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Une filière dynamique et enthousiaste aux Assises de l’économie de la mer

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La France ne place pas le monde de la mer à sa juste place. Les Assisses de l’économie de la mer, qui se sont tenues les 2 et 3 décembre 2014 à Nantes, ont montré l’enthousiasme des acteurs de la filière. Qui ont bien accueilli l’engagement du Premier ministre Manuel Valls.

Une filière dynamique et enthousiaste aux Assises de l’économie de la mer

Avec plus de 1 600 participants, les Assises de l’économie de la mer, organisées par l’hebdomadaire Le Marin, ont battu un record. Ce colloque annuel s’était posé cette année à Nantes. La venue du Premier ministre, Manuel Valls, mardi 2 décembre, a provoqué des manifestations à terre comme sur la Loire. Les plus assidus des participants n’auront rien vu ni entendu, si ce n’est un nombre important de CRS déguisés en Robocop déployés dès l’aube. Manuel Valls s’est essayé au lyrisme, mais le président du Cluster maritime, Francis Vallat, avait placé la barre trop haut dès le discours d’ouverture.

N’hésitant pas à invoquer André Gide, Victor Hugo, de Gaulle, Sénèque ("Quand on ne sait pas vers quel port on navigue, aucun vent n’est bon") et Sun Tzu, il a su emporter la salle, provoquant à sa conclusion les applaudissements les plus nourris de ces deux jours. "Le XXIe siècle sera le siècle le plus maritime de l’histoire, avec le couple mondialisation-marinisation. La marinisation est aussi implacable qu’exponentielle. La mer est l’avenir de la terre." Le ton était donné, ouvrant autant les perspectives d’avenir que les risques qu’elles engendrent.

Les EMR en tête

Les Assises ont balayé un grand nombre de sujets, mais les énergies marines renouvelables (EMR) sortent nettement en tête en nombre d’interventions. Aujourd’hui, la seule usine marémotrice de la Rance génère 45% de l’électricité produite en Bretagne, une statistique élégante qui montre que cette région importe la quasi-totalité de son électricité. Les EMR pourraient à terme rééquilibrer le couple production-consommation, avec les projets en cours d’éolien en mer au large de la baie de Saint-Brieuc et de Saint-Nazaire et les projets plus lointains d’hydroliennes dans le Fromveur dans le Finistère.

Dans l’éolien en mer, les Français ont pris le temps de développer des éoliennes avec une technologie plus aboutie que les premières turbines mises en mer, "mais pendant ce temps, les concurrents étrangers se sont placés dans le monde", relève Béatrice Buffon, directrice générale adjointe d’EDF Energies nouvelles. Dans l’hydrolien, "nous sommes partis avec un peu de retard, mais pas trop. C’est très important pour créer une filière française exportatrice."

Frilosité d’EDF

Aux Assises, il y a le côté chaleureux d’une filière qui se rassemble. Pour se féliciter de ses réussites, pour se serrer les coudes pour mieux faire entendre sa voix. "La construction navale française se porte assez bien, souligne Patrick Boissier, président du Gican (Groupement des industries de construction et activités navales). Elle se trouve en deuxième place derrière l’Allemagne et profite actuellement d’un haut de cycle dans le domaine des paquebots de croisière. Mais j’aimerais que l’on organise une conférence de la mer à l’Elysée et que l’on en parle autant que de la conférence environnementale." Celle-ci a rassemblé à Paris moins de participants que les Assises à Nantes, soulignait un autre intervenant. Et la construction navale manque d’investisseurs.

L’épisode malheureux du projet de ferry au GNL Pegasis de Britanny Ferries, ajourné en particulier par la faute d’un financement insuffisant, en est un exemple presque caricatural. Alors que Britanny Ferries était prêt à commander un nouveau navire à STX et à adapter trois ferries existants au GNL, la compagnie maritime a finalement opté pour la pose d’épurateurs des gaz d’échappement ("scrubbers") sur ses navires et a passé commande d’un ferry à Fincantieri, le concurrent italien de STX, ce dernier n’ayant plus de créneau disponible.

Les appels valent dans les deux sens. George  Pau-Langevin, ministre de l’Outre-mer, passée mercredi après-midi à Nantes, a regretté elle aussi que l’économie de la mer ne soit pas reconnue à sa juste place en Outre-mer. "Nous avons demandé aux administrations d’être plus attentives aux questions de la mer. Il serait par exemple possible de tirer parti de la géothermie entre la Guadeloupe et la Martinique. Mais EDF est frileux et demande des certitudes." Et André Thomas, rédacteur en chef du Marin, qui menait l’interview, de souligner : "Il y a des représentants d’EDF dans la salle." Les Assises, c’était aussi cela !

Patrice Desmedt

L’optimisme d’Isemar
Le cabinet d’études Isemar est plutôt optimiste. Dans son intervention, Paul Tourret, son directeur, a mis en évidence des statistiques qu’il juge encourageantes. La stagnation européenne ne doit pas occulter le reprise mondiale, qui bénéficie au trafic portuaire, y compris en France, et à Anvers, sorte de "premier port français". Les flux de conteneurs, en particulier, sont en hausse dans nos ports. Le trafic transmanche progresse lui aussi, comme la construction navale mondiale ou les profits des compagnies maritimes. Et pour Paul Touret, prenant le contre-pied de certains analystes, "le ralentissement de la croissance chinoise n’est pas forcément une mauvaise nouvelle". Mais pour que la France, au-delà de cette embellie, profite à l’avenir de la progression presque inexorable du commerce maritime, encore faut-il qu’elle s’en donne les moyens en investissements dans les infrastructures. "La bataille du maritime se gagne à terre, résume-t-il. Le développement du Havre passe par le contournement de Paris". Vu l’état actuel du fret ferroviaire et l’indigence des solutions multimodales, le chantier est encore vaste.

 

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