Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'usine Agro

Une production pour son bassin de consommation

, ,

Publié le

Enquête La région est spécialisée dans la deuxième et la troisième transformation, favorisée par un marché de 12 millions de consommateurs.

Une production pour son bassin de consommation
Le groupe Coca-Cola exploite deux usines d’embouteillage à Grigny (Essonne) et à Clamart (Hauts-de-Seine).

En Ile-de-France, les plus gros bataillons de salariés de l’industrie agroalimentaire sont constitués de « cols blancs ». 15 % des établissements de la filière n’auraient, en effet, qu’une fonction de siège social. Les groupes Bel, Nestlé, Danone, Kraft Foods ou encore Coca-Cola ont établi leur quartier général autour de Paris. Parmi ces géants, certains ont en plus décidé d’y préparer l’avenir, tels Danone ou encore Kraft Foods, qui ont choisi le riche terroir scientifique du plateau de Saclay pour implanter leur centre de R & D.

Selon l’Association régionale des industries agroalimentaires d’Île-de-France (Aria?IDF), la branche compte 614?entreprises et emploie 21 338?salariés. « La filière a beaucoup subi la désindustrialisation, même si elle a perdu moins que d’autres secteurs », explique Catherine Le Dantec, déléguée générale de l’Aria IDF. « Sur les cinq dernières années, on sent un redémarrage des activités et une reprise des embauches. C’est lent, de l’ordre de 2 à 3 % par an », précise Catherine Le Dantec. Pour autant, l’Île-de-France ne figurera sans doute jamais parmi les plus grandes régions de transformation alimentaire. Au regard de l’ensemble français, elle ne représentait en 2012 que 6,1 % du nombre d’établissements et que 5,3 % des emplois. Mais, si la filière agroalimentaire francilienne paie son éloignement des grandes zones de production, elle tire, en revanche, avantage de sa proximité avec un marché de douze millions de bouches à nourrir qui a favorisé sa spécialisation dans la deuxième voire troisième transformation.

Peu présente, l’industrie de première transformation est surtout liée à la production des céréales. L’Ile-de-France produit deux fois plus de blé qu’elle n’en consomme et elle compterait encore 17?moulins, comme par exemple celui de Corbeil-Essonnes (Essonne), propriété du groupe Soufflet, qui produit 320 000?tonnes de farine par an. En ligne de cette production s’est développé un secteur très actif touchant à la fabrication industrielle de pains, de pâtisseries, de biscuits et accessoirement de pâtes.

Production de proximité et terroir francilien

Deux autres secteurs sont bien positionnés au sein de l’appareil productif agroalimentaire francilien : les préparations à base de viande et la fabrication de boissons, avec comme chef de file Coca-Cola European Partners, qui fait fonctionner deux usines en Ile-de-France, à Clamart (Hauts-de-Seine) et à Grigny (Essonne), où l’embouteilleur investit régulièrement. « Les implantations des fabricants de boissons, sont justifiées par leur voisinage, tant avec le marché parisien qu’avec les nœuds logistiques », détaille Catherine Le Dantec.

Pour se développer, certaines entreprises proposent des produits à plus forte valeur ajoutée. Ainsi, l’atelier culinaire Bonny, spécialiste de la saucisse sur mesure, s’est diversifié dans un service de cuisson des viandes à basse température apprécié des restaurateurs. Le préparateur joue également la carte du terroir francilien « On croit que cela a du sens dans une époque où les gens ont besoin de savoir ce qu’ils ont dans leur assiette », plaide sa dirigeante. Nathalie Bonny a d’ailleurs soutenu des éleveurs de Seine-et-Marne pour créer le « Porc francilien », une filière de production porcine 100 % régionale.

Cette initiative va dans le sens d’une meilleure organisation au sein de l’écosystème agroalimentaire francilien. Une tâche à laquelle s’attelle également le Centre régional de valorisation et d’innovation agricole et alimentaire (Cervia). « Nous cherchons à remettre en rapport les producteurs locaux avec les autres professionnels de la filière alimentaire et, au-delà, nous essayons de réintroduire de la production au niveau régional », explique sa directrice générale, Bénédicte Dupont. Le Cervia est également à l’origine de la démarche « Mangeons local en Ile-de-France », dans laquelle sont engagés quelque 900 professionnels, des champs aux cuisines des restaurants.

Les pépites de la région

  • Darégal vend partout ses herbes

Darégal est le leader mondial des herbes aromatiques avec 125 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015 et 440 salariés répartis entre la France et les États-Unis. L’entreprise est détenue par la famille Darbonne, qui exploite des champs à Milly-la-Forêt (Essonne) depuis 1887. Fidèle à ses origines, elle vient d’inaugurer dans le berceau de son activité une nouvelle unité de production de ses gammes aromatiques liquides représentant un investissement de 5 millions d’euros. 

  • Ulti presse des jus haut de gamme

Ulti veut « proposer le meilleur jus de fruits en France », selon Marianne Grillier, sa directrice commerciale. L’entreprise de Vigneux-sur-Seine (Essonne), qui emploie 30 personnes, utilise une technologie unique, fondée sur la haute pression, qui lui a permis de s’imposer sur le marché des jus de fruits ultrafrais. Chaque jour, Ulti presse 20 tonnes d’oranges et d’autres fruits pour fournir, entre autres, les grands hôtels ou encore l’enseigne Monoprix. Son ambition : réaliser de 10 à 12 millions d’euros de ventes d’ici à deux ans, contre 7 millions en 2016.

  • La Winerie Parisienne promeut le terroir

La Winerie Parisienne veut ressusciter la filière viticole d’Ile-de-France, en sommeil depuis un siècle. Ses deux créateurs, Adrien Pélissié et Julien Bengué, viennent de planter 16 000 pieds d’une sélection de grands cépages français (Chardonnay, Merlot et Pinot noir, entre autres) sur trois hectares, à Davron, dans les Yvelines, et espèrent produire 20 000 bouteilles. « Notre projet est de faire des vins révélant l’authenticité du terroir francilien », avance Adrien Pélissié, qui prévoit de sortirson premier vin en 2021. 

  • France Pain fournit les collectivités

France Pain-Touflet Boulanger fournit la restauration collective en pains. Créée en 1929 à Bernay, dans l’Eure, l’entreprise a ensuite étendu ses activités à la Normandie, à la Picardie puis à l’Ile-de-France, où elle possède six fournils. « Nous n’avons pas voulu faire une grosse unité de production. Nous avons fait le choix de la proximité de chaque boulangerie avec ses clients », explique Sébastien Touflet, président de l’entreprise. La société emploie 250 salariés en Ile-de-France et y réalise 23 millions d’euros de chiffre d’affaires. 

Réagir à cet article

Usine Nouvelle N°3524-3525

Vous lisez un article de l’usine nouvelle N°3524-3525

Découvrir les articles de ce numéro Consultez les archives 2017 de L’Usine Nouvelle

 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus