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Une marée 2.0 à la poissonnerie

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À partir d’un site de produits de la mer, une PME bretonne a diversifié son activité de négoce international, misant sur la vente en ligne de poisson auprès du grand public.

Une marée 2.0 à la poissonnerie
Présent depuis deux ans dans l’e-commerce, Global Seafood veut diversifier son offre en ligne.

Mille trois cents mètres cubes de bassins, 70 tonnes de capacités de stockage pour les crustacés, 100 pour les coquillages… C’est à Plougasnou, petite commune du Finistère, que se trouvent les plus grands viviers d’Europe. Des réservoirs abrités jusqu’en 2016 au sein d’une unité de produits de la mer d’Agromousquetaires, le pôle industriel d’Intermarché. Menacé, le site a finalement été repris avec 23 des 34 salariés par deux amis trentenaires de la région, Pierre-Yves Bizien et Erwan Corre, qui y ont localisé leur jeune entreprise, Global Seafood. Chaque jour, trois bateaux, dont deux appartenant encore à Intermarché, et la criée de Brest approvisionnent les longs bâtiments blancs surplombant la Manche. Passé l’euphorie des fêtes de fin d’année, la pêche en baie de Morlaix se montre moins productive, perturbée par les incessantes tempêtes. Dans des bassins d’eau de mer, placés dans la pénombre pour les protéger, sommeillent néanmoins coquilles Saint-Jacques, homards bretons et canadiens. Les coquillages bénéficient d’eau filtrée et de lumière. Sur une chaîne semi-automatisée, des opérateurs se chargent de trier à la main les moules, lavées, puis mises en barquettes de 1,4 kilogramme.

Vingt-quatre heures de la commande à la livraison

La majeure partie du chiffre d’affaires de Global Seafood, réputé pour ses crustacés, est encore réalisée auprès de grossistes, avec une activité partagée entre l’Hexagone (4,2?millions d’euros de revenus l’an passé, une trentaine d’employés), le Canada (15?millions) et l’Asie (5,7?millions). Mais le créneau le plus dynamique réside à quelques mètres des viviers. Dans un entrepôt surdimensionné, une petite équipe s’affaire tôt le matin pour préparer poissons et crustacés, les plaçant dans des cartons de polystyrène entourés de glace sous sachet, afin qu’ils puissent se conserver même à température ambiante durant vingt-quatre heures. Ils partiront en camion pour traverser la France à destination… de l’e-commerce. Un marché encore balbutiant en poisson­nerie, mais sur lequel mise Global Seafood en multipliant les canaux de distribution.

Il y a deux ans, l’entreprise créait sa filiale dédiée, en s’emparant d’un nom de domaine prometteur, Poissonnerie.com. Les deux Bretons l’imaginaient alors comme sous-traitante des poissonneries françaises. Mais ces dernières, peu digitalisées et en difficultés financières pour beaucoup, n’ont pas mordu à l’hameçon. Le site internet s’est donc repositionné vers le grand public, proposant un panier minimum de 45?euros, livré par Chronofresh, la filiale dédiée à l’alimentaire de Chronopost, à un tarif compris entre 0 et 9,90?euros. Prochains objectifs, fidéliser le client en lançant le « panier de la semaine », un abonnement au contenu et au prix variant selon la taille du foyer. Et étendre, pour les réfractaires à la livraison à domicile, le « click & collect », qui s’appuie déjà sur quelques commerces locaux, en se tournant à l’échelle nationale vers la distribution spécialisée bio, intéressée par ses poissons sauvages. « Avec Biocoop, nous avons réalisé des expérimentations de poissonnerie virtuelle avec un iPad placé près de la caisse, raconte Pierre-Yves Bizien, qui échange aussi avec Casino-Cdiscount. Le magasin encaisse directement la vente, il est livré le lendemain matin. Pour lui, c’est du trafic supplémentaire, sans stock à gérer ! »

Visibilité accrue et rentabilité

La plus forte croissance de ses ventes en ligne provient d’un partenaire iconique, Amazon. Poissonnerie.com lui fournit, en B to B, des produits stockés à Paris dans l’entrepôt du 18e arrondissement d’Amazon Prime, le service de livraison en une heure proposé par le géant américain à ses clients de la capitale. La PME figure par ailleurs sur la marketplace du distributeur (en contrepartie de 10 à 15 % de commission), qui lui offre une visibilité sans pareille tout en lui laissant l’accès aux données saisies par les consommateurs. Car pour garantir la livraison dans les 24?heures de leurs produits frais, les dirigeants bretons ont obtenu de reprendre la main sur cette dernière étape. Mais sans la force de frappe d’Amazon, capable de lancer des animations comme le Black Friday et de communiquer massivement sur une opération commerciale, « personne n’aurait imaginé écouler une tonne de homards en quelques heures sur internet », reconnaît Erwan Corre. Seul impératif fixé par l’américain : les prix affichés sur Poissonnerie.com et sur Amazon doivent être identiques.

L’année passée, l’e-commerce a rapporté 450 000?euros à Global Seafood et s’est révélé rentable. L’entreprise prévoit ainsi une levée de fonds afin de financer d’autres projets : acheter un bateau pour sécuriser son approvisionnement et pouvoir fournir, notamment, les hôtels et les restaurants du groupe Accor ; étendre l’e-commerce à la Suisse ; et faciliter le travail des restaurateurs en leur dédiant une place de marché digital. Tout ceci dans l’espoir d’aider à redonner ses lettres de noblesse au poisson, victime de plusieurs freins : « Le prix, l’odeur, le manque de connaissances sur la façon de le cuisiner », reconnaît Matthias Cabrières, un restaurateur de passage à Plougasnou afin de référencer Global Seafood pour un futur concept store parisien autour de… la poissonnerie. 

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