Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine de l'Energie

Une ligne à très haute tension sous les Pyrénées

, ,

Publié le

Manuel Valls et Mariano Rajoy inaugurent vendredi 20 février dans les Pyrénées-Orientales la nouvelle interconnexion électrique entre la France et l’Espagne.

Une ligne à très haute tension sous les Pyrénées
Galerie technique à Montesquieu des Albères Prise de vue des 4 câbles
© Parker Wayne Philips - Multimage Copyright RTE Médiathèque / Philippe Grollier

Le Premier ministre français Manuel Valls et son homologue espagnol Mariano Rajoy inaugurent vendredi 20 février la ligne à très haute tension (THT) qui va doubler les capacités d’échange de courant entre les deux pays. Les deux chefs de gouvernement se retrouvent à Montesquieu-les-Albères (Pyrénées-Orientales).

L’inauguration est toutefois symbolique, puisque les travaux sont achevés mais la ligne ne sera réellement fonctionnelle qu’en juin, après trois mois de tests des équipements.

Cette interconnexion électrique souterraine à très haute tension (320 000 volts) et en courant continu aura nécessité trois ans de travaux. Le chantier a été porté par la société Inelfe, détenue par les deux sociétés gestionnaires de réseau, le français RTE et l’espagnol REE. Il a nécessité un budget de 700 millions d’euros, dont une partie a été financée par l’Union européenne et la Banque européenne d’investissement.

La ligne s’étend sur 65 kilomètres dont une grande partie souterraine, pour franchir les Pyrénées, grâce à des câbles enfouis et un véritable tunnel de 8,5 kilomètres. La ligne va de Baixas (Pyrénées-Orientales) à Santa Llogaia, près de Figueras, en Catalogne, et comporte aux deux extrémités des stations de conversion, qui auront à elles seules représentées 50 % du coût global de ce chantier.

C’est la première fois en Europe qu’une liaison électrique de cette puissance utilise la technologie innovante VSC (voltage source converter) avec la capacité de convertir très rapidement le courant alternatif en courant continu. L’atout majeur du courant continu est la possibilité, contrairement au courant alternatif, de réaliser une liaison souterraine de grande longueur.

Doubler les échanges entre les deux pays

La ligne va offrir une puissance de 2 000 mégawatts et permettra de doubler la capacité d’interconnexion franco-espagnole, portée à 2 800 mégawatts. Ce doublement sécurise l’approvisionnement et stabilise le système en renforçant ses interconnexions entre la péninsule ibérique et le système européen (1 400 mégawatts à 2 800 mégawatts).

La France et l’Espagne ont des productions et des consommations très différenciées, et peuvent donc en partie être complémentaires : la France pourra importer du courant d’Espagne pendant les pics hivernaux, pendant que l’Espagne pourra importer du courant en été, quand l’afflux touristique fait tourner à plein les climatiseurs notamment.

Un chantier hors norme

La THT avait été évoquée pour la première fois il y a vingt ans et a suscité pendant des années l’opposition des riverains et des écologistes qui ne souhaitaient pas que le massif des Albères soit défiguré. Ils ont en partie obtenu gain de cause, puisqu’en 2008, les deux Etats, sous l’égide d’un coordonnateur européen (Mario Monti) décident que la ligne sera au final enterrée sous le massif, multipliant le coût par huit.

La ligne est déclarée d’utilité publique en 2011 et le tunnel démarre en 2012, à la fois côté français et côté espagnol. La ligne est finalement enterrée sur 65 kilomètres de long, moitié en France et moitié en Espagne : les câbles sont enfouis, ce qui a nécessité la réalisation d’une galerie technique et d’un tunnel de 8,5 kilomètres sous le massif des Albères.

C’est cette partie souterraine qui a rendu ce chantier hors norme. C’est la première fois qu’on transporte de l’électricité sur une aussi grande distance souterraine. Il aura fallu pour cela des câbles à courant continu, conçus pour ce chantier.

D’ici la mise en route opérationnel en juin, l’ensemble des équipements va faire l’objet d’une série de tests pendant trois mois, que ce soit le logiciel de commande, le câblage ou les deux stations de conversion.

La THT est la cinquième ligne d’interconnexion avec l’Espagne et la première à être construite depuis plus de trente ans.

Anne Devailly

 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle