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Une renationalisation de Renault "n'est pas à l'ordre du jour", assure Jean-Dominique Senard

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Publié le , mis à jour le 23/03/2020 À 07H52

Le président du groupe Renault s'exprime pour la première fois depuis la mise en place des mesures de confinement en France. Dans un entretien au Parisien, le 22 mars, Jean-Dominique Senard écarte une renationalisation temporaire de l'entreprise malgré les difficultés liées au coronavirus Covid-19.

Une renationalisation de Renault n'est pas à l'ordre du jour, assure Jean-Dominique Senard
"Nous vivons une des épreuves les plus difficiles de notre histoire", a estimé le président du conseil de Renault. /Photo prise le 11 octobre 2019/REUTERS/Charles Platiau
© CHARLES PLATIAU

Renault pourrait solliciter des garanties auprès de l'État (actionnaire à 15 %) pour faire face à l'impact de l'épidémie de coronavirus Covid-19, a déclaré dans un entretien au Parisien le président du groupe, Jean-Dominique Senard, dimanche 22 mars. Le patron du constructeur automobile français a écarté en revanche le scénario d'une renationalisation.

"Une des épreuves les plus difficiles de notre histoire"

Comme le reste du secteur, Renault fait face au double défi du plongeon de ses commandes et de l'arrêt de ses usines en Europe face à la propagation de l'épidémie dans la région. "Nous vivons une des épreuves les plus difficiles de notre histoire", a estimé le président du conseil de Renault.

Outre cette crise sanitaire, Renault a dû faire face à une année 2019 difficile en enregistrant sa première perte nette depuis 2009. En février, le constructeur automobiles a révélé un plan d'économies qui n'exclut pas d'éventuelles fermetures d'usines en France.

Les commandes plongent jusqu'à -90 %

Vingt-et-un sites industriels du groupe sont désormais fermés dont 12 en France et quatre en Espagne notamment, ce qui représente 60 000 salariés à l'arrêt, précise Jean-Dominique Senard, ajoutant que le constructeur doit faire face à un plongeon "spectaculaire" de ses commandes sur certains marchés, "parfois jusqu'à 90 %".

"Comme pour toutes les entreprises françaises, la question de la trésorerie se pose donc", explique le président, ajoutant que le constructeur travaille sur différent scenarii pour les prochaines semaines. Prié de dire si Renault pourrait solliciter un prêt de l'État, Jean-Dominique Senard répond : "Nous pourrions solliciter des garanties auprès de l'État, comme d'autres entreprises".

"Le jour où la conjoncture redevient plus favorable, cela peut être extrêmement rapide"

Jean-Dominique Senard ajoute en revanche qu'une renationalisation temporaire "n'est pas à l'ordre du jour". Le président a rappelé sur ce point la crise financière de 2008. "Nous n'avions pas eu à en arriver là. Pourtant la situation était également très difficile", a-t-il rappelé. "Et vous avez vu d'ailleurs comment cela s'est retourné. Parce qu'il ne faut pas s'y tromper, le jour où la conjoncture redevient plus favorable, dans l'industrie automobile, cela peut être extrêmement rapide et fort", a ajouté le dirigeant.

"Notre usine en Corée du Sud, qui a été arrêtée un temps, est repartie. Les sites de Shenyang et Shiyan en Chine fonctionnent. Ceux en Turquie et Russie également. De fait, quand l'activité redémarrera, nous ne repartirons pas de zéro", a également voulu rassurer le patron de Renault.

Avec Reuters (Gwénaëlle Barzic)

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