Une stratégie claire attendue du nouveau patron de Deutsche Bank

FRANCFORT (Reuters) - Le nouveau président du directoire de Deutsche Bank a affiché lundi, au lendemain de sa nomination, son intention de se retirer des activités trop peu rentables mais les analystes attendent surtout de sa part qu'il présente enfin une stratégie cohérente pour la première banque allemande.
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Une stratégie claire attendue du nouveau patron de Deutsche Bank
Christian Sewing (à droite en photo), Allemand de 47 ans, a été nommé dimanche soir président du directoire de Deutsche Bank à la suite d'une réunion de crise consacrée aux moyens de sortir l'établissement de l'ornière après trois pertes annuelles successives. /Photo prise le 2 février 2018/REUTERS/Ralph Orlowski

Christian Sewing, Allemand de 47 ans, a été nommé dimanche soir président du directoire de Deutsche Bank à la suite d'une réunion de crise consacrée aux moyens de sortir l'établissement de l'ornière après trois pertes annuelles successives.

Ce spécialiste de la banque de détail remplace le Britannique John Cryan, qui a échoué dans la maîtrise des coûts, et sa promotion pourrait annoncer un virage stratégique pour Deutsche Bank après l'accent mis pendant de longues années sur la banque d'investissement.

L'action gagne 3,56% à 11,756 euros à 10h00 GMT, plus forte hausse de l'indice de la zone euro EuroStoxx 50 (+0,43%) et de l'indice du secteur bancaire européen (+0,55%).

Christian Sewing, entré à Deutsche Bank en 1989, a annoncé qu'il allait analyser la manière dont Deutsche Bank veut positionner son activité de banque d'investissement dans un environnement de marché difficile. Il n'a cependant fourni aucune précision sur les mesures structurelles qu'il pourrait prendre.

Analystes et investisseurs réclament quant à eux des éclaircissements rapides sur les gisements de croissance.

"Ce qui compte, et de notre point de vue Deutsche Bank en manque maintenant depuis des années, c'est une stratégie clairement définie", dit Kian Abouhossein, analyste de JPMorgan.

"Le problème de Deutsche Bank, ce n'est pas le président du directoire, comme cela se dit dans la presse, mais des actionnaires différents avec des intérêts différents, avec peu de signes d'engagement à changer l'organisation dans l'intérêt des propriétaires: les actionnaires et les créanciers", juge-t-il.

SEWING PROMET DES "DÉCISIONS DIFFICILES"

Les principaux actionnaires de Deutsche Bank sont la famille royale du Qatar, le conglomérat chinois HNA, le gérant américain d'actifs BlackRock et le fonds de capital investissement Cerberus. Ils contrôlent ensemble environ un tiers du capital de l'établissement, qui emploie plus de 97.000 personnes.

Dans une lettre au personnel publiée lundi sur le site internet de la banque, Christian Sewing écrit que Deutsche Bank doit retrouver de "l'appétit pour les affaires" et que chacune de ses activités doit se montrer plus exigeante en termes de croissance des revenus.

"La priorité est d'exploiter nos forces et de répartir nos investissements en conséquence. Et dans le même temps, nous allons chercher à libérer des capacités en faveur de la croissance en nous retirant des domaines où nous ne sommes pas suffisamment rentables", dit-il.

L'objectif de coûts ne dépassant pas 23 milliards d'euros en 2018 n'est pas négociable, prévient-il en outre, en promettant des "décisions difficiles".

"Les revers comme ceux du quatrième trimestre 2017 ne doivent pas se renouveler sous aucun prétexte", écrit-il.

Au cours des trois derniers mois de 2017, la perte nette de Deutsche Bank s'est creusée à 2,2 milliards d'euros, contre 1,9 milliard un an auparavant, avec une chute du revenu de 19%. Ces résultats ont alimenté le mécontentement des actionnaires face à l'absence de progrès dans le redressement de la banque.

Les analystes de Crédit Suisse ont pour leur part réduit leur objectif de cours de 15 à 13 euros pour refléter les incertitudes entourant les choix stratégiques du nouveau président du directoire. Ils préviennent en outre qu'il sera difficile d'abandonner les activités les moins rentables sans provoquer de perte de valeur trop importante pour les actionnaires.

John Cryan était en poste depuis 2015 et son mandat courait jusqu'en 2020 mais les investisseurs ne croyaient plus en sa capacité à rendre la banque allemande de nouveau rentable.

Son sort paraissait scellé depuis deux semaines et la parution dans la presse des premières informations sur la recherche d'un successeur lancée par le président du conseil de surveillance de Deutsche Bank, Paul Achleitner.

(Maria Sheahan; Bertrand Boucey pour le service français)

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