Bien avant l'explosion de sa fusée le 1er septembre, SpaceX inquiétait au sein de la Nasa. Le Wall Street Journal a rendu publique une lettre de l'ancien lieutenant-général de l'US Air Force Thomas Stafford, datée du 9 décembre 2015. L'homme, actuellement à la tête du comité consultatif de la Nasa, pointe du doigt la dangerosité des procédures de remplissage des réservoirs de la Falcon 9.
Afin de pouvoir ramener le premier étage de sa fusée, Elon Musk, le patron de SpaceX, refroidit d'avantage l'oxygène liquide (LOX) qui sert de carburant à un lanceur spatial. Cela permet de rendre le LOX plus compact et donc d'embarquer une plus grande quantité dans ses réservoirs. Le but étant de garder suffisamment de carburant pour atténuer la retombée du lanceur afin de ne pas l'endommager et le réutiliser.
"Contraire aux critères de sécurité"
Seul problème, le processus de lancement de SpaceX prévoit que le décollage doit se faire dans la demi-heure suivant le remplissage des réservoirs. C'est sur ce point que le comité consultatif de la Nasa souhaite revenir. L'agence spatiale américaine fera appel d'ici la fin de la décennie à SpaceX pour envoyer (et ramener) des astronautes vers la Station spatiale internationale. Lors des vols habités, le faible laps de temps entre le remplissage des réservoirs et le décollage obligera l'équipage à se trouver à bord de la fusée lors de l'opération. Une chose impensable pour le comité.
Dans sa lettre, Thomas Stafford écrit : "Le comité est d'avis fort et unanime que la présence de l'équipage à bord de la fusée avant le début du remplissage des réservoirs est contraire aux critères de sécurité qui ont été mis en place depuis plus de 50 ans, à la fois dans ce pays et à l'échelle internationale."
Lors d'une réunion publique le 31 octobre, le président du comité consultatif a affirmé avoir soulevé la question du remplissage à deux reprises par téléphone auprès de William Gerstenmaier, l'administrateur pour l'exploration humaine. Cet avertissement a été donné des semaines avant l'explosion de la Falcon 9, le 1er septembre, sur son pas de tir, survenue pendant le remplissage des réservoirs.
De son côté, SpaceX insiste sur la sécurité des personnes à bord de la fusée grâce à un système d'évacuation qui éjecterait l'équipage en cas d'urgence. Mais l'Agence spatiale américaine a tout de même décidé de se pencher sur la question. Elle a promis de prendre en compte l'ensemble des éléments de l'enquête sur l'explosion du lanceur de SpaceX. La Nasa a prévu de s'exprimer en décembre sur le sujet.






