Une ETI sur trois est dans l’industrie

L’INSEE vient de publier une étude sur les ETI. Il s’agit d’un premier cadrage statistique de ces entreprises de taille moyenne, à l’heure où tant d’agents économiques se plaignent de leur faiblesse dans le maillage économique français. Or, les ETI sont beaucoup plus dynamiques, notamment en matière d’exportations. Par ailleurs, la filiale d’un grand groupe bancaire, en partenariat avec des universitaires, s’est penchée sur les prouesses à l’international d’un nombre significatif d’ETI.
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Une ETI sur trois est dans l’industrie

Le sujet est à la mode, inspirant de nombreuses études, alimentant maintes discussions : les ETI, autrement dit les Entreprises de taille intermédiaire.
Ce sigle s’est invité dans le paysage économique français en 2008, fruit, parmi d’autres, de la loi de modernisation de l’économie. Pour faire partie de cette nouvelle catégorie d’entreprises, il faut - on le sait déjà - avoir des effectifs entre 250 et 5000 salariés et générer un chiffre d’affaires annuel n’excédant pas 1,5 milliard d’euros.
Près de deux ans après la mise en route des ETI, l’Institut National de la Statistiques et des Etudes Economiques, l’INSEE, a publié une étude qui donne une idée plus précise de ce segment, à la croisée des chemins entre PME et grands groupes. Ce document publié par l'Insee dresse un premier cadre statistique de la catégorie des entreprises de taille intermédiaire.

En moyenne, les ETI comptent 670 salariés

Parmi les «grands enseignements» de l’étude (baptisée tout simplement «Les Entreprises de taille intermédiaire»), le point suivant : 1.500 sur les 4.600 ETI recensées en France relèvent de l’industrie manufacturière ( «y compris l’agroalimentaire et l’énergie», précisent les chercheurs de l’INSEE). Si elles emploient un tiers des salariés dans l’univers de ETI, ces 1500 entreprises industrielles «pèsent davantage en termes de valeur ajoutée (37%)» et contribuent à 59 % des exportations faites par l’ensemble des ETI.» Pour en revenir à l’aspect emploi : les ETI vouées à la production ont des effectifs s’élevant en moyenne à 670 salariés, contre 617 salariés pour l’ensemble des ETI.

L’INSEE fait ressortir que la moitié des ETI de l’industrie manufacturière évoluent dans le secteur des biens intermédiaires. Près de 20 % d’entre elles sont insérées dans le secteur des biens de consommation et une proportion similaire dans celui des biens d’équipement.
Parmi les curiosités que soulève cette étude de l’INSEE : l’origine des capitaux des ETI. 805 ETI (sur un total de 1500 manufacturière) ont des actionnaires établis en France. Au total, 1350 sur les 4600 ETI recensées par l’INSEE ont leur tête situées à l’étranger, nombre d’entre elles étant des filiales de groupes non français.

Comparaisons inexorables avec les allemands

Dans une série d’analyses et de commentaires enrobant les données chiffrées, l’INSEE aborde un sujet dont il est souvent question en France : la compétitivité des ETI par rapport à aux entreprises d’envergure moyenne en Allemagne. Nos voisins germaniques ont recours à ce mot : «Mittelstand». Il s’agit d’entreprises réputées performantes, qui prennent une part décisive dans les exportations allemandes, «se consacrant à la production de séries limitées, voire du sur mesure sur des niches de marché», compare l’INSEE. Interrogé par l’Usine Nouvelle, un chef d’entreprise fournissant des encres spéciales, qui tient à rester anonyme, fait part de son expérience en la matière : «Quand je négocie avec des entreprises allemandes, je me rends compte à quel point elles sont mieux préparées à l’international.» Un détail qui ne trompe pas, selon lui : «Les cadres, en France, ont encore bien du retard en matière de pratique des langues étrangères.» Mais il n’y a pas que ça : «Par rapport aux entreprises allemandes, nos PME et ETI souffrent de trésoreries faibles, confrontées à des banquiers qui plutôt que de les aider vraiment cherchent à leur prendre un maximum de blé. Beaucoup, parmi les entreprises d’envergure moyenne en Allemagne sont familiales, ont un ancrage régional et ont appris à travailler en réseau, ce qui n’est pas forcément le cas en France.»

Il y a un an, l'ASMEP (Association des Moyennes Entreprises Patrimoniales) tirait la sonnette d’alarme, souhaitant que des actions soient menées pour renforcer les fonds propres des ETI, favoriser l'investissement industriel et l'exportation. «Il faut permettre la consolidation et encourager le rachat de sociétés par les entreprises de taille intermédiaire», préconisait Bénédicte Michon, déléguée générale de l'ASMEP.

«16 % sont implantées à l’étranger»


Toutefois, il ne faudrait pas pour autant sombrer dans un pessimisme excessif et alimenter un surcroît de complexes par rapport aux entreprises qui prospèrent sur la rive opposée du Rhin. «De nombreuses ETI ont bien réussi à l’international», intervient Oriane Bauduin, responsable de la communication de Natixis Pramex International, une filiale du groupe bancaire BPCE, spécialisée dans l’accompagnement à l’étranger des entreprises de taille réduite et intermédiaire.

En partenariat avec des universitaires de Paris Dauphine, Natixis Pramex a élaboré une étude - publiée en août 2009 - dont certaines conclusions vont à l’encontre d’idées reçues. «16 % des ETI sont implantées à l’étranger, soit par le biais d’une filiale soit parce qu’elles ont pris une participation dans le capital d’une entreprise», résume Oriane Bauduin. «En tout, 68 % de ETI sont rôdées à la pratique des exportations». Elle relève qu’un nombre significatif de ces ETI qui ont pris pied sur des marchés étrangers ont réussi la prouesse d’ «accroître leurs effectifs en France tout en créant des emplois à l’étranger.»
Effectivement, l’étude qu’évoque Oriane Bauduin faisait - entre autres constats - l’observation suivante: «Plus d’un tiers de la contribution des ETI à l’activité, à l’emploi et aux exportations en France provient des ETI implantées à l’étranger. Ces dernières ont de meilleures performances que les ETI se contentant d’exporter depuis le territoire français.»

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