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L'écotaxe sur le transport aérien pourrait engendrer des milliers de suppressions de postes, craint le patron d'Air France

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Publié le , mis à jour le 21/09/2020 À 13H13

Alors que le secteur aérien subit sa plus grave crise, l'écotaxe pour l'aviation proposée par la Convention Citoyenne pour le Climat fait figure de repoussoir pour les compagnies aériennes, notamment Air-France KLM. 

L'écotaxe sur le transport aérien pourrait engendrer des milliers de suppressions de postes, craint le patron d'Air France
Ben Smith, le directeur général de Air France KLM a vivement réagi au projet d'écotaxe sur le transport aérien. Photo d'archives/REUTERS/Régis Duvignau.
© REGIS DUVIGNAU

Face au projet de la Convention Citoyenne pour le Climat de taxer les compagnies aériennes, notamment pour les vols intérieurs, Ben Smith, le directeur général de Air France KLM a réagi dans une interview de l’Opinion publiée lundi 21 septembre. Un tel projet "serait irresponsable et catastrophique" pour Air France-KLM, juge-t-il. La mesure pourrait coûter "entre 1,2 et 1,3 milliard d’euros par an" à la compagnie. "Cette écotaxe provoquerait instantanément des dizaines de milliers de suppressions d’emplois", craint-il. "Notre meilleur moyen de réduire les émissions de CO2 est de renouveler notre flotte. Un nouvel avion, c’est immédiatement 25 % de gaz à effet de serre en moins. Une telle taxe nous empêcherait d’acheter 20 appareils par an, soit 10 % de la flotte d’Air France".

L'écotaxe fait débat

Emmanuel Macron avait indiqué lors de la restitution de la Convention citoyenne que la quasi-totalité des propositions seraient mise en œuvre par le gouvernement. Mais le projet d'écotaxe fait désormais débat au sein du gouvernement, alors que les compagnies aériennes sont plongées dans la plus grave crise de leur histoire.

Une telle mesure aurait un effet "absolument délétère", a commenté le ministre des Transports Jean-Baptise Djebarri (et ancien pilote) ce 21 septembre sur LCI. Il parle d' "aviation bashing". "L'idée qu'on fait prospérer dans le débat public que l'avion serait un mode de transport complètement détaxé est totalement faux. C'est là-dessus que prospèrent certains thuriféraires de la décroissance", a-t-il souligné. "Quand vous prenez un billet Paris-Nice chez Air France, qui coûte en moyenne 90 euros, vous avez 47 euros de taxes et redevance. Ce n'est pas une taxe carburant, ce sont des taxes solidarité, aéroport, TVA, etc..."

"Faire plus" pour réduire les coûts

"Nous savions, avant la pandémie, que nous devions transformer le groupe pour le rendre plus fort", a précisé Ben Smith à l'Opinion. Le plan que nous avons annoncé en novembre 2019 est toujours pertinent, mais la crise nous oblige à l’accélérer. Il nous faut faire beaucoup plus pour réduire nos coûts."

"Nous faisons toutes les économies possibles au sein du groupe et dans les compagnies, c’est indispensable pour réussir à traverser les mois à venir", ajoute-t-il, en indiquant qu'"aujourd’hui, la règle est qu’Air France-KLM opère uniquement les vols rentables"

Avec Reuters par Jean-Michel Bélot, édité par Jean-Philippe Lefief

 

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