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Une politique industrielle européenne?

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Une politique industrielle européenne? © D.R.

L’Europe peut-elle, l’Europe doit-elle, l’Europe veut-elle se doter d’une politique industrielle ? Sur ces questions bien souvent franco-françaises, la Commission européenne vient de s’engager plus que de coutume. José-Manuel Barroso, son président, et Antonio Tajani, le commissaire aux entreprises et à l’industrie, ont en effet présenté le 22 janvier un projet visant rien de moins qu’à une "renaissance industrielle". Un document établi en vue du Conseil européen des 20 et 21 mars, qui sera consacré à cette épineuse question. But affiché : faire remonter la part de l’industrie à 20% du PIB de l’Union en 2020 contre 15,1% l’an passé.

Louable objectif. Quid des moyens ? Disons-le tout net à ceux qui espéreraient voir la Commission frappée subitement d’une illumination néo-colbertiste, ils n’ont qu’à manger leur chapeau. Le duo Barroso-Tajani ne plaide pas pour la constitution de champions européens (en s’asseyant, si besoin, sur la politique de la concurrence) ou sur l’érection de protection aux frontières contre le dumping social ou environnemental du reste du monde.

La Commission plaide surtout pour un approfondissement du marché unique.

 

Pas plus sur le lancement de grands projets industriels structurants ou sur l’utilisation, au sein de la zone euro, de l’arme monétaire face au dollar ou au yuan. Non, le projet déroule pour l’essentiel un catalogue des politiques déjà mises en œuvre. Et qu’il conviendrait, selon cette adresse aux 28, d’accélérer. Cette liste fourre-tout plaide pour un renforcement de la normalisation communautaire, par exemple, en matière d’économie verte, davantage de simplifications administratives ou, en dépit de la frilosité des États, pour une meilleure intégration des politiques énergétiques et des marchés financiers.

Le "papier" de la Commission fait aussi la promotion du programme commun de recherche Horizon 2020 (80 milliards d’euros sur 2014-2020) ou encore des fonds structurels pour renforcer la compétitivité des régions. Tout en évoquant (prudemment) en matière commerciale un meilleur accès aux marchés des pays tiers par "l’harmonisation des normes internationales, l’ouverture des marchés publics ou la protection des brevets", ce texte plaide surtout pour l’impérieuse nécessité d’un approfondissement du marché unique que ce soit dans les télécoms, le rail, les services (remember Bolkestein !).

Sans oublier la libre circulation des travailleurs. Bref, il martèle l’exigence d’une intégration renforcée permettant de réduire la fragmentation de nos économies face aux marchés intérieurs américains ou chinois. On l’aura compris, l’exécutif européen reprend là les bonnes recettes de l’ordolibéralisme à l’allemande, à savoir créer les conditions du développement des entreprises et non agir sur elles. Qu’en pense-t-on à Paris ?

Pierre-Olivier Rouaud

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