Une transition énergétique raisonnable pour ne pas grever la compétitivité

Lors du forum Energie 2012 de Paris Dauphine, plusieurs économistes ont appelé à une transition énergétique qui repose sur une analyse cartésienne des filières énergétiques sous peine de grever la croissance et la compétitivité.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Une transition énergétique raisonnable pour ne pas grever la compétitivité

"La transition énergétique menace-t-elle la croissance avec une énergie plus chère qui grèverait la compétitivité ? Ou est-elle une promesse pour la croissance ?", a demandé, mardi 12 décembre, le PDG de GDF Suez Gérard Mestrallet, en ouverture du Forum Energie 2012 de Paris Dauphine. La question se pose depuis l’ouverture du grand débat national sur la transition, le 29 novembre. Gérard Mestrallet donne ses pistes pour aller dans le bon sens : "Ne pas laisser de dette écologique, donner un vrai prix à l’énergie, concilier vision stratégique et flexibilité."

Jean-Hervé Lorenzi, Président du cercle des économistes appuie dans le même sens : "La transition n’est pas forcément lié à un nouveau modèle de croissance." Jean-Hervé Lorenzi dénonce les chiffres "fantasmagoriques" des scénarios en cours. Le professeur de Paris Dauphine rappelle ce chiffre de l’UFE (Union Française de l’électricité) qui a calculé qu’un abaissement de 75 à 50 % du nucléaire dans le mix électrique couterait 590 milliards d’euros d’ici 2030. Un chiffre "qui ne veut rien dire" et qui ne représente en réalité qu’une goutte d’eau dans le PIB sur vingt ans. Jean-Hervé Lorenzi appelle à plus de rationalité. Par ailleurs, il estime qu’aux Etats-Unis l’émergence des gaz de schiste montre que l’énergie est une clé des politiques de réindustrialisation. Un espoir que Delphine Batho, ministre de l’Energie douchera quelques minutes plus tard en affirmant que la transition ne peut pas autoriser l’utilisation d’énergie carbonée…

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Pierre-Marie Abadie, directeur de l’énergie au ministère de l’Ecologie, appuie ce désir de rationalité et de cartésianisme. Loin du dogmatisme, il considère que les énergies doivent être définies par filière afin de préciser leur performance économique, environnementale et leur chaîne de valeur. Ainsi, l’éolien offshore, avec ses 3 000 heures de fonctionnement annuel et la création d’une industrie localisée au plus près des champs en mer, semble être à privilégier sur le photovoltaïque qui est pour l’heure moins mature. Il met en garde contre une politique keynésienne qui consisterait à simplement investir de l’argent pour favoriser une filière, sans prendre en compte ses qualités et défauts.

Guillaume Sainteny, directeur de la chaire développement durable à l’Ecole Polytechnique, dénonce, lui, une fiscalité énergétique qui ne permet pas la transition. "Elle est trop basse. Elle rapporte 28 milliards d’euros par an. La France ne se situe qu’au 24e rang européen." Pire, cette fiscalité a même diminué entre 1997 et 2008. Elle rapporte 2,3 milliards en moins en euros constants. Guillaume Sainteny déplore les blocages des prix qui n’envoient pas de bons signaux aux consommateurs. Jean-Marie Chevalier, économiste de l’énergie à Paris Dauphine confirme : "En France les prix ont été bloqué de façon inconséquente !".

Ludovic Dupin

Partager

PARCOURIR LE DOSSIER
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS