Une reprise timide, aux effets discrets

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En France, les signes de reprise se multiplient. A commencer par la carburant de l’économie : la confiance des ménages. La grosse déprime est passée, mais le malade est convalescent. Le niveau est atteint reste en dessous de la moyenne.

Les statistiques mensuelles du chômage sont de la même veine. Le Premier ministre, François Fillon, a prévenu : tant que la croissance n’atteindrait pas 2 %, le chômage peinera à reculer. Les statistiques pour le mois de septembre parues peu de temps après ont confirmé ces propos. En septembre, le chômage a continué de croître. A un rythme moins soutenu qu’au début de l’année. Ce sont 26 000 chômeurs de catégories A supplémentaires qui ont rejoint les rangs de Pôle Emploi.

L’industrie repart

Les bonnes nouvelles sont à chercher du côté de la production. A commencer par la publication de l’indice PMI. Il semble s’installer durablement au-dessus de la barre des 50, le seuil qui marque l’expansion de l’activité. La reprise concerne aussi bien les services que l’industrie.

L’enquête trimestrielle de conjoncture dans l’industrie confirme ces résultats. Au troisième trimestre, la demande adressée aux entreprises de l’industrie manufacturière a continué d’augmenter. En particulier, la demande venant de l’étranger a retrouvé son niveau de moyen terme. Conséquence : le taux d’utilisation des capacités de production est passé de 71 % en juillet 2009 à 73 % fin septembre.

L’Allemagne dépensière

Il n’empêche. Ces signaux qui passent au vert ne garantissent pas une amélioration durable. Des voix s’élèvent pour réclamer une poursuite des plans de soutien à l’activité. Outre-Rhin, la chancelière Angela Merkel fait le pari des baisses d’impôt avec ses alliés libéraux. S’éloignant de l’orthodoxie budgétaire chère aux libéraux de tous les pays, ceux-ci sont prêts à baisser les impôts de 24 milliards d’euros pour soutenir la consommation des ménages allemands. Une situation qui rappelle la politique menée par Reagan au début des années 80, quand les Etats-Unis creusèrent leur déficit au nom du « trop d’impôt tue l’impôt ». Pour l’économiste de Xerfi, Alexander Law, une bulle constituée par la dette des Etats est en train de substituer aux montagnes de dettes accumulées par le système financier précédemment.

Fébrilité au Palais Bourbon

Pendant ce temps, l’approche du débat budgétaire est l’occasion de vérifier les dissensions qui travaillent les députés de la majorité. A commencer par les débats autour de la suppression de la taxe professionnelle. Qui aurait pensé que la suppression de cet impôt si souvent décrié serait autant critiquée ? C’était oublier qu’il alimentait les collectivités locales qui voient d’un très mauvais œil la réduction des moyens de leur autonomie, d’autant que la discussion est entrée en collision avec la réforme des collectivités territoriales.

Plus intéressant est l’épisode de la taxe sur le chiffre d’affaires des banques. Le temps d’un weekend, la Loi a prévu que les établissements financiers paieraient un impôt exceptionnel, eu égard aux coûts supportés par l’Etat pour sauver le système bancaire il y a un peu plus d’un an. Présenté par l’opposition, le texte avait rallié des voix de la majorité, qui se seraient trompés de bouton au moment du vote. Un second vote a été organisé et l’amendement est finalement repoussé comme le voulait le gouvernement. Pour ce dernier, une taxe supplémentaire aurait pesé sur la rentabilité des banques et donc sur le coût du crédit. Sans taxe, les banques prêteront-elles davantage aux entreprises pour soutenir la reprise ?

Christophe Bys

L’économie en direct : www.twitter.com/conjoncture

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