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L'usine Agro

Une terre aux produits d'exception

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Les emplois sont tirés par le vin et la transformation de la viande et du lait. Des produits de qualité, fabriqués par des PME familiales.

Une terre aux produits d'exception
Chaque année, il s’écoule en moyenne 160?000 meules de comté. Avec 150 fruitières, cette activité génère 7?600 emplois directs.

Bourgogne-Franche-Comté occupe une place de choix sur la carte de France de l’agroalimentaire, avec des produits et spécialités exportés dans le monde entier. En Bourgogne, ce n’est pas la moutarde ou le pain d’épices qui font gonfler les emplois de la filière. L’Association régionale des industries alimentaires recense quelque 324 entreprises et 11 400 emplois, pour un chiffre d’affaires global de 2,9 milliards d’euros. « Les activités de transformation de la viande et des produits laitiers sont les plus représentées, détaille Cécile Dechelotte, déléguée générale de l’association. Mais l’activité vin est importante. » Qui n’a jamais bu un verre de chardonnay ? Le cépage le plus répandu dans la région remplit plus d’une bouteille de Bourgogne sur deux. Il tient un rôle important dans les 45 200 emplois générés, directement ou indirectement, par le vin. Véritables moteurs de l’agroalimentaire régional, les 3 900 domaines, les 300 maisons de négoce et les 17 caves coopératives donnent à la Bourgogne « une image gastronomique », souligne Cécile Dechelotte.

Pourtant, le plus grand pourvoyeur d’emplois de la région n’a rien d’un restaurant trois étoiles. LDC Bourgogne emploie 800 personnes à Branges (Saône-et-Loire). Malgré sa taille, le spécialiste de la volaille reste beaucoup moins connu que l’usine Amora-Maille de Chevigny-Saint-Sauveur (Côte-d’Or) et ses 215 salariés. Mais cela n’empêche pas l’entreprise de se développer. Entre 2014 et 2016, elle a investi pas loin de 13 millions d’euros pour améliorer ses outils de transformation. L’objectif était de gagner en rendement matière afin d’afficher le moins de pertes possibles sur ses volailles. LDC Bourgogne se donne désormais jusqu’à 2019 pour atteindre les 600 000 poules abattues par semaine, contre 350 000 aujourd’hui. Un défi qui passera par le remplacement des lignes de production de l’usine.

Cinq AOC-AOP fromagères

Si l’emploi n’est pas un critère de popularité, il est néanmoins un enjeu majeur pour Vitagora. Depuis sa création en 2005, le plus grand pôle de compétitivité goût-nutrition-santé de France a donné un coup de fouet au secteur. « Il crée des instances de dialogue et facilite l’échange interentreprises, explique Cécile Dechelotte. L’érosion des effectifs et la fuite des entreprises ont été endiguées depuis sa mise en place. » Vitagora, qui intervient en Bourgogne, en Franche-Comté et en Ile-de-France, encourage également la création de start-up liées de près ou de loin à l’agroalimentaire.

D’autres initiatives mettent en avant les richesses agroalimentaires bourguignonnes. C’est le cas de Vive la Bourgogne. Depuis plus de dix ans, cette association, présidée par le dirigeant de la moutarde Fallot, Marc Désarménien, regroupe des petites structures axées sur le haut de gamme. « Nous mettons nos moyens en commun pour promouvoir nos produits et leur commercialisation », précise-t-il. Qu’elles soient dans l’épicerie salée ou sucrée, le fromage ou le vin, les PME membres de l’association participent à la renommée de la Bourgogne. Et au rayonnement de ses grandes spécialités locales en France, mais aussi à l’étranger.

En Franche-Comté, impossible de ne pas penser d’abord… au comté ! La production de ce fromage au lait cru à pâte pressée cuite, qui bénéficia dès 1958 d’une des premières AOC du secteur, puis d’une AOP en 1996, trouve son origine dans le vachelin, un fromage de garde du xiiie siècle. Il s’agit du produit phare de l’industrie agroalimentaire, avec 160 000 meules de 40 kilos commercialisées en moyenne chaque année, dans un cadre maîtrisé afin de répondre à la demande croissante sans sacrifier qualité et prix. L’esprit coopératif de la filière a perduré : il existe 150 fruitières, réparties sur le massif du Doubs, du Jura et de l’Ain. L’activité génère 7 600 emplois directs pour la transformation et la production laitière en amont. Les 580 millions de litres de lait annuels nécessaires proviennent de 150 000 vaches, à 95 % des montbéliardes, élevées dans 2 600 exploitations familiales.

