Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Aéro

Une usine à systèmes pour préparer l’avenir

, ,

Publié le

Convaincus que les besoins technologiques des systèmes de pilotage et de supervision dans l’aéronautique, le spatial et le naval peuvent mobiliser des solutions similaires, les acteurs de la région collaborent au projet Systems Factory.

Une usine à systèmes pour préparer l’avenir
Le centre d’ingénierie DCNS, qui conçoit des systèmes de traitement de l’information, est implanté au sein du Technopôle de la Mer de La Seyne-sur-Mer.

C’est l’un des projets clés de la filière aéronautique-spatial-défense en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le Technopôle de la Mer, porté par la communauté d’agglo­mération Toulon Provence Méditerranée, prend forme sur 32 hectares entre Ollioules et la base de Brégaillon à La Seyne-sur-Mer, où est implanté, entre autres, l’Ifremer. En janvier, un millier d’ingénieurs et techniciens de DCNS ont pris possession à Ollioules d’un bâtiment de 30 000 m2, où ils conçoivent, développent et intègrent des systèmes de traitement de l’information aptes à gérer tout type de missions et de combats sur des navires. Le premier employeur du Var, avec 3 300 salariés à Toulon, Ollioules et Saint-Tropez, l’a imaginé pour répondre aux attentes de la Marine nationale (frégates multimissions Fremm, sous-marins Barracuda…). Il entend faire de ce centre d’ingénierie une vitrine internationale de son expertise. Juste à côté, Altarea Cogedim et Icade ont inauguré les premiers espaces de leur programme de 50 000 m2 de bureaux, commerces et services, baptisé Seaty Campus, pour des entreprises, des laboratoires de recherche, un accélérateur et une pépinière d’entreprises…

Ce pôle technologique va devenir le socle d’un projet régional à vocation plus large, Systems Factory. Les pôles de compétitivité Mer et Safe, ainsi que l’Agence régionale pour l’innovation et l’internationalisation des entreprises (Arii Paca) travaillent à étendre son impact bien au-delà du monde de la défense, qui compte tout de même pour près de 35 000 emplois civils, 45 000 emplois militaires et plus de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur le territoire. « Les besoins de technologies de pilotage, de supervision, de surveillance, d’intervention, d’e-navigation, de simulation, d’interface homme-machine, de gestion de situations complexes ou de maintenance intégrée concernent le naval, l’aéronautique, le spatial et l’énergie, indique Grégory Varagnol, chef de projet de l’Arii Paca. Favoriser les interactions entre ces industries les aidera à gagner du temps et de l’argent dans la mise au point d’innovations ciblées sur des usages et marchés. C’est l’objectif de Systems Factory, lancé à l’automne. »

Deux plates-formes collaboratives sont envisagées. L’une sur l’agglomération toulonnaise, le SeaLab innovation center, plutôt dédiée au naval. L’autre, AirLab Network, consacrée aux solutions aériennes et répartie entre les Bouches-du-Rhône (autour de la base aérienne de Salon-de-Provence), le Vaucluse (autour de l’ancien pôle de compétitivité aéronautique Pegase PACA, à Avignon) et le Var (autour du centre d’essais de drones Ceema, à Pourrières).

Une place de marché de solutions pour la défense

Associant DCNS, EDF, Thales, CS, Cnim, Eurogiciel, SII et de nombreuses PME (Sofresud, Prolexia, Subsea Tech, Semantic, Searis, Extrem’Vision, Nexvision…), le SeaLab devrait voir le jour en mars 2017. « Start-up et PME ont beaucoup de mal à diversifier leur clientèle et à vendre leurs technologies à l’export. Après un inventaire des briques technologiques proposées dans la région, le SeaLab fonctionnera comme une place de marché géante de solutions pour la défense et la surveillance environnementale, explique Stéphane Claisse, le directeur adjoint du pôle Mer Méditerranée. Il aidera à leur intégration dans des systèmes plus globaux. Le site d’Ollioules couvrira les aspects numériques, par exemple pour créer les algorithmes de fusion de données entre un radar et une caméra ; celui de Brégaillon, avec accès direct à la mer, servira aux essais opérationnels des innovations. » Le pôle Mer Méditerranée et une antenne du pôle Safe s’installeront en octobre au sein du Seaty Campus.

Issu de la fusion, fin 2015, des pôles Pegase et Risques, le cluster Safe prend ses marques sur la thématique de la sécurité globale. « Provence-Alpes-Côte d’Azur est exposé à des risques de tous ordres, souligne Michel Fiat, son président, par ailleurs vice-président opérations de Thales Alenia Space, à Cannes. Retenu par la région comme opération d’intérêt régional, Systems Factory se pose en architecte et ensemblier de solutions ; le pôle Mer sur les applications navales ; Safe sur les vecteurs aériens, avec l’ambition de traiter la sécurité dans un continuum plus cohérent entre les offres pour les forces armées et celles pour la sécurité civile ou la gestion préventive des risques. L’approche est unique sur le plan national, mais la demande des clients est forte. » Cette usine à systèmes se déploiera en complémentarité avec un autre projet régional à vocation interfilière. Le projet Henri-Fabre combine mécanique, procédés et matériaux du futur pour l’aérospatial, l’énergie, le naval et le médical, qui partagent eux aussi des problématiques sur ces domaines. 

Nexvision équipera les forces spéciales

Baptisé Extrem Owl, le système de vision de nuit pour casque de pilote d’hélicoptère aide à lutter contre des incendies de forêt. Nexvision a, d’ores et déjà, présenté sa future déclinaison NVS-11 pour les forces spéciales lors de missions en nuit noire (Otan niveau 5). Conceptrice de systèmes de vision complexes, la PME marseillaise (2,8 millions d’euros de chiffre d’affaires, 42 salariés) veut apporter avec NVS-11 une alternative aux jumelles vision nocturne (JVN). Le champ de vision est plus large, l’affichage se fait en réalité augmentée, une plate-forme embarquée de traitement et d’analyse d’images permet de détecter des formes humaines, et l’incrustation de symboles aide à déterminer, par exemple, si la présence repérée est amie ou ennemie. Des technologies qui s’appuient sur la nouvelle génération de capteurs EBCMOS et sur un partenariat avec Nvidia. 

Des pièces stratégiques imprimées chez Poly-Shape

Le 4 juin, le drone furtif de combat européen nEUROn fabriqué par Dassault Aviation a effectué à Istres (Bouches-du-Rhône) son premier vol en public. Dès ses débuts dans l’impression 3D, Poly-Shape a contribué à ce projet. Créée en 2007 par Stéphane Abed dans l’Essonne où elle détient toujours une unité, la PME de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), filiale du groupe Upperside, compte aujourd’hui 30 machines, dont 24 pour la fabrication additive métal et 6 pour le plastique. « C’est le plus grand parc en Europe », affirme son dirigeant. Elle emploie 62 collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 5,5 millions d’euros en 2015. Elle a entamé une expansion en Espagne et en Italie et souhaite la poursuivre dans le reste de l’Europe avec de petits centres de production proches des clients. L’aéronautique-spatial-défense pèse 40 % dans son activité, avec des références comme Airbus Helicopters, Safran, Dassault, Thales Alenia Space, le Cnes et Lisi Aerospace, avec lequel elle a signé un accord pour créer une filiale commune en Aquitaine. 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle