norvégienne, jugée contre nature il y a encore peu de temps, profite aux deux ex-adversaires. Filiale du groupe agro-alimentaire Bartoli, Unifill, implantée près de Bologne, est une PME de l'emballage. L'an passé, elle a réalisé environ 70millions de francs de chiffre d'affaires et emploie une cinquantaine de salariés. Certes, 60% du chiffre d'affaires d'Unifill est réalisé à l'export. Mais si ses machines se vendent en Europe, au Canada, au Brésil ou en Chine, elle ne dispose à l'étranger - en France- que d'une filiale d'une dizaine de personnes. Le rapprochement avec Elopak lui donne un sérieux coup de pouce. La production annuelle de machines de thermoformage-remplissage passera de vingt à quarante dès cette année, puis à une centaine. La firme norvégienne lui ouvre les portes des marchés d'une trentaine de pays, ainsi que celles de son unité de production d'emballages en carton aux Etats-Unis, qui pourra servir de base à la fabrication de machines. Comme Tetra Pak dans la brique en carton, Unifill développera alors une stratégie de distribution sous licence de ses machines en mettant en place un système de location et de maintenance de ses équipements. De son côté, Elopak, en se dotant d'une branche "plastique", gagne sur deux tableaux. D'une part, le David de l'emballage en carton se dote d'une nouvelle arme pour s'attaquer à Tetra Pak, le Goliath du secteur. Les machines italiennes permettent ainsi à la firme norvégienne de lancer des bouteilles de lait ou de jus de fruits en PVC, en poléthylène (PE) ou en PET aux formes diversifiées. Un atout qui se double d'un avantage économique. Les machines transalpines devraient produire des bouteilles dont le coût unitaire de fabrication serait inférieur de 30% à celui des emballages en carton. Soit 65centimes pour une bouteille en polypropylène thermoformée, contre 90centimes pour une brique. D'autre part, Elopak enrichit son offre sur son nouveau créneau d'activité. Depuis cinq ans, la firme se diversifie dans les produits d'entretien. Elle fabrique ainsi les éco-recharges en carton de Soupline, Minidoux, etc. Un secteur naissant pour le groupe norvégien, puisque 90% des 3milliards de francs de chiffre d'affaires réalisés par la firme en 1994 proviennent de la vente d'emballages en carton. Or ses clients de stature internationale, tels que MD Food dans le lait ou Unilever et Procter dans les produits d'entretien, réclament des contenants dans des matériaux différents. Elopak se doit donc d'étoffer son offre. Unifill lui sera d'un grand secours, car les machines de la PME italienne produisent des emballages thermoformés pour Johnson, L'Oréal, Lever, Migros ou Bongrain. De plus, les deux entreprises en ont profité pour rapprocher leurs bureaux d'études, qui planchent déjà de concert sur une machine

de conditionnement stérile, des ampoules buvables en plastique (PVDC ou PEHD) et un emballage pour l'alimentaire (lait, fromage) composé de polypropylène fortement chargé de matières inertes, tel le plâtre. "Nous n'abandonnons pas le carton pour le plastique, mais nous ajoutons un matériau à notre panoplie", conclut Guy Demarolles.Jean-Michel Meyer



Deux procédés cousins

Comme pour les emballages en carton destinés aux liquides, les bouteilles en plastique produites sur les machines d'Unifill sont formées, remplies et soudées sur une seule machine. "Nous avons cherché pendant longtemps un système de conditionnement proche de notre concept", explique Erik Akre, directeur de la communication d'Elopak. Le principe : deux bobines de film (PVC, PE, etc.) qui sont scellées, puis thermoformées pour donner le volume requis au contenant (double-coque, monodose, bouteille...). Les emballages gagnent alors unitairement la station de remplissage et de scellage de l'ouverture. Avec cette technique, les bouteilles sont thermoformées en deux parties jumelles, qui sont ensuite scellées !

USINE NOUVELLE N°2506

Partager

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS