Une filiale de Johnson & Johnson sanctionnée pour avoir retardé l'arrivée de génériques

Par différentes pratiques, le laboratoire Janssen-Cilag et sa maison-mère l'américain Johnson & Johnson ont retardé puis limité l'arrivée sur le marché des génériques de leur antalgique Durogesic. L'Autorité de la concurrence condamne mercredi 20 décembre le laboratoire à une amende de 25 millions d'euros.

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Une filiale de Johnson & Johnson sanctionnée pour avoir retardé l'arrivée de génériques
Le laboratoire Janssen-Cilag et sa maison-mère l'américain Johnson & Johnson ont été sanctionnés à hauteur de 25 millions d'euros par l'Autorité de la concurrence.

L'autorité de la concurrence a sanctionné mercredi 20 décembre le laboratoire Janssen-Cilag et sa maison mère Johnson & Johnson pour avoir empêché puis limité le développement des médicaments génériques de son antalgique Durogesic dont le principe actif est le fentanyl. Le laboratoire est condamné à payer une amende de 25 millions d'euros.

Remise en cause de la classe des génériques

Janssen-Cilag a d'abord retardé l'arrivée sur le marché des génériques concurrents du Durogesic. Alors même que la Commission européenne a accordé en octobre 2007 une autorisation de mise sur le marché (AMM) au générique développé par Ratiopharm et enjoint les Etats de la suivre dans un délai de 30 jours suivant sa décision, un tel statut de générique n'a été accordé que fin 2008 en France. La raison ? Janssen-Cilag "s'est immiscé indûment" dans la procédure de l'AFSSAPS (devenue Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé ou ANSM), affirme l'Autorité de la concurrence.

Le laboratoire a laissé croire à l'AFSSAPS qu'elle pouvait prendre une décision différente de celle de la Commission. Puis, il a affirmé que les médicaments concurrents du Durogesic ne lui sont pas "exactement similaires", ajoute l'Autorité de la concurrence. Janssen-Cilag est même allé jusqu'à "remettre en cause l'ensemble de la classe des génériques" affirmant qu'ils n'apportaient pas "toujours les garanties de qualités requises". Sensible à ces "arguments alarmistes" l'AFSSAPS "a refusé temporairement de reconnaître le statut de génériques aux médicaments concurrents du Durogesic" arguant que le principe actif n'est pas le même, détaille l'Autorité de la concurrence.

Campagne de dénigrement auprès des professionnels

Finalement, l'AFSSAPS délivre le statut de génériques à ces médicaments fin 2008, soit plus d'un an après la décision de la Commission européenne. Elle assortit ce statut d'une mise en garde dans les cas de substitution. Janssen-Cilag entre alors dans "une vaste campagne de dénigrement des génériques" auprès des professionnels de santé affirmant notamment que le Durogesic et ses génériques n'avaient pas la même quantité de principe actif. Le laboratoire a diffusé son message à l'aide de 300 visiteurs médicaux instillant un doute dans l'esprit des professionnels de santé "sur l'efficacité et l'innocuité de ces génériques", explique l'Autorité de la concurrence. Janssen-Cilag a aussi détourné la mise en garde de l'AFSSAPS affirmant notamment qu'elle ne valait que pour les patients passant du Durogesic à un générique.

La filiale de Johnson & Johnson n'est pas la première à se faire condamner par l'Autorité en raison de pratiques dénigrements menées à l'encontre de génériques. Sanofi-Aventis a été condamné en 2013 à hauteur de 40,6 millions d'euros et Schering-Plough a été condamné la même année à une amende de 15,3 millions d'euros.

Léna Corot Journaliste à L'Usine Digitale

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