Le comté a ses géants parmi les 16 maisons d’affinage, dont plus de 5 000 tonnes des meules sont destinées à l’international, exportées par les entreprises elles-mêmes ou revendues par différents grossistes. Le trio de tête : Arnaud, pour Juraflore, marque affinée dans le fort jurassien des Rousses, Marcel Petite, aux Granges-Narboz et au fort Saint-Antoine (Doubs), et Rivoire-Jacquemin, fondé en 1860 à Montmorot (Jura). Cette dernière a porté, en 2013, sa capacité d’affinage à 120 000 meules. Marcel Petite l’avait fait en 2011, atteignant un espace de 100 000 places. Quant aux fromageries Arnaud, elles ont investi 13,5 millions d’euros pour développer le fort des Rousses : 130 000 « roues » de comté peuvent y être affinées, qui s’ajoutent aux 100 000 meules qu’abritent les caves de son siège social à Poligny. Preuves de la bonne santé de la filière et de la volonté de ses acteurs de mieux gérer des durées d’affinage allant de quatre mois, le minimum obligatoire, à parfois plus de deux ans.

Le comté ne doit pas pour autant occulter le succès de productions plus diverses, dans une région forte de cinq AOC-AOP fromagères (mont d’or, morbier, bleu du Jura, munster et gruyère) et qui profite de l’IGP Est central pour son emmental grand cru. Autres certifications locales : quatre IGP viandes (saucisse de Morteau, saucisse de Montbéliard, porc de Franche-Comté et porc comtois au petit lait), une AOC volaille de Bresse, six AOC viticoles dont quatre sont géographiques (Arbois, Château-Chalon, l’Étoile et côtes du Jura) et deux dites de produits (macvin et crémant du Jura), une AOC miel des Vosges, une AOC kirsch de Fougerolles et une IGP absinthe. Sont également implantés en Franche-Comté plusieurs sites de production de groupes agroalimentaires connus, comme le fromager Bel, dans le Jura, et Nestlé, dans le Doubs.

Du plein air et du bio

Au-delà des produits du lait, des salaisons, des vins et spiritueux, des démarches originales sont à souligner. Parmi elles, la Production des Élevages Bourgon (PEB) à Flagey (Doubs). Adepte des circuits courts, PEB et ses fermes partenaires produisent chaque jour 240 000 œufs frais, sous les marques Coquy et L’Œuf comtois, acheminés dans les vingt-quatre heures chez 280 distributeurs situés dans un rayon de moins de 200 km. « Aucune cage, les poules sont élevées au sol, en plein air ou en mode bio, en respectant le bien-être animal », aime à rappeler son PDG, Georges Bourgon. PEB reprend et remplace dans les magasins les œufs qui ont dix jours de ponte, même s’ils peuvent être consommés pendant vingt-six jours. Agrodoubs, sa filiale créée pour valoriser ses surplus via des préparations pasteurisées et surgelées pour les restaurateurs et traiteurs, réalise à elle seule 4,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 20 % à l’export, vers les États-Unis, le Japon et l’Asie. 

Les pépites de la région

  • Morteau produit une saucisse en or

En 2012, sa campagne de pub provocante – « Offrez-vous 20 cm de pur bonheur » – avait fait connaître Morteau Saucisse du public. Cette filiale du groupe agroalimentaire régional Arcado présidé par Jean-Louis Amiotte (230 salariés, 60 millions d’euros de chiffre d’affaires) est souvent récompensée pour son savoir-faire, quasi artisanal. Morteau Saucisse a obtenu la médaille d’or au Concours général agricole 2017. L’entreprise l’avait déjà décrochée en 2012 et 2013. 

  • Eckes Granini fabrique le jus de fruits du pays

L’usine de jus de fruits Eckes Granini, à Mâcon (Saône-et-Loire), a investi 20 millions d’euros dans une ligne de production. De quoi permettre aux 200 employés du site de produire 24 000 litres par heure, contre 10 000 actuellement. Si cet investissement ne s’accompagne pas d’embauches, Stéphane Gering, le DRH d’Eckes Granini France, se félicite de « maintenir l’emploi et de confirmer l’ancrage dans le Mâconnais », berceau de la marque historique, Joker, née en 1936. 

  • Mulot & PetitJean signe le pain d’épices

Mulot & Petitjean est la plus ancienne marque de pain d’épices de Dijon (Côte-d’Or). Sa dirigeante, Catherine Petitjean, vient d’ouvrir un musée afin de faire découvrir la tradition du pain d’épices dijonnais et entretenir ce savoir-faire. La société investit également dans son outil industriel : 6 millions d’euros vont permettre de doubler la capacité de production dijonnaise. Employant 45 salariés, Mulot & Petitjean réalise un chiffre d’affaires de 5,6 millions d’euros, notamment grâce à la nonnette, son produit phare. 

  • Eurosérum s’affiche en leader du lait infantile

En 1973, à la création d’Eurosérum à Port-sur-Saône, il s’agissait pour les producteurs de lait de Haute-Saône et des environs de se débarrasser d’un déchet polluant. Le groupe coopératif, intégré en 2011 à Sodiaal, a réalisé un chiffre d’affaires de 436,49 millions d’euros en 2015, dispose de 12 sites en France et à l’étranger, emploie 674 personnes, produit 300 000 tonnes annuelles de lactosérum déminéralisé, exporte dans 80 pays et s’affiche en leader mondial pour la fabrication du lait infantile. Il y a deux ans, l’usine historique de Port-sur-Saône a été étendue afin d’augmenter sa capacité de production. 

 

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Usine Nouvelle N°3524-3525

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