Une élue française inquiète des liens entre la Défense et Microsoft

PARIS (Reuters) - La sénatrice (Les Républicains) Joëlle Garriaud-Maylam, qui bataille contre le contrat liant la Défense française au groupe américain Microsoft, réclame désormais la création d'une commission d'enquête sur cet accord-cadre renouvelé jusqu'en 2021 "sans appel d'offres".
Une élue française inquiète des liens entre la Défense et Microsoft
La sénatrice (Les Républicains) Joëlle Garriaud-Maylam, qui bataille contre le contrat liant la Défense française au groupe américain Microsoft, réclame désormais la création d'une commission d'enquête sur cet accord-cadre renouvelé jusqu'en 2021 "sans appel d'offres". /Photo d'archives/REUTERS/Brian Snyder

Dans une proposition de résolution déposée le 16 octobre, l'élue s'inquiète notamment du choix du ministère des Armées de centraliser l'intégralité de son système informatique "auprès d'une entreprise américaine dont certains logiciels étaient utilisés par la NSA, notamment à des fins d'espionnage d'acteurs économiques, industriels et politiques majeurs".

Elle s'étonne en outre de la décision du ministère de conclure ce contrat-cadre avec Microsoft Irlande plutôt que Microsoft France, alors que le gouvernement se veut exemplaire "face aux pratiques d'évitement fiscal".

Ce contrat, qui court depuis 2009, a été renouvelé pour la troisième fois en décembre dernier pour la période 2017-2021. Le nouveau contrat est entré en vigueur le 1er juin dernier.

Il organise pour le ministère des Armées, rappelle la sénatrice LR dans l'exposé des motifs de sa proposition, "l'acquisition sans appel d'offres de droits d'usage sur la quasi-totalité du catalogue de Microsoft - ce qui lui a valu le qualificatif de contrat 'open bar'".

Interrogée à ce sujet fin août dernier par Joëlle Garriaud-Maylam, Florence Parly avait refusé de communiquer le montant du contrat, précisant simplement que les conditions financières avaient été "améliorées" par rapport à la période précédente.

LES RISQUES CYBER

Face aux risques en matière de cybersécurité - la cyberattaque mondiale de mai dernier procédait d'un logiciel malveillant, "Wannacry", prospérant sur des systèmes Windows - la ministre avait estimé qu'il n'était ni "réaliste ni indispensable de construire des systèmes d'information uniquement sur la base de matériels et de logiciels entièrement maîtrisés de façon souveraine".

Elle avait mis en avant, notamment, des "mesures organisationnelles (...) permettant de contenir les risques".

Florence Parly avait toutefois promis pour 2018 "une feuille de route (...) indiquant à la fois le calendrier et les applications pour lesquelles il serait pertinent de passer au logiciel libre".

La gendarmerie française s'est déjà convertie au logiciel libre.

Dans sa proposition de résolution, Joëlle Garriaud-Maylam s'interroge sur "le manque de transparence" autour de la procédure d'attribution du contrat mais aussi "autour d'un choix touchant à des enjeux éminemment politiques tels que la sécurité nationale, la souveraineté numérique".

La sénatrice souhaiterait qu'une commission d'enquête "élabore des préconisations pour renforcer la souveraineté numérique de la défense française et pour assurer une utilisation au plus juste des deniers publics."

La Revue stratégique 2017, que Florence Parly a communiquée à Emmanuel Macron vendredi dernier, met en exergue le défi sécuritaire numérique en soulignant que "la suprématie des Etats-Unis dans toutes les dimensions de l'espace numérique (...) offre un contraste saisissant avec la situation des Européens".

Elle déplore que les Européens "demeurent fortement dépendants de l'extérieur" et que leurs investissements "peinent à atteindre une taille critique".

(Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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