Une minorité de discothèques dépoussièrent leurs platines à l'approche de la réouverture

par Caroline Pailliez et Noémie Olive
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Une minorité de discothèques dépoussièrent leurs platines à l'approche de la réouverture
Au Duplex, discothèque parisienne à la mode proche de l'Arc du triomphe, "Vinz", le DJ permanent de l'établissement, vérifie les branchements de sa platine pour la réouverture prévue vendredi soir, après un an et demi d'interruption due au COVID-19. /Photo prise le 7 juillet 2021/REUTERS/Noemie Olive

PARIS (Reuters) - Au Duplex, discothèque parisienne à la mode proche de l'Arc du triomphe, "Vinz", le DJ permanent de l'établissement, vérifie les branchements de sa platine pour la réouverture prévue vendredi soir, après un an et demi d'interruption due au COVID-19.

"On n’a pas vu les clients pendant un an et demi, donc il va falloir savoir ce qu’ils veulent entendre. On va redécouvrir et puis on va s’amuser ensemble", dit-il, enthousiaste à l'idée de faire vibrer à nouveau son public au son de la musique.

S'il se satisfait de la reprise de son activité, le secteur des discothèques voit d'un oeil très mitigé cette réouverture, décidée, selon les exploitants, dans l'urgence, alors que la situation sanitaire se dégrade avec la progression rapide du variant Delta en France et en Europe.

Trois discothèques sur quatre ne pourront pas rouvrir le 9 juillet, estime l'Association française des exploitants de discothèque et dancing (Afedd), qui a effectué un sondage auprès des établissements. Les raisons invoquées sont à la fois sanitaires, sécuritaires et économiques.

"Le timing n’est pas le bon, car nous avons un taux d’incidence qui est très élevé et un taux de vaccination qui n’est pas suffisant", dit un représentant de l'Afedd. "Nous devons être garants de la santé des gens que nous recevons. Et dans les conditions actuelles, ce n’est pas évident".

Rien ne garantit, selon lui, qu'avec le protocole proposé par le gouvernement, aucune contamination ne se fera dans les établissements. Au-delà du risque juridique que cela implique, "on ne veut pas être montré du doigt en disant que la quatrième vague est due aux discothèques", ajoute-t-il.

L'Afedd aurait préféré attendre une réouverture au 1er octobre, pour reprendre dans de meilleures conditions, en supposant que la situation sanitaire s'améliore d'ici-là.

Beaucoup d'établissements ont également décidé de jeter l'éponge face aux défis que représentaient la gestion des clients à l'entrée des discothèques.

Les exploitants devront vérifier que les jeunes disposent d'un certificat de vaccination complet, d'un test PCR ou antigénique négatif de moins de 48 heures ou encore d'un test prouvant qu'ils se sont remis d'une contamination au Covid dans les 15 derniers jours.

Un grand nombre de clients pourraient être refoulés à l'entrée, faute de certificats.

OUVRIR POUR "L'IMAGE"

"C’est le meilleur moyen d’avoir des révoltes devant nos portes", dit ce représentant de l'Afedd, qui précise que les exploitants sont soumis à des fermetures administratives s'ils n'arrivent pas à maintenir l'ordre public à l'extérieur de leur établissement.

Il y a enfin des préoccupations économiques. Le protocole impose une jauge de 75% à l'intérieur. Or, une discothèque n'est rentable qu'à partir du moment où son taux de remplissage atteint 85 à 90%, ajoute-t-il.

Conscient des défis, le gouvernement a promis de maintenir les aides économiques pour les établissements qui ne seraient pas en mesure de rouvrir durant l'été.

Le gérant du Duplex, Fred Rigoux, pense que l'établissement ne rentrera pas dans ses frais sur la période de l'été. La décision d'ouvrir a néanmoins été prise "pour l'image", pour rappeler aux quelques touristes présents à Paris que l'art de la fête à la française n'a pas disparu, précise-t-il.

Le directeur artistique du club, Cyril Blanc, anticipe d'ailleurs une soirée mémorable. "Je pense qu’on va nous entendre, même si le Duplex est un club en souterrain, car je pense qu’il va y avoir des gros cris de joie", a-t-il dit.

Il souhaite d'autant plus en profiter qu'il sait que le secteur est en sursis. "On a vraiment envie de ce vent de liberté parce ce qu’on sait qu’en août, en septembre, on va nous dire qu’il faut refermer les portes", dit-il, alors que le gouvernement alerte sur l'arrivée d'une quatrième vague.

Les jeunes, eux, ne cachent pas leur impatience. "On a eu des examens. Plein de choses. Ça manquait énormément de ne pas pouvoir décompresser", a dit Ines Costille, 22 ans, une étudiante rencontrée sur les Champs-Elysées, qui a déjà préparé ses certificats pour vendredi soir.

(Reportage Caroline Pailliez et Noémie Olive,; édité par Sophie Louet)

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