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L'Usine Auto

Une plate-forme unique, de la 308 au Picasso : "un élément clé dans le redressement de PSA"

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Publié le

Entretien Alors que Nissan vient tout juste d'inaugurer à Sunderland sa plate-forme commune avec Renault, Yves Bouvier chef de projet de l'EMP2 (le nouveau module en cours de déploiement dans les usines de PSA), revient sur l'importance de développer une solution capable de s'adapter à des véhicules de segments différents.

Une plate-forme unique, de la 308 au Picasso : un élément clé dans le redressement de PSA © PSA

L'Usine Nouvelle - Quels sont les éléments qui composent une plate-forme automobile ?

Yves Bouvier - Le périmètre d'une plate-forme est composé du soubassement, des trains avant et arrière, qui peuvent être de différentes technologies, et le moteur adapté, c’est-à-dire avec tout ce qui lui permet de fonctionner (radiateurs, tuyaux…).  On retrouve également les commandes de boîtes, les pédaliers ou encore les groupes de climatisation. C'est en quelque sorte tout ce qui n'est pas visible par l'utilisateur mais qui conditionne très fortement ce qu'il va ressentir au volant : accélération, freinage, direction assistée et liaison au sol par exemple.

Quels sont les avantages liés à la mise en place d'une plate-forme modulaire ?

La plate-forme modulaire développée par PSA (EMP2 pour "Efficient Modular platform 2", Ndlr) va permettre à la fois de remplacer la plate-forme 2, qui couvrait le segment C, et la plate-forme 3, pour les segments D et E. On couvre donc plus largement ce que l'on faisait avant avec deux plates-formes, ce qui va occasionner des gains résultant de massification et de flexibilité industrielle. Entre le soubassement de véhicules complètement différents comme la nouvelle 308 et le C4 Picasso, on est à plus de 80% d’éléments communs. En utilisant les mêmes pièces sur un nombre croissant de véhicules, on peut s’engager avec des fournisseurs sur des volumes importants, ce qui nous a permis d’économiser 18% sur nos commandes de pièces pour cette plate-forme. C’est un élément clé dans le redressement de PSA car il permet au groupe de gagner en rentabilité sur ses nouveaux modèles.

Comment fonctionne l'EMP2 ?

Avec l'EMP2, on peut faire varier l'empattement – la distance entre les roues avant et arrière – sur une plage de 220 millimètres, ce qui permet de produire des véhicules de tailles différentes. Cet empattement est par exemple de 2 620 millimètres sur la nouvelle 308 et, à l'autre extrême, il est de 2 840 millimètres sur le C4 Picasso. On peut également ajuster la voie - la distance entre les roues d'un même essieu – avec une centaine de millimètres de variabilité. Dans un troisième axe, la plate-forme propose deux types de poste de conduite : une position assise basse pour des berlines ou plus haute pour les monospaces et SUV avec des colonnes de direction, volants, pédaliers et des commandes de vitesse situées à des positions différentes. Enfin, le dernier gros levier de modularité de notre plate-forme concerne ce qu'on appelle la synthèse arrière avec des différentes versions permettant d'ajuster la taille du coffre, le type de plancher ou d'intégrer des sièges escamotables.

Quelles usines utilisent déjà cette plate-forme modulaire ?

Aujourd'hui, on a lancé l'EMP2 à Vigo (Espagne) et à Sochaux (Doubs). Mais ce qui est vrai sur la modularité du produit l'est également sur la modalité du process : les différentes variantes de plate-forme peuvent passer sur n'importe quelle ligne d'assemblage, ce qui donne énormément de libertés. Un déploiement est en cours avec un lancement cette année en Chine, dans l'usine de Wuhan, mais aussi en France, à Rennes (Ille-et-Vilaine) et à Mulhouse (Haut-Rhin).

Existe-t-il des différences avec les plates-formes modulaires développées par les autres constructeurs ?

La philosophie est à peu près la même. On peut bien sûr trouver de différences dans les solutions techniques utilisées mais c'est un détail. Une plate-forme a une durée de vie d'une quinzaine d'année et au fil du temps, le constructeur doit l'adapter en fonction des évolutions réglementaires et techniques. Lors du lancement d'une nouvelle plate-forme, l'idée c'est de sortir un produit neuf et optimisé en ayant intégré les dernières technologies et les contraintes liées à la nouvelle norme Euro VI par exemple, ce qui est le cas avec l'EMP2.

Propos recueillis par Julien Bonnet

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