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Quotidien des Usines

Une filière composites émerge à Nantes

Publié le

La montée en puissance du pôle de compétitivité EMC2, le lancement de Défi Composite et l'implantation de Daher consolident une filière née dans le sillage d'Airbus.

A peine achevé en périphérie nantaise, le Technocampus EMC2 est déjà le théâtre de plusieurs projets qui devraient profondément modifier les techniques de mise en oeuvre des composites. Dans ce centre de recherches de 19 000 mètres carrés, qui sera inauguré en septembre, Airbus démarre l'un des principaux chantiers du programme national Défi Composite. Crédité de 67 millions d'euros, ce « lot 2 » vise à créer une pointe avant d'avion d'un seul tenant et entièrement en composites, soit en « full barrel » dans le jargon aéronautique.

« L'objectif est de porter à maturité, d'ici à 2012 ou 2015, différentes briques technologiques dans le domaine du placement de fibres, du contrôle non destructif et de la mise en oeuvre des composites hors autoclave », détaille Pascal Dublineau, le responsable recherche et technologies chez Airbus Nantes. Le projet s'avère fortement mobilisateur. Il associe 37 partenaires, dont une quinzaine d'entreprises régionales comme Allio, Europe Technologies et Loire Modelage, ainsi que plusieurs écoles et laboratoires régionaux.

« L'objectif du Technocampus est d'associer la recherche académique, les grands donneurs d'ordres et les PME régionales », confirme Jacques Auxiette, le président (PS) du conseil régional des Pays de la Loire. La Région, maître d'ouvrage du projet, a porté l'essentiel de l'investissement immobilier (48 millions d'euros), avec les autres collectivités locales, l'Etat et l'Europe. Un groupement d'intérêt économique, associant Airbus, EADS Innovation Works et le Centre technique des industries mécaniques (Cetim), investira 30 millions d'euros dans les équipements.

EADS IW, qui comptera 20 personnes sur le site cet été, travaillera en particulier sur la maîtrise des résines thermoplastiques, le contrôle non destructif par ultrasons et la simulation des procédés de mise en oeuvre, notamment pour l'injection de résines. « L'ensemble de ces travaux est orienté sur un enjeu industriel de fortes cadences et de réduction des coûts », résume Valérie Donal, qui dirigera cette équipe. Quant au centre de Nantes du Cetim, il aidera les PME du secteur à prendre le virage des nouveaux matériaux.

Investir dans les nouveaux matériaux

L'émergence de la filière des composites à Nantes trouve ses origines chez Airbus. Mais ses trois principaux acteurs associent des PME locales à l'instar de Regor Créations, une PME initialement spécialisée dans les machines dédiées au textile et à la chaussure, qui a réussi à mettre au point un démonstrateur pour le drapage automatique de fibres sèches pour Airbus. L'outil, qui intégrera le Technocampus, s'avère capable de déposer plus de 20 kilogrammes de carbone à l'heure. Il se substitue à des opérations encore partiellement manuelles.

L'usine nantaise d'Airbus est spécialisée dans les caissons centraux de voilure. Au cours de la dernière décennie, elle a concentré l'essentiel de ses investissements sur les nouveaux matériaux, attirant dans son voisinage des sous-traitants comme Hexcel et Duqueine Composites. La création du pôle de compétitivité EMC2 (Ensembles mécaniques et composites complexes), en 2006, est venue conforter cette filière naissante. EMC2 a fait émerger une centaine de projets collaboratifs de recherche et développement.

La dynamique fut décisive dans le projet de Daher Socata à Nantes. Cet équipementier de rang 1 conduira deux projets de recherches collectifs au sein du Technocampus, tel Ecowingbox. Doté de 22 millions d'euros, Ecowingbox porte sur les structures composites pour les avions d'affaires et de transport régional. L'objectif est de constituer à meilleur coût le caisson de voilure en matériaux composites. Daher s'intéressera également aux queues d'avion avec le projet Advitac (Advanced Integrated Tail Cone).

Financé à hauteur de 9 millions d'euros, le projet Advitac porte sur la conception du cône arrière en composites, là encore pour les avions d'affaires et de transport régional. Typique des ambitions et de la stratégie du pôle EMC2, le projet Advitac dépasse la seule mise en oeuvre des matériaux. Il s'intéresse au système complexe qu'est la queue d'un avion, afin de prendre notamment en compte, l'intégration des moteurs auxiliaires de puissance, les systèmes de détection incendie, les supports dérive, etc.

Une zone de composites

Daher Socata compte ouvrir, en 2010, une usine de 10 000 mètres carrés dans laquelle seront mis en oeuvre trois procédés : l'estampage thermoplastique, un procédé de RTM (Raisin Transfer Molding) pour des pièces de structure et la production de pièces de grande dimension. Une deuxième tranche de 15 000 mètres carrés est envisagée d'ici à 2011, avec, à terme, 400 salariés.

On mesure là l'ampleur du pari industriel, car Daher n'est pas encore fixé sur les tâches qui lui seront confiées par Airbus dans le cadre du programme A 350.

L'usine Daher sera construite près de celle d'Airbus, non loin du Technocampus EMC2, au sud-ouest de Nantes, dans une zone de 40 hectares réservée aux activités composites et aéronautiques. « Il se dessine là un quartier des composites, se réjouit Jean-Marc Ayrault, le maire (PS) de Nantes. Il va falloir lui donner un nom. » Ce ne sera sans doute pas le plus difficile !

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