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Une énorme perte nette pour les premiers résultats du groupe SNCF

Pierre Monnier , ,

Publié le

Plombés par une dépréciation records de ses actifs, la SNCF a présenté ses premiers résultats annuels depuis la réforme ferroviaire. Au-delà des pertes nettes, le groupe de transport peut apprécier une reprise du trafic et une intensification du renouvelement de son réseau.

Une énorme perte nette pour les premiers résultats du groupe SNCF © Wikimedia commons

C’est la première fois que la SNCF publie ses résultats depuis la réforme ferroviaire entrée en vigueur en juillet 2015 qui a permis de réunir dans un même groupe la SNCF et Réseau ferré de France, renommé SNCF Réseau. 

Guillaume Pepy, président du directoire et PDG de SNCF Mobilités, a présenté un chiffre d’affaires de 31,4 milliards d’euros en hausse de 0,9%. Il a également déclaré "encourageants" les résultats nets de 377 millions d’euros, avant dépréciations des actifs.

Une dette à plus de 50 milliards d’euros

Car le 7 mars, la SNCF a annoncé une dépréciation de plus de 12 milliards d’euros à la suite d’une réévaluation de la valeur des actifs du groupe. Ainsi, les rames de TGV ont été dévaluées de 2,2 milliards d’euros et le réseau ferré de 9,6 milliards d’euros. Ces pertes pèsent sur le groupe puisque le résultat net 2015 plonge à -12,2 milliards d’euros.

Les dirigeants se sont voulus rassurant en affirmant que cela n’avait "aucun impact sur la trésorerie ou la programmation des investissements futurs." Guillaume Pepy ajoute même que "ces réévaluations peuvent être réversibles d’une année sur l’autre"

L’objectif de ne pas dépasser les 60 milliards d’euros de dette, fixé par l’Etat, pourrait cependant être difficile à atteindre. En 2015, les 50 milliards de dette ont été atteint (42,3 milliards d’euros pour la branche SNCF Réseau et 7,7 milliards d’euros pour SNCF Mobilités).

Pour limiter l’augmentation de la dette du groupe, la SNCF s'appuie sur une règle d’or : interdire les financements à perte, et un plan de performance. La fin des investissements sur les projets de lignes à grande vitesse, source historique de la dette du groupe, devraient alléger les coûts, les dirigeants tablant même sur une baisse de 2 milliards d’euros d’ici 2020.

Le trafic repart, le low-cost explose

Ces résultats financiers peu flatteurs sont imputés à la croissance européenne morose, l’intensification de la concurrence aérienne et automobile, avec le covoiturage, et à l’impact des attentats parisiens. Pourtant, le transport de voyageurs a connu un début de croissance en 2015.

En baisse depuis deux ans, le transport TGV s’est stabilisé en 2015 avec une légère croissance de 0,4%. Le trafic Transilien augmente de 1,3% alors que les TER stagnent à -0,5% et que les Intercités sont délaissés avec une chute de 2,1%.

Côté fret, le trafic est en hausse. Le transport ferroviaire et multimodal de marchandise augmente de 3,4% dont 3% pour le fret SNCF.

La SNCF peut se féliciter du succès de la gamme low-cost Ouigo. Avec un taux d’occupation des trains de 95% et 3,6 millions de voyageurs de plus qu’en 2014, la branche est à l’équilibre, "façon modeste d’expliquer un début de bénéfice", pour Guillaume Pepy. Il insiste même : "Ouigo, ce n’est pas une filiale du groupe, ce n’est pas du privé, c’est la SNCF elle-même avec ses propres cheminots." Le groupe veut miser sur cette branche avec une volonté simple pour 2016 : "Faire baisser les coûts pour faire baisser les prix". Ainsi, 750 millions d’euros de baisse de coûts devraient être réalisés l’année prochaine.

Depuis l’accident d’un train Intercités en gare de Brétigny-sur-Orge en juillet 2013, la SNCF veut rassurer sur la maintenance des voies du réseau ferroviaire, en affichant la volonté d’investir dans le réseau. Elle y a consacré la moitié des 5,1 milliards d’euros investis en 2015.

Au total, plus 1 000 km de voies et près de 410 appareils de voie ont été renouvelées. C’est Jacques Rapoport, le PDG de SNCF Réseau, qui a poussé dans cette voie. "Il faut donner la priorité à la maintenance, c’est un gage de pérennité, de sécurité et de qualité."

Pierre Monnier 

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