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Plainte pour "actes de terrorisme et complicité d'actes de terrorisme": Tereos réagit

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Publié le , mis à jour le 21/03/2019 À 12H34

[Actualisé] Selon une information du Canard  Enchainé,  une plainte pour "actes de terrorisme et complicité d'acte de terrorisme" a été déposée au parquet de Paris contre la coopérative sucrière  Tereos. La  plainte concerne la livraison de Sorbitol, un édulcorant pouvant également servir  dans les  propulseurs de missiles en Syrie.  La coopérative a réagit en déposant elle même plainte en dénonciation calomnieuse. 

Plainte pour actes de terrorisme et complicité d'actes de terrorisme: Tereos réagit
Une plainte pour acte de terrorisme a été déposée contre Tereos au parquet de Paris
© Ah

Le géant français du sucre Tereos est de nouveau dans la tourmente. Cette fois, c'est au parquet anti-terroriste du tribunal de grande instance de Paris que la scène se joue. Selon les informations du Canard Enchainé, des coopérateurs du numéro 1 français du sucre ont déposé plainte contre X pour "actes de terrorisme et complicité d'actes de terrorisme". En cause : les livraisons vers la Syrie de sorbitol par le géant français jusqu'en 2017.

Le sorbitol utilisé pour lancer des roquettes

Le sorbitol est un édulcorant, utilisé essentiellement dans l'agroalimentaire pour remplacer le saccharose. Il peut être vendu sous forme liquide ou en poudre. C'est cette dernière qui est au cœur de la plainte déposée au parquet anti-terrorisme de Paris. En effet, lorsqu'il est mélangé à du nitrate de potassium, le sorbitol peut être utilisé dans les propulseurs de missiles.

En décembre 2016, l'ONG Conflict Armament Research (CAR) révélait avoir trouvé des sacs de sorbitol en poudre estampillés Tereos dans un entrepôt appartenant à l'Etat Islamique.

Au total, 45 tonnes de sorbitol se seraient retrouvées en Syrie au cours de la période. Les sacs auraient été livrés par l'entreprise française vers la Turquie avant d'être détournés par les terroristes.  

Arrêt des livraisons en 2017

La dernière livraison du produit, d'un volume de 60 tonnes, est intervenue en février 2017, soit trois mois après l'alerte lancée par CAR. Un délai qui est au centre de la plainte. "A partir des révélations de l'ONG, Tereos ne pouvait plus prétendre ne pas être au courant de la destination de ses produits", explique Me Jade Dousselin, avocate des plaignants.

Une information contestée par le groupe français qui précise ne pas avoir été mis au fait des détournements de son produit avant fin 2016. "Dès que nous avons eu connaissance de l'utilisation du sorbitol dans les armes, nous sommes intervenus en toute transparence et avons collaboré avec les autorités pour y mettre fin" explique une source interne.

Toutefois, selon l'accusation, une autre livraison de 10 tonnes était prévue pour juillet 2017 mais aurait été suspendue à la demande du transporteur. "Tereos était encore prêt à faire partir du sorbitol vers la Syrie a cette période", observe Me Dousselin.

Plainte déposée sur fond de crise de gouvernance

Les plaignants, des coopérateurs du groupe, expliquent avoir eu connaissance des agissements de leur coopérative lors d'un interrogatoire à la Direction générale de la sécurité intérieure en novembre 2018. "Mes clients ont été abasourdis par ces révélations. C'est un choc et une trahison alors que Tereos est un fleuron de notre économie agricole", précise Me Dousselin.

Tereos réagit
Le leader français du sucre se déclare, quant à lui, très surpris par les suites judiciaires de l'affaire. Tereos explique ne pas encore avoir eu la possibilité de consulter le texte déposé mais le groupe envisage toutefois qu'il puisse s'agir d'une tentative de déstabilisation interne, menée par certains coopérateurs alors que la coopérative fait face à une crise de gouvernance et à une remise en cause de sa direction depuis l'été dernier. Le groupe a annoncé avoir déposé plainte pour "dénonciation calomnieuse".  "Face à des accusations aussi indignes, Tereos entend affirmer très fermement, le jour même de la publication de cet article, le caractère mensonger de ces accusations qui relèvent d’une seule intention de nuire à la réputation et aux intérêts économiques d’un groupe français dans un contexte de forte crise sur le marché européen du sucre" précise la coopérative dans un communiqué. 


 

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